CITATION DE LARREY
Je vais rendre compte maintenant du résultat que j'ai -obtenu de l’amputation de la cuisse à l'articulation coxofémorale. J’ai eu occasion de la pratiquer trois fois ; une fois à l’armée du Rhin, lorsque je dirigeai l’ambulance volante, et deux autres fois en Egypte. Sur le sujet de Ja première observation, l’opération se fit sans accident, et le blessé avait passé quelques heures dans un calme si parfait, qu’on pouvait favorablement augurer des suites ; mais une marche
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forcée d’une nuit et d’un jour dans la saison rigoureuse de l'hiver, la fatigue et l’incommodité du transport, furent probablement les causes qui le firent périr.
Avant de rapporter l’observation des deux autres sujets, je tâcherai de prouver la possibilité de cette opération, et la nécessité de la pratiquer dans quelques cas. J’indiquerai aussi mon procédé.
Quelque cruelle que puisse être une opération, elle est un acte d'humanité entre les mains du chirurgien, dès qu’elle peut sauver les jours d’un blessé, qui sont en danger ; et plus le danger est grand et pressant, plus les secours doivent ètre prompts et énergiques. Ad extremos morbos, extrema remedia exquisite optima (Hippocrate). Dans cette circonstance l’homme de l’art fait son devoir, et ne songe point à sa réputation.
Les succès que j'ai eus, quoiqu’ils s’obtiennent rarement, dans l’amputation des deux cuisses au même blessé, des deux jambes, ‘des deux bras, et du bras à larticulation avec l'épauie étaient bien capables de m’encourager à entreprendre l'extirpation de la cuisse. L'Académie de Paris appela sur celie opération l'attention de tous les chirurgiens de l'Europe, par le prix qu’elle proposa sur ce point important de la chirurgie vers le milieu du dernier siècle. La plupart des mémoires de cette compagnie savante ont parlé en faveur de l'operaiion ; cependant, on n’a pas encore un seul exemple de sa réussite pour «es maladies aiguës, telles que les plaics d'armes à feu : les faits qui se lisent dans les auteurs, et les succès qu'on a chtenus, se rapportent tous à des maladies chroniques, conme la carie de la tête du fémur, la spina ventosa ct la gangrère du membre.
L’aspeci efirayant de ia plaie, la difficulté de désarticuler l'os de la cuisse dans Ia cavité de l'os innominé, le danger de la rétraction des muscics fléchisseurs, de l’hémorragie et du refoulement du sang, sCnt sans doute les motifs qui ont empéché les chirurgiens des aimées de pratiquer l’opération, quoique les cas qui l4 ntcesstaient se soient assurément présentés plus d’une fois Gans leur pratique.
On peut répondre à toutes ces objections :
1° La grandeur de la plaie est pius effrayante que dangereuse. L'opération césarienne sur ia femme vivante s’est faite avec succès et est conseillée encore aujourd’hui par beaucoup de praticiens. Le chirurgien en chef ide l’hôpital de Rouen (L’AUMONEIR) à fait aussi heureusement l’extirpation d'un ovaire squirrheux et d’un volume considérable, On « des exemples de bras arrachés avec l’omoplate dans de grands accidents, et les sujets cn ou! été promptement guéris. D'ailleurs le chirurgien diminuera de plus de moitié la grandeur de la plaie faite par l'opération. L'exemple de M. PELLE- TAN agrandit mes idées. Cet illustre chirurgien ayant fait infructueusement l’opération de l’anévrisme à l'artère axillaire, loin d’être découragé, voulut que l’on dessinât la tumeur, les parties anatomiques, et son procédé opératoire. Les dessins en sont exposés au cabinet de l’Eco! de Médecine, afin d’éveiller le génie de l'homme de l’art, d'éclairer sa conduite et de démontrer à tous les yeux que la maladie est plus terrible que l’opération.
2° La difficulté du manuel, et surtout celle de désarticuiler ia tête du fémur, est diminuée par le procédé que j'ai imaginé. Je le soumets au jugement de mes collègues.
3° La rétraction des muscles a été exagérée. Dans les opérations que j'ai pratiquées, elle m’a paru presque nulle, ou du moins bien éloignée de porter ces muscles jusqu'aux ouvertures du bas-ventre. Mon procédé a encore l’avantage de parer à cet inconvénient,
40 On prévient les effets dangereux de l’hémorragie, au moyen de la compression momentanée que l’on fait exercer, par des aides intelligents, sur l’orifice des vaisseaux coupés, et avec des ligatures immédiates faites au fur et à mesure. Ces ligatures arrêtent le sang plus facilement et plus sürement que celles qui comprennent dans leur anse les chairs et le tissu cellulaire environnant les artères.
