‹ La Destruction des Ordures ménagères par la Méthode du Dépôt ContrôléChapitre 16 sur 29 · PROCEDE BECCARI · texte numérisé non relu

PROCEDE BECCARI

Ce procédé inventé par l'ingénieur italien Beccari fonctionne dans un certain nombre de grandes villes de la péninsule : Naples, Bologne, Carrare, Florence, possèdent une installation de 204 cellules exploitées par une société d'entreprises qui vient d'obtenir de la municipalité la concession de l'exploitation.

En France, plusieurs de nos villes méridionales ont opté pour ce procédé (Avignon, Aix-en-Provence, Cannes, Valence).

Les gadoues, préalablement triées, sont déversées dans des chambres closes d’une capacité de 20 m3 environ; grâce à une humidité et une aération convenables, des microbes aérobies et anaérobies désintègrent les ordures ménagères suivant le processus que nous avons décrit dans le chapitre des fermentations. Les gaz qui s’échappent montent vers une cheminée précédée d’une tourelle munie d’étages en chicane; leur but est de fixer ces gaz grâce au phosphate de chaux qu’elles contiennent.

L'usine comprend une série de cellules en maçonnerie, dont le nombre varie suivant l'importance de la ville, c’est-à-dire du tonnage d’ordures à traiter.

Le plancher de ces cellules est incliné, afin de pou-

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voir recueillir dans un puits le liquide provenant de l’arrosage des gadoues en fermentation.

L'aération se fait par des ouvertures latérales, d'autre part par des trous donnant dans le plancher.

Le chargement des gadoues triées se fait par le haut des cellules, un plan incliné permet l'accès de l'ouverture de chargement. Le plein étant effectué, on ferme la cellule, on arrose une première fois la masse avec le liquide de la fosse grâce à une pompe fonctionnant mécaniquement; dès le cinquième jour, la température atteint 55°, elle continue à monter pour atteindre son optimum (75°), vers le vingt-cinquième jour. L'opération et la réduction sont complètes en quarante-cinq jours.

INCONVENIENTS NL

Le procédé prévoyant le triage des gadoues pour en enlever les matières utiles (chiffons, papiers, os), ne satisfait pas aux lois de l'hygiène :

Le triage manuel, par ses risques de blessures, est dangereux pour les ouvriers. Au point de vue économique, ce procédé est moins coûteux que l’incinération; cependant, comme l'inventeur préconise la construction de son installation le plus possible dans le centre des villes en vue d'économiser les transports, on est obligé de constater que le prix d’achat du terrain où sera bâtie lusine sera très élevé, étant donné l'obligation de construire un nombre considérable de cellules; car chacune d'elles ne peut être remplie que huit ou neuf fois par an.

Encore en Italie, un inventeur, le commandant Boggiano-Pico a apporté, au système Beccari, d’im- Portantes modifications dont la plus importante consiste à insuffler de l’air dans la masse de gadoue à oxyder, cet air est envoyé sous une pression de 7 kilogrammes; d’après l’auteur, cet air comprimé passant dans la masse de gadoue, accélère la fermentation aérobie. Là ne se bornent pas les modifications apportées par le commandant Boggiano-Pico :

Coustatant que les cellules Beccari sont onéreuses

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à cause de la grande superficie qu’elles occupent, à ces cellules il substitue une tour d’un diamètre de 8 mètres environ et de 4 à 5. mètres de hauteur. Le tri par le personnel ouvrier est supprimé, les. immondices sont versées directement dans les tours, un plan incliné permet aux voitures d'accéder au sommet.

Le tri préalable dans le système Beccari est remplacé, ici, par l’action d’un concasseur qui triturera toutes les matières non fermentescibles (verre, ferraille, os, porcelaine), lors de la vidange de la tour.

Par ce procédé, l'inventeur utilise la hauteur alors que le système Beccari utilise la superficie. Résultat?

Du point de vue financier, l'usine coûte moins cher à bâtir, cela ne fait pas de doute; mais comme l'air comprimé ne raccourcit pas sensiblement le temps nécessaire à la fermentation. Ce procédé n’est pas, au fond, plus économique que le premier étant donné les dépenses qu'il faudra continuellement engager pour entretenir cette pression de 7 kilogrammes. Si Von considère enfin cette pression énorme de 7 atmosphères, on est en droit de se demander si la construction de ces tours qui devraient coûter moins cher que l'installation en surface des cellules Beccari n’entraîne pas une dépense sensiblement égale à celle de la résistance suffisante que ces tours devront posséder pour résister à cette pression continuelle de 7 atmosphères. Un seul avantage à retenir de ce procédé, c’est la suppression du tri, les gadoues étant déversées directement dans les tours.

Les procédés de fermentation trouvent leur appli-

cation dans les régions méridionales où les gadoues renferment une grande quantité de matières fermentescibles, alors que les régions septentrionales contiennent une partie importanté de matières combustibles. Le produit de fermentation donne un terreau livré à l’agriculture après triage, il est apprécié et recherché de nos cultivateurs.

De plus, le procédé parait devoir être mis en pratique dans des villes de moyenne importance,

Ce procédé peut être utilisé pour les hôpitaux, col- ‘léges, sanatoria, une société f ‘ançaise exploite sous licence le procédé Bec ari, elle construit des cellules dites « Zÿmothermiques ». Ces cellules se présentent sous la forme de cuve en ciment armé d’une contenance de 12 à 14 mec. avec portes hermétiques d’emplissage et de vidage dans lesquelles les ordures sont déversées directement.

Le fonctionnement de ces cellules est basé sur les principes de la fermentation, comme dans les cellules Beccari, la fermentati Ion aérobie est activée par un système d'aération. La température intérieure est de 75° environ comme dans le cas précédent. L’opération a une durée sensiblement égale : 35 à 40 Jours. Les cellules vidées, le terreau est livré à agriculture.

LES DEPOTS CONTROLES

L’incinération étanr d’un prix de revient très élevé, et la cellule Beccari nécessitant l'installation de nombreuses cellules, un ingénieur anglais, M. Call, a proposé d'utiliser le phénomène de fermentation, mais en ayant recours à des procédés plus simples que ceux employés dans le système Beccari, c’est sous le nom de dépôts contrôlés que cette nouvelle méthode est née : mise en pratique dans presque toutes les villes d'Angleterre, elle a été préconisée en France par M. Partridge, inspecteur sénéral, adjoint des travaux de la Ville de Paris; c’est en nous inspirant de ses travaux que nous donnerons, ici, les règles à observer pour obtenir un bon résultat :

1° Les ordures doivent être mises en décharge par couches, dont l'épaisseur varie entre 1 m. 50 et 2m: 50.

Lorsque la température de cette couche sera redevenue normale, c’est-à-dire qu’elle sera égale à celle du sol voisin, on pourra autoriser à déposer une nouvelle couche.

90 Les couches sont exactement limitées par des talus réguliers, inclinés à 45°.

Il est essentiel que le dépôt comporte le moins possible de vides, afin de limiter l’aération des gadoues

et d'éviter une élévation trop grande de la tempéra- V4 ture du milieu pouvant causer un incendie du dépôt. ji 3° Le dépôt ainsi que le talus doivent être recou- (El

. . . , A verts dans un délai maximum de soixante-douze heu- | res, d’une couche de terre; cette couche constitue la

couverture du dépôt... Voilà les règles essentielles à 114 cbserver.

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Dépôt contrôlé dé Saint-Escobille.

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