‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 161 sur 302 · LIVRE TROISIÈME. — VENDOME. 22î · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. — VENDOME. 22î

» Le général en chef rappelle que les hommes doivent » avoir dans le sac deux jours de vivres de réserve ; il a pu » constater, dans la marche d'aujourd'hui, que cette re- » commandation , si souvent faite, n'était point observée.

» Le capitaine-major N , du 51' de marche, est

» puni de quinze jours d'arrêts , parce que les hommes du » convoi dont il avait le commandement avaient mis leurs » armes dans les voitures.

» Plusieurs officiers ont été rencontrés dans des voi- » tures, loin de leurs troupes, se prétendant malades, » sans autorisation légale. Le général en chef fera con- » naître demain leurs noms et les punitions qu'il leur » inflige. Des corps se sont dirigés sur le Mans , préten- » dant en avoir reçu l'ordre ; les commandants des corps » d'armée feront connaître au général en chef les ordres » de ce genre qu'ils auraient pu donner, et lui adresseront, » dès leur arrivée au Mans, une plainte en règle contre » les chefs de corps qui auraient quitté leur division sans » un ordre bien constaté.

» Le conseil d'enquête , appelé à juger le capitaine qui » a perdu sa batterie dans la journée du 16, se réunira » demain , à quatre heures du soir , au quartier général de » l'amiral Jauréguiberry.

» Toutes les troupes du génie des divers corps d'armée, » avec leur matériel, devront être rendues au Mans demain » soir; elles seront réunies au quartier de la Mission, Le » général commandant le génie, avec son état-major, se » rendra demain, dès le matin, au Mans, et y préparera, » de concert avec le colonel Bois-Montbrun , le projet des » défenses à organiser en avant de PontJieue et sur la rive » droite de l'Huisne.

» Le général en chef sera rendu vers midi à Yvré-l'Evê- » que , d'où il visitera les positions principales. »

LA DhCXIEME ARMEE ECHAPPE UNE TROISIEME FOIS A L ENNEMI.

La deuxième armée venait encore d'opérer une retraite tout aussi difficile que les précédentes et qui , comme elles, lui fait honneur. L'ennemi, contenu partout , était devenu de moins en moins entreprenant ; il était facile de voir que, pas plus que les nôtres, ses troupes n'avaient pu résistera la fatigue; ses hommes étaient, eux aussi, grandement démoralisés par cette persistance d'une lutte qui se reproduisait constamment , alors qu'ils la croyaient terminée; le désordre se mettait parfois dans ses colonnes, malgré sa solide organisation et sa discipline. Un officier d'ordonnance du général en chef, égaré dans le brouillard en, portant un ordre, avait trouvé les convois allemands dans la plus grande confusion dans les ravins d'Azay, et les troupes qui les escortaient complètement débandées ; les mêmes renseignements étaient donnés par les gens du pays. Il y avait dans ces circonstances les chances d'un succès certain, si nous avions eu alors, sur nos derrières, quelques troupes fraîches et une réserve solidement organisée , ou bien s'il eût été possible au général Bourbaki de faire une diversioii qui eût maintenu sur la Loire une partie des corps avec lesquels le prince Frédéric-Charles s'acharnait contre la deuxième armée '.

* Voir la note n* 5.

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