Quant au refoulement du sang, que les praticiens ont regardé comme un accident mortel à la suite de cette opération, il n’est point à craindre, Je crois avoir suffisamment prouvé le peu de fondement de cette crainte dans mon mé-
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moire sur les amputations qui sera placé à la fin de la campagne d’Austerlitz.
Je citerai encore à l’appui de mon opinion sur la possibilité de pratiquer l’amputation de la cuisse à son articulation supérieure, l’histoire rapportée dans les opuscules de M. MoranD, p. 183. L’auteur parle d’un soldat qui avait les deux jambes coupées fort haut, et les deux bras si près de l'épaule, qu’il ne pouvait rien tenir sous ses aisselles. Tout mutilé qu’il était il jouissait d’une bonne santé. Je rappeilerai aussi l'observation de Samuel Woop, dont l’épaule fut arrachée. On trouvera dans le cours de cet ouvrage, et notamment (dans mon mémoire sur les amputations, les exemples que nous avons déjà annoncés des guérisons obtenues, sans aucun trouble intérieur, de l’amputation de la totalité d'un membre, et de plus de la moitié des deux membres supérieurs ou inférieurs, chez le même sujet.
Sans m’écarter des plaies d'armes à feu, j'ai reconnu que l'extirpation de la cuisse était indiquée dans trois cas principaux de ces mêmes plaies,
Le premier a lieu lorsque le membre est désorganisé ou emporté par un boulet, un éclat d'obus ou de bombe, si près de son articulation supérieure, qu’il ne serait pas possible de l’amputer dans sa continuité.
Les raisons que j'ai déduites dans mon mémoire pour le premier et le second cas, qui nécessitent l’amputation des membres, ont ici leur application.
Un coup de biscayen, de balle d’un gros calibre, qui fracasse le fémur à son extrémité supérieure vers les trochanters, et rompt l’artère crurale ou désorganise le nerf sciatique, est un second cas d’extirpation.,
Le troisième, c’est lorsque la jambe et la cuisse, par suite d’un coup de feu, avec commotion violente des parties molles, sont frappées ou menacées de sphacèle, jusque près de l’articulation supérieure, comme j'en ai vu quelques exemples,
Les praticiens qui ont proposé l’extinpation de la cuisse ne sont point d'accord sur la manière de la faire ; cependant presque tous craignant l’hémorragie de l’artère crurale, commencent par la ligature de ce vaisseau, forment ensuite
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un lambeau aux dépens des muscles fessiers, découvrent la partie postérieure de l'articulation, ouvrent la capsule, coupent le ligament inter-articulaire, et achèvent l’opération en formant le lambeau interne.
Ce procédé est extrêmement pénible, difficile et dangereux. Les hémorragies qui résultent des artères fessières, sciatiques et circonflexes sont très difficiles à arrêter, le membr2 étant en place ; l'os se désarticule avec la plus grande difficulté, et on court le risque par les différentes attitudes qu’on est obligé de donner au malade, de faire rompre la ligature de l’artère crurale ; ou même, en passant le couteau de la cavité cotyloïde sur les attaches du triceps adducteur, on peut toucher ce tronc artériel, même au-dessus de la ligature, quelque attention qu’on ait prise pour la faire près de l’arcade crurale : il y a d’autres inconvénients qu'il «est inutile de détailler.
Pour exécuter mon procédé, je mets d’abord le blessé sur le pied de son lit, dans une position presque horizontale, et me place en dedans de la cuisse que je dois opérer; un aide vigoureux et intelligent comprime l’artère crurale à son passage sur la gouttière osseuse du même nom ; ensuite je fais une incision aux téguments de l’aine sur le trajet des vaisseaux cruraux que je mets à découvert ; je les dissèque avec précaution, et, après avoir isolé le nerf qui se trouve en dehors, je passe entre lui et l’artère une aiguille courbe mousse, de manière à y comprendre l’artère et la veine pour les lier ensemible ; j'ai l’attention de porter cette ligature immédiate au-dessus de l’arcade dcrurale, pour la faire au-dessus de l'origine de la musculaire commune, dont la section, pendant l’opération. causerait, sans cette mesure, des hémorragies mortelles. Après avoir fait cette ligature, et placé celle d’attente, je plonge perpendiculairement mon couteau droit entre les tendons des muscles qui s’attachent au petit trochanter, et la base du col du fémur, de manière à faire sortir la pointe à la partie postérieure ou diamétralement opposée, et, en dirigeant le couteau obliquement en dedans et en bas, je coupe d’un trait toutes les parties qui doivent former le lambeau interne, auquel il ne faut
pas donner trop de volume. Je fais relever le lambeau vers les parties génitales par un aide, et l’on découvre aussitôt l'articulation, L’artère obturatrice et quelques branches de la honteuse sont comprises dans cette coupe ; il faut en faire de suite la ligature. Un seul coup de bistour1 suffit pour couper toute la capsule articulaire, et, par une simple abduction de la cuisse, la tête du fémur est presque luxée, Le ligament inter-articulaire, se présente : on juge combien il est facile de le couper avec le même bistouri. Je prends ensuite un petit couteau droit avec lequel je forme 1e lamibeau externe et postérieur, en passant son tranchant entre le bourrelet osseux de la cavite cotyloïde et le grand trochanter, et je finis le lambeau par une division dirigée en bas et en dehors, faite à peu près au niveau de cette éminence, et de manière à donner à ce lambeau une forme arrondie : l’aide qui tient le Jlambeau bouche l'orifice des artères ouvertes, desquelles on fait la ligature successivement. I1 faut les lier toutes, jusqu'aux plus petites, pour prévenir les hémorragies consécutives, et pouvoir réunir les lambeaux. Si les parties qui les forment ne sont point irritees, on peut y faire quelques points de suture entrecoupés avec les aiguilles dont j'ai parlé ; mais il ne faut point toucher les muscles : il suffit de comprendre dans la suture la peau et le tissu graisseux. On fixe les lambeaux en contact par des compresses graduées, trempées dans le vin rouge, et par un bandage contentif et bien appliqué.
