DEUXIÈME PARTIE. gS
TOUTES LES OMBRES chantant autour de Don Juan.
Il court, il court, le furet, Le furet du bois, mesdames!...
Il court, il court, le furet, Le furet du Bois-Joli!
LE DIABLE, tapant de son archet sur le cœur d'un fantôme.
Il a passé par ici !
Sur le cœur d'un autre.
Il repassera par là !.. .
Et se jetant brusquement sur Don Juan :
Et je t'emporte, dupe, humilié, modeste...
DON JUAN, se dégageant.
Pas encore !
LE DIABLE, reculant et le regardant.
Il te reste un orgueil ?
DON JUAN, s'adossant, les bras croisés, au haut fauteuil.
Il me reste...
LE DIABLE
Ah! tu veux te reprendre.^
Ah! tu veux me nier?
Il chancelle, passe la main sur son front en sueur et se dit tout bas :
C'est ici mon plus grand duel.
LE DIABLE
Et le dernier!
Quel est cet orgueil neuf?
Celui du fer!
Qu'on lime!
Qui sent qu'il doit avoir quelque vertu sublime Pour qu'à tous les métaux l'ait préféré l'aimant!
LE DIABLE, redevenu doux.
Donc, il te reste d'avoir plu?
Terriblement !
Comment veux -tu qu'au doute un être s'abandonne Qui sent sa profondeur au vertige qu'il donne? Plaire est le plus grand don pour l'homme!