‹ La Destruction des PouxChapitre 10 sur 23 · SD RS · texte numérisé non relu

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Si l’on est obligé d’aller vite et si l’on a le matériel nécessaire à sa disposition, on emploiera la vapeur d’eau sous pression dans des étuves spéciales du éype Geneste et Herscher, Le Blanc, Dehaitre.

Ces étuves ont donné des résullats très satisfaisants, La durée de l'opération est de 20 minutes environ.

Une étuve du modèle Geneste et Herscher traite environ 80 paquetages par jour.

Une étuve du modèle Le Blanc peut, par opération, désinfecter trois fournitures de literie ou 8 paquetages individuels. On peut faire 6 opérations par jour en maintenant la pression pendant le repas du matin; ce qui donne par journée de travail effectif 18 fournitures de literie ou 48 paquetages.

Pour le fonctionnement de ces étuves on doit suivre les indications des notices annexées à ces appareils.

L'inconvénient de ces étuves est qu’elles sont difficilement transportables partout où on en a besoin et, de plus, dentandent un personnel spécial pour leur fonctionnement. Dans les formations fixes elles représentent le procédé de choix pour l’épouillage des vêtements. {

Pendant la guerre on a dû recourir à l'improvisation d'étuves à vapeur fluente ou sous pression : aménagement des grands alambics d'Alsace par MM. Niclôt et Abry, aménagement de tonneaux : modèle de Richard; aménagement de lessiveuses : modèle Budan.

Un appareil de fortune s’adaptant aux cuisines roulantes régimentaires a été décrit par Chauchard.

L'armée serbe s’est servie de l'appareil Hunter de la mission britannique : c’est un tonneau recevant en son fond, par de multiples perthuis, la vapeur. d’une

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chaudière sur laquelle il repose; on augmente la pression en chargeant le couvercle de corps lourds. 50 à 70 paquetages passeraient en une journée. |

Pendant la première campagne de Serbie on s’est servi des wagons à parois métalliques, hermétique-" ment clos, servant au transport des viandes frigorifiées. |

Ces diverses étuves improvisées ont rendu des services très appréciables. Elles ont l’avantage d’être d’un maniement et d’un transport faciles, d’un prix moyen, et d’une opération de courte durée. Il est essentiel dans tous ces systèmes de bien étaler les effets, de manière à ce qu'ils subissent rapidement et pendant toute la durée de l'opération l’action de la vapeur. d’eau.

Chaleur Sèche et Surchauffage

Les étuves à chaleur sèche ont fourni les résultats les plus précaires (colonel Petkovitch). Elles ont cependant quelques partisans. Swellengrebel prétend que entre 70 et 80° la chaleur sèche pendant une heure trois quarts suffirait pour la désinfection des vête-. ments.

En Serbie on a quelquefois utilisé avec avantage le surchauflage devant le feu, en exposant lentement la pièce d’étoffe, puis en la tordant comme pour l’exprimer, toujours devant la flamme jusqu'au seuil de la tolérance du tissu.

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Fer chaud et Repassage

Des expériences sur l'emploi du fer chaud et du repassage ont été faites à l'hôpital temporaire n° 4, à l'armée d'Orient, par le médecin principal Mclor.

C’est une méthode scientifiquement établie. Le professeur agrégé au Val de Grâce Ferrier, après une série d'expériences faites sur le repassage a démontré qu'il fournit toutes les conditions d’un apport calorifique considérable et immédiat. « Un fer à repasser ayant une température propre de 150° est appliqué à la surface d’un linge humide : l'eau eonténue dans le linge est aussitôt transformée en vapeur; la température du linge dans toute son épaisseur est immédiatement portée à 100° et au-dessus. Les microbes atteignent la même température que les fibres du linge, tempéraluré largement suflisante pour produire la coagulation instantanée de leur protoplasma et par suite leur destruction.

« Le repassage est capable de détruire les germes non sporulés, catégorie à laquelle appartiennent la plupart des bactéries pathogènes. »

Le médecin principal Niclot se sert pour faire ses expériences de deux fers : un fer de ménage et un fer de tailleur à charbon, employés à la température où le papier commence à brunir par simple appui.

Trois échantillons d'étoffe : A) drap bleu horizon de troupe, B) drap molletoné brun, C) velours de coton à côte.

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Les tests de température choisis ont été des cris-

taux de :

Bromure de Camphre .... F — 76°, insoluble dans l'eau Antipyrine ti. HA F — 1130, soluble dans l’eau

x ; Ils reposent librement du côté opposé à la source de chaleur, sur une feuille de papier à cigarettes où la fusion imprime une tache translucide.

Le tailleur repasse sur ordre.

Première Expérience

Avec le drap bleu horizon (A) et le fer de tailleur. Étoffe pliée en double avec cristaux à l’intérieur, donc une épaisseur d’étofte.