Cette méthode est prompte, et m’a toujours été facile ; je l'avais conçue avant d’aller aux armées et l’essai que j'en avais fait sur le cadavre et les animaux m'en faisait présager ul} heureux succès.
Le chirurgien doit diriger ensuite ses vues sur l'état général du sujet ; aïnsi la saignée, s’il se présente le moindre signe de pléthore, les rafraichissants, les antispasmodiques, le repos et la diète ne doivent pas être négligés. À l’aide de ces moyens, on prévient les accidents qui accompagnent ordinairemvent les grandes opérations, comme les amputations. D'ailleurs, l’adhésion des lambeaux se fait promptement, et la suppuration ne s'établit qu’autant qu'il est resté des par-
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ties meurtries, ou fortement ébranlées par la cause vulnérante, 1
Les observations suivantes me paraissent éclaircir la question dont se sont occupées les académies, sans la décider ; et le succès que j'ai obtenu, quoiqu'il ne soit pas complet, me persuade que mes tentatives ne seront pas perdues pour le progrès de l’art. Les praticiens doivent voir, dans l’opération que je propose, un moyen arracher à la mort des victimes qui jusqu’à présent lui ont été abanjdonnées,
Le deuxième blessé, à qui j'ai eu occasion de faire cette opération, était un officier de la 18 demi-brigade, nommé Bonhomme, qui me fut apporté de la tranchée de Saint-Jean d’Acre, avec une blessure énorme à la cuisse droite, résultat d’un éclat de bombe,
Les muscles étaient dilacérés ou emportés dans une grande partie de la circonférence de la cuisse. L’artère fémorale avait été rompue à 5 ou 6 travers de doigt de l’arcade crurale, et le fémur se trouva fracassé jusqu’au grand trochanter. L’officier avait perdu beaucoup de sang ; il était considérablement affaibli ; je pensai même que, sans l’extirpation de la cuisse, qu’il fallait faire sur le champ, il n'avait que quelques minutes à vivre. J’y procédai donc promptement, et de la manière suivante :
Je mis l’artère crurale à découvert ; je passai les deux ligatures avec les précautions indiquées, et je liai cette artère avec la veine crurale. Le lambeau interne et la section de la capsule articulaire se firent avec la plus grande facilité ; l'os fut promptement désarticulé, et j’achevai mon opération par le lambeau externe.
A raison de la régularité des lambeaux, j'en obtins une réunion exacte, et il me fut aisé de les fixer en rapport, à laide de quelques emplâtres agglutinatifs et du bandage contentif.
Le blessé passa le reste de la journée et la nuit suivante, dans un calme aussi satisfaisant qu’on pouvait le désirer. Je lui fis prendre quelques potions antispasmodiques ; je le mis à l'usage des boissons rafraîchissantes et de bouillons légers, avec un peu de vin. Le lendemain, l’appareil était imbibé
de sérosité roussâtre, sans engorgement, douleur, ni tension dans le moignon. La nuit du deuxième jour fut paisible, et le blessé eut trois heures d’un bon sommeil ; le troisième jour, je levai les premières pièces d'appareils pour en appliquer de nouvelles : la journée fut très bonne, les excrétions se faisaient facilement, et cet officier me demandait à manger. Je lui permis l’usage d’un potage au riz matin et soir.
