‹ La dernière nuit de don JuanChapitre 23 sur 58 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

LE DIABLE

Barcarplle I N'étant qu'un bercement, qu'une étreinte et qu'un deuil, Chacun de tes amours n'était qu'une gondole; Regarde-le passer, barque, alcôve et cercueil !

Oh ! comme mes amours vont vite au clair de lune !

LE DIABLE

Vois- les s'entrecroiser, aigus, sombres, étroits...

Des gondoles encore !

LE DIABLE

Elles sont mille et une!

Elles sont mille et deux ! Elles sont mille et trois!

[Aux gondoles, cj.u'on voit déjà se rapprocher de la terrasse.]

Venez 1 venez ! . . .

Chacune est un astre qui rôde!

LE DIABLE

... Gondoles dont mon geste est le seul gondolier! Veux-tu que cette longue au fanal d'émeraude Dépose son fantôme au bas de l'escalier?

DON JUAN, tressaillant.

Comment?

LE DIABLE

Dois-je héler le fanal d'améthyste?

Ces prestiges flottants ne sont pas vides?

LE DIABLE

» . Non.

Chaque gondole, étant un morceau de la liste, Porte une ombre de femme éclose de son nom ! Toutes^sont là ! Car, plus puissant que Paracelse, J'ai dédoublé leur vie ou réveillé leur mort. Laquelle, se levant des coussins noirs du felse, Veux-tu voir, sur le quai, poser son soulier d'or?

Plusieurs I

LE DIABLE, criant, penché vers l'eau.

Hop 1 débarquez !

DON JUAN, prenant le candélabre de vermeil, va se poster immobile au haut de l'escalier.

Ils montent, les fantômes!

Des femmes, une à une, apparaissent au haut de l'escalier émergeant de l'ombre.

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