‹ La Dérivation électrolytique des médicamentsChapitre 10 sur 31 · EXPÉRIENCE DE LABATUT · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DE LABATUT

Soit une cuve rectangulaire en verre. Au milieu, en guise de cloison, s’adaptant exactement aux parois de la cuve, de facon à la séparer en deux compartiments ne communiquant en aucune facon, un morceau de muscle de cheval. Dans chacun des deux compartiments, on verse une solution identique de chlorure de lithium, où baigne une électrode, positive d’une part, négative de l’autre. On fait passer ainsi 8 milliampères pendant une heure. Après quoi on découpe le morceau de muscle en 8 tranches égales, suivant la verticale. L'analyse spectrale montre que le muscle, dans son ensemble, contient les six dixièmes de la quantité de hthium qui devrait être transportée selon la loi de Faraday; la tranche la plus proche du positif, donc la première du côté de l’entrée du courant (lithium +, se rend au —) en contient à elle seule les cinq sixièmes, le reste étant dans la seconde tranche. Les autres tranches n’en contiennent pas. La pénétration du lithium à travers le muscle mort avait donc bien eu lieu, et non pas par perméabilité ou osmose, puisque seules les tranches voisines de l’électrode d'entrée du courant en étaient imprégnées.

Er ù Transport des ions en milieu animal vivant.

A. —— EXPÉRIENCE D ENSCH.

Ensch réalisa le dispositif suivant : il prit deux cristallisoirs, remplit l’un d'eau ordinaire distillée, l’autre d'iodure de potassium. Il les reliä entre eux par l'intermédiaire d'une grenouille, dont il fit tremper les pattes antérieures dans la solution de KI, et les pattes postérieures dans l’eau ordinaire; il réunit les deux cristallisoirs à une batterie de piles, l’électrode négative plongeant dans la solution iodurée, l’électrode positive dans l’eau ordinaire; à la pointe de celle-ci, il piqua, en guise de témoin, un petit morceau de pomme de terre. Il fit passer le courant, et au bout d'un certain laps de temps, constata, par le bleuissement du fragment de pomme de terre, la présence d’iode dans le cristallisoir relié au positif. L'iode, —, avait donc été transporté du cristallisoir — au cristallisoir + à travers le corps de la grenouille. Si l'on inverse le dispositif, électrode + plongeant dans la solution de KT, et — plongeant dans l’eau, on n'obtient pas de résultat.

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