Dans la nuit du troisième au quatrième jour de l’opération, ii se mmanifesta un léger mouvement de fièvre, accompagné de pulsations dans le moignon, et de chaleur générale, à laquelle succédèrent une moiteur abondante, le calme et le sommeil. À ma visite du matin, je trouvai l’appareil imbibé d’une sérosité purulente, Les lambeaux étaient déjà réunis dans la moitié de leur étendue ; ils laissaient à leurs commissures, antérieure et postérieure, un vide d'environ 5 centimetres où j'avais placé les ligatures des vaisseaux. Je pansai la plaie méthodiquement, et renouvelai le bandage.
Le cinquième jour, tout était dans le meilleur état possible ; la suppuration des deux petites plaies qui restaient, était déjà établie, et de bonne nature ; le sixième jour, la situation de l’officier était encore très favorable, et tout me promettait la guérison ; mais l'encombrement où se trouvait l'ambulanice, et l'impossibilité où nous étions d’isoler les blessés, même ceux qui avaient les blessures les plus graves, furent cause de l'événement malheureux qui arriva la nuit suivante, et que notre position difficile ne m'avait pas permis de prévenir. |
Un militaire, qui couvait la peste depuis plusieurs jours dans sa tente, fut atteint à la jambe par un boulet, au moment où il se rendait du camp à l'hôpital. Quoiqu'il fût très malade de la peste son dernier accident le fit placer, à mon insu, dans la salle des blessés, où ayant été couché à côté de l'officier sur le même carré de paille, il lui communiqua la maladie qui se déclara dans la nuit du sixième au septième jour. Dès le lendemain, la plaie du moignon fut frappée de gangrène, et les progrès furent si rapides, que la mort vint promptement détruire toutes les espérances que l'état favorable du blessé m’avait donné l’avant-veille.
Le sujet de la dernière observation était un jeune homme âgé d'environ 20 ans, tambour dans la 2° demi-brigade légère. I avait eu la cuisse droite emportée à sa partie moyenne, par un éclat de bombe, au dernier assaut d’Arre : le'fracas du fémur s’étendait jusque dans l'articulation ; les chairs étaient attrites et désorganisées. Ce blessé quoique très affaibli par les hémorragies qui avaient eu lieu à l'instant du coup, éprouvait les plus vives douleurs, et les exprimait par des cris affreux. Je procédai de suite à l’extirpation de la cuisse, et de la même manière que chez le sujet précité : ce jeune militaire ayant plus d’embonpoint, je crus devoir faire quelques points de suture, pour fixer les lambeaux en place, et empêcher leur écartement. Des compresses longuettes furent placées en croix sur le moignon, et le tout fut maintenu par un bandage convenable. L'opération fut faite promptement et sans effusion de sang: peu de moments. après le calme s'établit, «et ‘le malade dormit, pendant queiques heures, d’un bon sommeil, Le mouvement de l’armée, qui se fit presque aussitôt pour retourner en Egypte, m'obligea de le faire partir avec les autres blessés : j’appris plus tard qu’il avait péri en route.
Tel est le texte de LARREy. Il est intéressant, car nous y trouvons trois sortes de faits : 1° Les raisons pour lesquelles il à osé entreprendre une telle intervention et qui lui ont permis d'affirmer qu’elle était susceptible de réussir chez l’homme ; 2 Nous y trouvons une technique opératoire extrêmement bien décrite ; 3 Des observations détaillées qui nous montrent à quel point LarRey l'intéressait à ses blessés.
Presque à la même époque, en 1795, BLANDIN pratiquait également plusieurs désarticulations ainsi que KERR. À la faveur de ces guerres nombreuses, l'intervention com-
mença à se répandre à l'étranger. VerrcH, en 1807, établit son procédé qui est resté célèbre. BrovnriGG, en 1812 eut un blessé grave qui resta bien guéri. RuSH en Allemagne eut également l’occasion de pratiquer de nombreuses désarticulations. PLANTADE, 1805, Barros, 1814, connurent des succès.
Après l'Empire, il y eut alors une diffusion véritable et dans tous les pays on s’occupa de la question : Bau- DENS, 1826 ; Derprecn, 1828 ; Lenoir, MANEC, ASHMEAD, 1831 ; Bzasius, 1839 ; FouiLoy, 1841. Beaucoup ont passé leur nom à la postérité pour les procédés qu'ils ont décrits : À. Cooper, Rose (de Zurich), GUTHRIE, Mayo, Es- MARCH. D’autres sont moins connus : MuLnER, MILLENGEN, WEDEMEYER, BRYCE, ORTHON, HYSERN, Mori.
En conclusion de ce bref historique, nous voyons donc que cette opération, imaginée par un chirurgien français, Moran», perfectionnée par d’autres chirurgiens également français, et brillamment réalisée par LARREY, baron d'Empire, est une intervention qui est toute à la gloire de la chirurgie française.