LIVRE DEUXIÈME. — JOSNES
)' importants. L'ennemi rassemblant toutes les forces dont
» il dispose, a tenté vainement, pendant trois jours de
" suite, de nous culbuter; ses efforts ont été vains. Ce
» succès prouA'e que nous pouvons lui résister et doit nous
" rendre la confiance. Il faut donc se préparer à un nou-
« vel effort, s'il est nécessaire. A cet effet, les éclaireurs
» algériens reconnaîtront, demain au jour, Cernay et
» Gravant, tandis que le général Michel poussera des
» reconnaissances dans la direction de Villermain et de
» Binas , et que la cavalerie du 1 7* corps s'assurera des
» positions de l'ennemi de Villorceau à Beaugency. Pen-
» dant ces reconnaissances , les grand'gardes et les
» avant-postes seront sous les armes; dans les lignes, on
» se tiendra prêt à se porter rapidement sur les positions
" de combat désignées les jours précédents. L'artillerie de
» chaque division a dû pendant ces trois derniers jours
» régler son tir , reconnaître les positions les plus avanta-
> geuses. Soutenue toujours par de l'infanterie, elle n'a
» pas hésité à se porter rapidement en avant pour engager
» l'action avec les batteries ennemies et pour éteindre
» leurs feux en tirant de suite aux distances les plus avan-
» tageuses pour les divers calibres. L'éloge que le général
» en chef lui adresse, pour sa contenance pendant la jour-
)' née d'aujourd'hui , serait complet si elle avait ménagé
» un peu plus ses munitions. Les batteries ne doivent tirer.
» qu'à bonne portée , sur des buts bien constatés , tout ea
» ménageantleur feu le plus possible.
» Les bataillons d'infanterie , dans les lignes , ont » encore été placés trop près des batteries , ce qui leur a " attiré des boulets destinés à celles-ci.
» A part quelques hésitations chez des régiments de » l'extrême droite , l'attitude des troupes dans la jour-
» née d'aujourd'hui est digne d'éloges, et le général en
» chef manifeste à tous , généraux , officiers et se Idats , sa
» satisfaction.
» Le ministre de la guerre, arrivé ce soir au quartier » général , a pu apprécier par lui-même la valeur d'une » armée qui a su résister à quelques échecs, et sur laquelle » le pays peut compter.
» Si demain, dans la matinée, l'ennemi ne tente aucune » attaque, les troupes du général Jaurès qui occupent à » l'est de la forêt de Marchenoir une position trop avan- » cée, se reporteront sur la ligne de Poisly, Lorges et » Briou , se reliant par leur droite avec l'aile gauche du » 17' corps, établie en avant de Josnes. La cavalerie du » 16* corps, qui a besoin de repos et de cantonnements, » viendra s'établir à Villemuzart et dans les fermes des » environs, tout en fournissant à l'aile gauche les recon- » naissances et les éclaireurs qui doivent surveiller le pays » à grande distance.
» Le général commandant le 1 7' corps fera réoccuper » demain dès le matin le village d'Origny , qui n'aurait » pas dû être abandonné ce soir. La cavalerie du 17' corps » restera établie à Trogny , où elle est venue bivouaquer à » la fin de la journée.
» L'amiral Jauréguiberry prendra ses dispositions pour » tenir sur toutes les positions depuis Tavers , par le ravin » de ce nom, jusqu'à Toupenay, avec les troupes du » général Tripartet la 1" division du 16' corps, ayant en » outre , s'il l'appelle à lui , une brigade ou toute la » 1" division du 17* corps.
» Si un mouvement de retraite devait avoir lieu , les ■ directions à suivre par chacune des divisions ont été in- ;i diquées par les instructions données hier.
» Les corps qui ne se sont point alignés en vivres de- ». "vront achever cette nuit cette opération .
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» On complétera partout les cartouches, et les munitions T des batteries, brûlées dans la journée d'aujourd'hui.
» Il faut à tout prix empêcher les fuyards, faire des « exemples, en traduisant devant des cours martiales tous » ceux qui quitteraient le champ de bataille sans motifs » plausibles, et faire surveiller les derrières des lignes par
V des pelotons de cavalerie chargés d'arrêter tous les sol- » dais qui quitteraient leurs régiments.
» Les mouvements de l'ennemi sur la rive gauche de- » vront être observés avec soin par le général Tripart.
» L'intendant en chef et les intendants des corps d'ar- >> niée et des divisions prendront des mesures pour recon- » stituer, avec les approvisionnements envoyés à Mer ou » à Blois , ceux de six jours qui doivent suivre les corps 1) d'armée, les deux jours de réserve que les hommes
V doivent avoir dans le sac , et les distributions journa- » lières. Celles-ci devront être faites chaque jour, dans » chaque bivouac , au moyen de vivres apportés par le » nombre de voitures strictement nécessaire , de façon à » laisser le reste des convois engagés sur les lignes de » retraite et à bonne distance. '
» En s'établissant à Villemuzart, la cavalerie du » 16" corps fera replier son convoi au delà du château de » Fontenailles , sur la route de Talcy.
)' Le général en chef réclame de nouveau les états des » pertes dans les différents combats depuis le 1" dé-
V cembre, la hste des vacances dans les grades, et le travail M des propositions pour les récompenses.
» Le quartier général reste établi à Josnes, celui du » 16' corps au château de vSerqueu , celui du 17" au château « du Plessis, et celui du 2F à Marchenoir. »
ENGAGEMENT DE VILLEJOUAN.
On a VU plus haut que le village d'Origny avait été repris le 10, à cinq heures du matin. La 3* division du 1 7* corps , stimulée par ce succès , porta alors ses efforts sur Villejouan , s'appuyant sur la 2' établie en arrière d'Origny. Cette attaque fut très-bien conduite par le colonel de Jouffroy, auquel le commandement provisoire de la 3" division venait d'être confié, les généraux manquant complètement. A part ce combat, la matinée se passa sans que l'ennemi parût en force devant les lignes; mais dans l'après-midi il commença par une tentative sur Villejouan, qu'il reprit sur un bataillon du 51* de marche. Ce régiment tint néanmoins à Origny malgré de grandes pertes que lui fit éprouver le feu des batteries allemandes de Villorceau et de Villechaumont. Sur ce poin lia situation resta ainsi jusqu'à la nuit, et ce soir-là encore, les 2® et 3' divisions du 1 7* corps bivouaquèrent de Prenay à Origny par le Plessis et Ourcelles , ayant leurs avantpostes presque mêlés à ceux des Prussiens à hauteur de Villejouan. La Indivision n'était pas restée inactive, elle s'était portée en avant et s'était maintenue constamment à hauteur des dejn x autres.
Vers quatre heures l'ennemi engagea une violente canonnade , dirigée principalement sur le château de Serqueu. Notre artillerie répondit avec avantage et sans perdre de terrain.
A l'extrême gauche le 2P corps était de son côté
fortement engagé '. Le général Collin , commandant la
2" division , ayant appris par ses reconnaissances que l'en-
^ nemi occupait fortement la ligne de Gravant au château
* Voir la note n° 13.