‹ La Destruction des PouxChapitre 8 sur 23 · EAU NÉE · texte numérisé non relu

EAU NÉE

Ceci se comprend d’autant mieux depuis que J. Courmont et Lesieur ont démontré la pénétration possible du bacille tuberculeux par la voie cutanée. ,

Pendant. la guerre le pou a été observé fréquemment sur la tête de nos soldats. Il reste généralement localisé à la région occipitale de la nuque.

Les poux de tête se reproduisent par des lentes, qui se collent fortement aux cheveux. Cette lente éclot dans un temps variable et dépendant de la température ambiante.

Pediculus Vestimenti

ou Pou de Vêtement

Appelé encore Pediculus humanus coporis: Pediculus corporis, Pediculus tabescentium.

Ce pou est généralement un peu plus volumineux que le précédent.

Ils se rencontrent plutôt chez le vieillard que chez l'enfant : pendant ces dernières années, par suite du manque d'hygiène, les poux de vêtements ont pullulé sur tous les fronts. IIS se cachent entre les plis des vêtements qui sont en contact avec la peau, en particulier au niveau du dos et de la poitrine, dans les poches, dans les coutures des vêtements, sur les couvertures, sur la paille de couchage : on à vu des cou- vertures infestées de poux à un tel point, que leur coloration était passée du brun au gris.

Il est exceptionnel de voir le pou courir sur la peau, où il ne se tient que juste le‘temps nécessaire pen, prendre sa nourriture. LS

Swellengrebel a fait des expériences intéressantes

qui ont montré que les poux se glissaient à travers les interstices les plus étroits, qu'ils étaient doués d'une très grande motilité sur certaines étoffes ; par contre, ayant placé des poux sur des surfaces lisses et rugueuses, il a constaté qu’à moins d’en approcher son bras jusqu'à les toucherils ne pouvaient l’atteindre, et qu'après quelques mouvements incertains ils ne bougeaient plus. |

La puissance de prolifération du pou est énorme, comme le prouve l'expérience faite par Leuwenhæck sur lui-même.

Il eut l'idée, un jour, de déposer deux femelles dans un bas de soie noire qu'il s’astreignit à porter jour et nuit. Avant la fin de la première semaine les deux femelles avaient donné cent œufs. Ceux-ci vinrent à éclore, puis les jeunes femelles se mirent à leur tour à se reproduire et, les générations se succédant, il arriva qu’en deux mois la descendance des deux premiers insectes s'élevait au chiffre respectable de 18.000 individus. Ne |

Ceci permet de comprendre qu’ils puissent se multiplier en nombre considérable dans les vêtements.

Des vêtements constamment portés constituent une étuve particulièrement favorable à leur développement : ceci peut être mis en évilence dans les laboratoires en mettant des fragments de vêtements infestés et chargés d'œufs dans une étuve à la chaleur fixe et humide de 37°. |

Phtirius Pubis

où morpion, ou Pediculus inguinalis, Pediculus pubis, est l'unique espèce du genre Phthirius.

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C'est un anima! trapu, presque aussi large que long; le mâle mesure environ { millimètre, et la femelle 4 millimitre 5. Le thorax est plus large que Pabdomen, celui-ci semble, à première vue, formé de 6 anneaux, mais étant donné que le deuxième porte trois stigmates, il résulte de la soudure de trois anneaux, et il y en a donc en réalité huit, comme chez le pou de vêtement. Les pattes de la première paire sont assez grêles : mais les deux autres paires sont formées de puissantes griffes, véritables pinces, qui permettent au parasite de se cramponnéer solidement le long des poils et le font ressembler à un crabe microscopique. 6

La femelle pond de 10 à 15 œufs piriformes, qu'elle agglutine aux poils, le plus près possible de leur base. Ils éclosent au bout d’une semaine et peuvent se repro-

duire quinze jours plus tard.

Ces trois espèces de poux sont susceptibles de transmettre le tÿphus exanthématique et le typhus récurrent.

Bacot, par des expériences intéressantes, a montré que les deux espèces : pediculus humanus et pediculus capitis, étaient très voisines, car il a pu obtenir plusieurs générations d'hybrides fertiles. A son avis, ce croisement s'obtient si facilement qu'il doit se produire dans la nature. Les naturalistes admettent aujourd’hui qu'il s'agit d'une même espêce et que morphologiquement il est impossible de distinguer les deux variétés.

Swellengrebel a montré la résistance considérable des œufs * si une femelle meurt alors qu'elle: porte encore des œufs fécondés, ceux-ci peuvent très bien

FHRIOTSe

se développer dans son corps, même quand celui-ci est soumis plusieurs jours à l’hyperoxyde d'hydrogène lavé à l'alcool et enfin plongé dans la glycérine.

Cés notions nous montrent que pour obtenir une destruction complète des poux il faudra surtout s’appliquer à détruire les œufs.

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Au commencement du xvu° siècle, Tobias Loberus avait émis l’idée que le pou avait un effet « psychique » sur l’homme, et il recommandait pour éviter la maladie hongroise, nom donné au typhus exanthématique, de se frotter avec de l'ail.

Au siècle dernier il existait encore des gens dont le métier consistait à louer des singes pour débarrasser leurs clients de la vermine : le singe montait sur les épaules du patient et cherchait dans sa chevelu e les poux qu'il croquait à belles dents. Puis vint le règne du peigne fin, qui est encore en usage dans nos campagnes et dans les villes d'Italie.

Les médecins célèbres de la première moitié du siècle dernier (Alibert, Gibert, Cazenave, Deverxie), croyant à la génération spontanée des poux, recommandaient pour détruire la cause occulte qui donne

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