‹ La Désarticulation de la HancheChapitre 33 sur 47 · DEUXIEME TEMPS · texte numérisé non relu

DEUXIEME TEMPS

« Désossement du moignon. Pour l’exécuter avec facilité, on fait à la face externe du membre, à partir de 5 centimètres au-dessus du sommet du grand trochanter, une incision verticale venant tomber sur la section circulaire. On incise la peau et les parties molles jusqu'à l'os. Suivant le cas, on extirpe l'extrémité supérieure du fémur par la méthode parostale ou par la méthode souspériostée » (M. PoLLosson).

Cette fente externe doit en effet remonter à mi-distance entre la crête iliaque et le bord supérieur du grand trochanter ; puis le couteau £édera la place à la rugine. « Après incision verticale des plans fibro-périostiques qui adhèrent à la face externe du trochanter, le décollement périostique sera poursuivi à la rugine en avant et en arrière. Ainsi avec les insertions musculaires que l’on ira chercher avec soin dans les anfractuosités de l'os, en particulier jusqu’au fond de la fossette digitale, on décolle la capsule articulaire, que l’on ouvrira au besoin au bistouri. En un seul point en dedans le décollement peut être difficile au niveau des insertions du psoas » (LecexE et Huer, Chir. des os el des wrliculations des membres).

On rugine ainsi successivement les insertions des fessiers, des pelvi-trochantériens, de la capsule, puis du psoas.

«La tête fémorale s’extéricrisera facilement, et d’autant plus aisément dans ces cas que souvent la tête et le col fémoral plus ou moins détruit par le processus patho-

logique pour lequel on intervient ont déjà perdu le contact serré qu'ils ont normalement avec le cotyle » (LEGENE et HuET).

Soins post-opératoires

Ils sont identiques à ceux que nous avons décrit précédemment. Localement, les soins à donner et les pansements sont ceux de tout amputé de cuisse. D'ailleurs la question des suites opératoires est moins dominée par le procédé employé que par la nature de l'affection pour laquelle on est intervenu.

On voit que le procédé de PorLosson est remarquablement simple. Mais étant donné que dans ce procédé on sacrifie moins de parties molles et qu’on rugine l'os après l'avoir scié, il va sans dire que ses indications sont limitées. On ne pourra l’'employer dans le cas de tumeurs malignes de la cuisse, ni dans le cas de gjangrène gazeuse.

Par contre, ce sera un excellent procédé pour désarticuler la hanche en cas de coxalgie ancienne ou en cas d'arthrites suppurées d’origine traumatique ou ostéomyélitique.

On attachait jadis une grande valeur à cette méthode sous-périostée de désarticulation dans l'espoir d'appareiller plus facilement ces opérés. Il reste quelquefois un moignon relativement long dans lequel le manchon périostique peut régénérer un véritable cylindre osseux. On

aura un moignon mobile. Les observations de NeuBar, de G. Deycxes, de Davy, de Mac Graar, de TRENDELENBURG et surtout de Saurer le prouvent amplement.

En réalité ce moignon, même long et bien mobile, est incapable de mouvoir un appareil de prothèse.

MM. Huarp et MONTAGNE ont mis au point un procédé (Revue de Chirurgie, 1931, p. 558) qu'il attribuent à M. DUvAL, et qui est en quelque sorte intermédiaire entre les deux procédés que nous venons de décrire.

Du procédé de M. PoLrossoN, il a la voie d’abord ; car c’est encore un procédé avec circulaire à fente externe, Mais on ne sectionne pas l'os. ;

Du procédé de VERNEUIL-FARABEUF, il a gardé la section un par un des muscles péri-articulaires, la recherche des pédicules vasculaires avec la lenteur et la méthode que suppose un tel procédé.

Par la fente externe en effet, on cherche "un double plan de clivage, antérieur : entre le fascia lata, le couturier et le droit antérieur d’une part, et les muscles profonds d’autre part ; postérieur : entre les muscles fessiers désinsérés et les muscles pelvi-trochantériens.

C’est par ces plans de clivage qu’on aborde les pédicules vasculaires, le sciatique, et qu’on sectionne transversalement tous les muscles péri-articulaires pour atteindre finalement la capsule et l'articulation.

Comme ces auteurs n’ont appliqué qu’une seule fois leur méthode sur le vivant, nous n’avons pas cru devoir la rapporter en détails.

Remarquons toutefois que ia désarticulation de la hanche telle qu’il convient de l’envisager doit être une intervention chirurgicale et non une dissection. La recherche des pédicules vasculaires que préconisait VERNEUIL, et que MM. HUARD et MONTAGNÉ conseillent aujour@’hui est presque impossible. Il s’agit là d’une technique beaucoup plus théorique que pratique. Le principal, comme nous l’avons dit, est de faire au fur et à mesure l’hémostase de tous les points qui saignent.

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