II. TRAITEMENT CURATIF
Les résultats obtenus avec les nombreux topiques préconisés contre la dermite granuleuse sont en général peu appréciables. Et nous pensons qu’il est préférable et plus expéditif de s'adresser aux pro- ‘cédés chirurgicaux toutes les fois que l’intervention est possible.
Deux faits vont nous guider dans l’établissement du traitement rationnel.
1° La réaction organique tend à éliminer les nodules parasitaires, et de nouveaux apports sont nécessaires à l’entretien de la plaie granuleuse.
2° Les réactions successives aboutissent à la formation de tissus fibreux ou fibro-lardacé à la surface duquel la cicatrisation ne s'opère que très lentement.
Le problème revient donc à aider la réaction organique en son rôle d'élimination et à détruire le tissu fibreux, puis à empêcher la réinfestation parasitaire comme le signalait déjà DROUIN, en 1910.
a) INTERVENTION CHIRURGICALE.
Les procédés préconisés par MENVEUX, DROUIN, etc., consistant dans l’ablation au bistouri des tissus de bourgeonnement suivi d'élimination à la cu-
OT rette du tissu fibreux ont l’inconvénient de laisser une brêche cutanée importante dont la cicatrisation ne s'opère qu’en de longues semaines.
Mieux vaut procéder comme pour l’autoplastie du. venou couronné : enlever un lambeau cutané en côte de melon, englobant et débordant légèrement la lésion et suturer les bords de la plaie opératoire pour obtenir une cicatrisation per primam. Cette méthode nous à donné d'excellents résultats dans la majorité,
des cas.
Technique opératoire.
Le sujet est placé en décubitus latéral. La région est soigneusement préparée et anesthésiée à la cocaïne, en injection sur le tronc nerveux correspondant (membre) ou au pourtour de la lésion. L’antisepsie est réalisée par application de deux couches de teinture d’iode et toutes les précautions d’aseptie sont prises. L'hémostase est assurée soit à l’aide d’un garrot soit au cours de l’opération par des pinces.
Premier temps. — A l’aide du bistouri convexe. on délimite par deux arcs de cercle un Jambeau cutané (en côte de melon » englobant dans son petit axe la plaie granuleuse et la débordant de un à deux millimètres. On érigne l’un des angles du lambeau et on en poursuit la dissection et l'enlèvement en prenant comme repère dans la profondeur le tissu conjonctif normal, Dans la majorité des cas on obtient en même temps la lésion parasitaire et le tissu fi-
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breux. Si au bistouri la totalité du fibrolardacé n’a pu être extirpé on termine alors à la curette de VOLKMANN.
© Deuxième temps. — Il ne reste plus qu'à suturer les deux lèvres de la plaie opératoire de préférence à la soie et avec un fil assez gros pour éviter la section de la peau.
Une bonne aseptie, une hémostose convenable et une suture appropriée à la région et à la lésion doivent assurer une cicatrisation par première intention dans un maximum de douze à quinze jours.
L'opération est terminée, dans le but d'éviter de nouvelles chances d’infestation par l'application d’une lame de gaze imbibée de solution de DAKIN, recouverte, si la région le permet, d’un pansement ouaté. Sinon on se contentera d’immobiliser la gaze avec du collodion ou même d’un simple nuage de . Coton,
Nous avons obtenu au cours de l’année 1925 de bons: résultats par ce procédé sur des lésions siégeant aux joues, sur les faces de l’encolure, et de l'épaule, au poitrail, à la face. interne du genou et du boulet. Si cependant la lésion est trop étendue, nous conseillerons de ne pas se hâter d'opérer. Mieux vaut attendre une atténuation du processus inflammatoire et une réduction des dimensions de la plaie. Une brêche opératoire trop large risquerait chez des sujets toujours plus ou moins dociles d’amener dans les jours qui suivront, la section de la peau trop ten-
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due par les fils de suture. Même complication peut être à craindre à la face intérieure du boulet. Mais l'intervention hâtive est de règle avant que la plaie estivale n'ait atteint une surface trop considérable.
b) TRAITEMENT D’ATTENTE.
1° Pansements à la solution de DAKIN. — Si nous sommes en présence d’une plaie volumineuse et bour-geonnante, le pansement humide à la solution de DAKIN donnera une amélioration notable, Tout d’abord le prurit sera très sensiblement diminué; une réaction organique plus intense amènera. dans les deux ou trois premiers jours une exacerbation du bourgeonnement avec élimination de granules, bientôt suivies d’un affaissement complet des boursgeons. À ce moment une légère cautérisation nous permettra de protéger la surface de cette plaie et de remettre l’animal en service.
2° Uautérisation active en surface. — Nous l’employons comme il vient d'être dit et aussi sur les plaies plates et très étendues. Elle se fait à l’aide d’un cautère à surface plate et ronde, d'un diamètre de deux centimètres, appliqué au rouge sombre, juste le temps nécessaire pour former un mince sphacèle protecteur. Ce sphacèle s’éliminera de Jui-même en
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