‹ La dernière nuit de don JuanChapitre 38 sur 58 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

UNE AUTRE, d'une voix sombre.

Car la femme a Don Juan comme l'homme a les filles I

LE DIABLE

Eh bien, s'il peut suffire, au moment que l'on meurt, D'avoir, Prince Charmant, été ce vil charmeur, Si cette gloire-là te plaît...

HOIS .TUAN.

Je la déteste!

LE DIABLE

Que te reste-t-il donc ?

Il me reste... il me reste...

Ahl je sens qu'on va tout m'arracher peu à peu!

LE DIABLE

Avant de le rôtir je plume l'Oiseau Bleu !

Il me reste l'intrépidité. Je me moque

De tout, et qu'on m'ait pris pour un être équivoque :

Je sais le secoueur de torche que j'étais.

C'est vous qui me preniez, c'est moi qui vous quittais !

gS LA DERNIÈRE NUIT DE DON JUAN.

LES OMBRES

Il a passé par ici, Il repassera par là !

Il ne repasse pas, celui qui se surpasse

En s'arrachant sans cesse à l'habitude basse.

Et qui, n'obéissant jamais qu'à son instinct,

Fait dangereusement bondir un grand destin

Par-dessus toutes les morales sottisières !

Crois- tu que, transgresseur de toutes les lisières,

J'ai bien couru ma vie, liein I sans règle et sans loi.

LE DIABLE

Je crois que tu lis trop ce qu'on écrit sur toi I

Et que j'ai bien fourni pendant dix ans de suite Cette course en avant...

Qui n'était qu'une fuite I

Moi, peur.^

LE DIABLE

De t'arrêter, oui ! '

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