DEUXIEME PARTIE
UNE AUTRE, d'une voix sombre.
Car la femme a Don Juan comme l'homme a les filles I
LE DIABLE
Eh bien, s'il peut suffire, au moment que l'on meurt, D'avoir, Prince Charmant, été ce vil charmeur, Si cette gloire-là te plaît...
HOIS .TUAN.
Je la déteste!
LE DIABLE
Que te reste-t-il donc ?
Il me reste... il me reste...
Ahl je sens qu'on va tout m'arracher peu à peu!
LE DIABLE
Avant de le rôtir je plume l'Oiseau Bleu !
Il me reste l'intrépidité. Je me moque
De tout, et qu'on m'ait pris pour un être équivoque :
Je sais le secoueur de torche que j'étais.
C'est vous qui me preniez, c'est moi qui vous quittais !
gS LA DERNIÈRE NUIT DE DON JUAN.
LES OMBRES
Il a passé par ici, Il repassera par là !
Il ne repasse pas, celui qui se surpasse
En s'arrachant sans cesse à l'habitude basse.
Et qui, n'obéissant jamais qu'à son instinct,
Fait dangereusement bondir un grand destin
Par-dessus toutes les morales sottisières !
Crois- tu que, transgresseur de toutes les lisières,
J'ai bien couru ma vie, liein I sans règle et sans loi.
LE DIABLE
Je crois que tu lis trop ce qu'on écrit sur toi I
Et que j'ai bien fourni pendant dix ans de suite Cette course en avant...
Qui n'était qu'une fuite I
Moi, peur.^
LE DIABLE
De t'arrêter, oui ! '