Le fer trop chaud roussit la surface : passé trois fois en appuyant comme d'habitude, les cristaux sont intacts, sauf quelques grains d’antipyrine qui ont « bavé » sur les bords. C’est la vapeur de l’étoffe légèrement mouillée sans doute.

Deuxième Expérience Même essai avec étoffe très sèche En laissant le fer 5 secondes, pas de fusion.

En appuyant et en laissant le fer 10 secondes, double fusion. L’étoffe est altérée.

. Des essais analogues sont faits avec les échantillons

B'et:C:

\ Troisième Expérience

Les sels sont déposés dans un ourlet décousu. Mêmes résultats,

Quatrième Expérience

On mouille avec la « patte » fortement. Fusion avec un repassage appuyé de 5 secondes, des cristaux de bromure de camphre. L’antipyrine a fondu sur le bord, sous l'influence de l’eau. |

Il ne suffit pas de détruire le pou et ses œufs à découvert sur le plat de l’étoffe : les œufs, notamment, sont souvent fixés à l'abri des coutures, qui forment aux emmanchures, à l’encolure, aux poches, au moins une quadruple épaisseur, et un procédé efficace doit les atteindre.

Les tissus vestimentaires sont, par définition, mauvais conducteurs de la chaleur et celle-ci utilisée sèche est d'un emploi médiocre en l’espèce.

En somme, à sec on brûle plutôt l’étoffe que d’obtenir un résultat : si l’étoffe est mouillée, le fer à repasser, au-dessous de 76°, n’est qu'un générateur de vapeur fluente de faible durée. On peut insister, brièvement sur les difficultés d'applications, sur la température variable, du fer, sur celle de ces diflérentes parties, sur les différences de pressions exercées par l’opéräteur, ses irrégularités, sur la détérioration de l’étofle, sur la difficulté de contrôler que l'opération a été bien conduite.

Par son action sur les effets, le repassage est un

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adjuvant et un complément précieux, mais à classer , comme valeur après les étuvages sous pression et même sans pression, les liquides, les gaz et les vapeurs qui pénètrent en totalité le tissu. De même pour. les sous-. vêtements. Pour les tissus de flanelle, un repassage à basse température risque d’être inopérant, et à haute température d’être altérant. | En somme, le fer à repasser est à envisager comme du plus heureux emploi : il ne doit pas faire oublier les autres méthodes dont il convient en général de le faire précéder. Il n'a d'utilité pratique que sur une. étoffe mouillée, au titre physique par production de vapeur d’eau et au titre biologique, les œufs étant très hygroscopiques et beaucoup plus sensibles à la chaleur humide.

f Actions Chimiques

£ Nous allons commencer par passer en revue un certain nombre de produits chimiques agissant sur les individus et sur les vètements contaminés.

Labbé et Wahl ont montré que les antiseptiques, volatils pour la plupart, commencent par immobiliser le parasite et que, si leur action est prolongée sufli- :

: . samment, le parasite finit par mourir.

| Ces auteurs distinguent donc pour chaque substance un « pouvoir immobilisant » et un «pouvoir mortel ».

Parmi les substances ayant un pouvoir immobilisant

marqué, il y a en premier lieu le benzène, qui endort le pou mais ne le tue qu’à très haute dose : ensuite viennent le toluène, le xylène, le mononitrobenzène

+ 30 — du essence de mirbante, l’acétate de benzyle et le chlo-

roforme.

Pour d’autres substances, telles que les essences de Lemon-Grass, de citronnelle, de bouleau, l’intervalle entre l’immobilisation et la mort est très faible. Enfin les substances ayant à la fois un « pouvoir immobilisant » et un « pouvoir mortel » très élevés seraient les corps à fonction acide ou phénol.

L’anisol, phénate de méthyle C6 H5 O CHS préconisé par Fraenkel et par le professeur Blanchard, aurait cette double propriété.

Une goutte d’anisol dans un récipient de 700€, immobilise le pou en 4 minutes 50 secondes et le tue en 18 minutes. (Labbé et Wahl).

On emploie l’anisol pur ou dilué :

ANLS OS 2 0 ME 40 Alcool! à 900 460 ù LH MATOS ES NPRETTE 500

Cette solution vigoureusement agitée est pulvérisée en abondance sur tout le corps et sur les vêtements, parüculièrement sur les coutures, les plis, les doublures, dans les poches.

Ces vêtements sont aussitôt et au fur et à mesure de l’aspersion, empilés dans une caisse bien fermée : on ferme cette caisse entre chaque introduction de vêtement pour éviter l’évaporation:

On fait une dernière pulvérisation : on ferme la caisse et on laisse deux ou trois heures.

Les vêtements peuvent être réendossés immédiatement. (Gougerot)

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