‹ La dernière nuit de don JuanChapitre 7 sur 58 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

SGANARELLE

Ohl DON JUAN.

Silence I Du campanile écoulons-la se détacher.

SGANARELLE

Le plaisir d'appeler campanile un clocher Vaut-il que sous ce ciel, monsieur, on s'éternise.'^

J'aime les souliers blancs des filles de Venise, Et, pour entremetteur, d'avoir un gondolier Qui chante, fait des vers et devient familier. Les dames de Venise usent d'un bain de cèdre Qui mettrait Hippolyte à la merci de Phèdre! Venise est un endroit rempli d'occasions, De régates, de bals... et de processions. J'aime Venise! Et puis, son lion me ressemble, Au pied duquel un vol de colombes s'assemble. Et qui renonce, avec un grand dédain amer. Pour régner sur l'amour, à régner sur la mer! Oui, comme toi, voulant, Cité folle et profonde, Vivre sur mon reflet, j'ai bâti sur de l'onde!

a6 LA DERNIÈRE NUIT DE DON JLAN.

SGANAREtLE.

Cette ville est mortelle.

Et quand vous le seriez, Ville oiî viennent finir tous les aventuriers Qui veulent en mourant briser le plus beau verre, Je me refuse à fuir sous un ciel plus sévère. Une ville d'amour a vu mon premier jour, Mon dernier jour doit voir une ville d'amour. Une seule épitaphe est à Don Juan permise : (( Il naquit à Séville et mourut à Venise I » Ce que j'en dis, d'ailleurs, n'est que pour t'effrayer : J'estime que le Diable a du nous oublier!

SGANARELLE

Nous 1

Non, tu n'en es pas, c'est vrai. Toi, tu hérites!

SGANARELLE

Ah! de quoi?

De m'avoir approché. Tes mérites Prendront près des seigneurs un poids plus concluant

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