PREMIERE PARTIE
LE DIABLE
Barcarplle I N'étant qu'un bercement, qu'une étreinte et qu'un deuil, Chacun de tes amours n'était qu'une gondole; Regarde-le passer, barque, alcôve et cercueil !
Oh ! comme mes amours vont vite au clair de lune !
LE DIABLE
Vois- les s'entrecroiser, aigus, sombres, étroits...
Des gondoles encore !
LE DIABLE
Elles sont mille et une!
Elles sont mille et deux ! Elles sont mille et trois!
[Aux gondoles, cj.u'on voit déjà se rapprocher de la terrasse.]
Venez 1 venez ! . . .
Chacune est un astre qui rôde!
LE DIABLE
... Gondoles dont mon geste est le seul gondolier! Veux-tu que cette longue au fanal d'émeraude Dépose son fantôme au bas de l'escalier?
DON JUAN, tressaillant.
Comment?
LE DIABLE
Dois-je héler le fanal d'améthyste?
Ces prestiges flottants ne sont pas vides?
LE DIABLE
» . Non.
Chaque gondole, étant un morceau de la liste, Porte une ombre de femme éclose de son nom ! Toutes^sont là ! Car, plus puissant que Paracelse, J'ai dédoublé leur vie ou réveillé leur mort. Laquelle, se levant des coussins noirs du felse, Veux-tu voir, sur le quai, poser son soulier d'or?
Plusieurs I
LE DIABLE, criant, penché vers l'eau.
Hop 1 débarquez !
DON JUAN, prenant le candélabre de vermeil, va se poster immobile au haut de l'escalier.
Ils montent, les fantômes!
Des femmes, une à une, apparaissent au haut de l'escalier émergeant de l'ombre.