‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 193 sur 302 · JANVIER. COMBATS DE THORIGNÉ ET DE CONNERRÉ · texte numérisé non relu

JANVIER. COMBATS DE THORIGNÉ ET DE CONNERRÉ

Pendant que les 2® et 3^ divisions du 21" corps se portaient ainsi en avant, la 1" division était de nouveau attaquée dans la journée du 9 janvier. Le 26" de ligne envoyé à Thorigné pour l'occuper, en attendant les renforts que doit amener le général Goujard, qui remonte la rive gauche de l'Huisne, est assailli, le matin, par trois colonnes ennemies débouchant par les routes de Breil, de Dollon et de Bouloire, et obligé d'abandonner le village. Les Allemands marchent alors sur Gonnerré et sont arrêtés par la résistance vigoureuse du 26", qui a pu atteindre une bonne position où il est renforcé par le 90" mobiles (l*'et 2" bataillons de la Corrèze, et 5" bataillon de la Sarthe) , sous les ordres du colonel Feujeas, dont l'énergie les maintient jusqu'à la nuit. .

Sur la route de la Ferté-Bernard une autre attaque très-vive avait été repoussée par le lieutenant-colonel Roux , quand vers le soir l'ennemi , maître de Vouvray qu'il incendie, et ayant repoussé le bataillon de l'Aude qui le gardait, prononce un mouvement sur notre flanc droit. La menace était des plus sérieuses et le moment critique. Le lieutenant-colonel Roux, le commandant Lombard du 13' chasseurs à pied, et le chef d'escadrons Dubuquoydu 6" dragons, donnant l'exemple aux troupes, les entraînent à une offensive vigoureuse et refoulent l'ennemi, la baïonnette dans les reins, jusque dans les bois d'où il était sorti. La colonne dégagée peut dès lors se replier sur Gonnerré, protégée par l'artillerie, que l'intensité de la neige qui ne cessait depuis le matin avait jusque-là emjSéchée d'agir.

A la nuit tombante, les fusiliers marins et le 19" de ligne qui gardaient la barricade de la Touche-de-Veau, à

l'intersection de la route de Gonnerré au Breil, et de celle de Thorigné à Soulitré, tentent une attaque contre Thorigné. Un ordre, qui ne parvient pas en temps utile aux troupes de renfort, fait échouer cette opération, malgré le courage et le dévouement des marins , qui parviennent néanmoins à se dégager en ramenant leurs blessés. A neuf heures du soir, l'ennemi se présente à son tour par la route de la Ferté, et ne peut en déloger le 5* bataillon de fusiliers marins qui la garde.

Tandis que ces faits se passaient en avant de Gonnerré, le 62" de hgne, de la division de Bretagne, avait été attaqué à la Belle-Inutile par des forces considérables, et obligé de reculer sur Saint-Mars, laissant entre les mains de l'ennemi une partie du convoi de la 1" division, qui avait été dirigé sur Montfort.

La fatigue des troupes était extrême, le temps n'avait pas cessé d'être très-mauvais depuis quelques jours, les hommes étaient mouillés sans pouvoir se sécher ; ce n'était qu'à grand'peine qu'ils trouvaient le moment de toucher leurs vivres, de préparer leurs aliments et de manger. D'un autre côté, l'ennemi se concentrait de plus en plus, et la résistance dans ces conditions devenait impossible. Le général Rousseau demanda alors à se retirer sur Montfort et Pont-de-Gennes. Sa division avait eu 24 tués , 98 blessés^ 756 hommes disparus, parmi lesquels 5 officiers blessés et 1 fait prisonnier. Le colonel Feujeas, malgré deux blessures, était resté à son poste de combat, et ne s'était retiré qu'après avoir eu son cheval tué sous lui. On a vu que du côté d'Ardenay la lutte avait été désavantageuse pour nous , et que la retraite s'était effectuée avec trop de précipitation. Le général en chef était depuis le matin sans nouvelles exactes des généraux Barry, de Curten et de Jouffroy, malgré le grand nombre d'officiers envoyés dans toutes les directions, et que l'état des routes

retardait. La seule communication rapide possible était par la ligne télégraphique qui fonctionnait encore , bien que difficilement, avec Château-du-Loir. La dépêche ci-dessous fut expédiée, à quatre heures trente -deux minutes, à l'amiral Jauréguiberry qui devait se trouver encore sur ce point :

«Un officier de cuirassiers, arrivant de Grand-Lucé, dit » avoir entendu le canon du côté de Gourdemanche. D'un » autre côté, le général Digard m'écrit de Grand-Lucé » que Montreuil-le-Henry serait encore occupé par la bri- » gade Thierry, et que le général de Jouffroy se serait » dirigé, avec son infanterie et son artillerie, sur Jupilles, » pour rallier le général Barry.

» L'ennemi occupe E vaille et Tresson , menaçant Pari- » gné-l'Evéque.

« Il résulte de cette situation, qu'à part quelques esca- V drons de cavalerie et quelques francs-tireurs à Parigné ?» et au Grand-Lucé, cette route sur le Mans n'est pas assez » sérieusement défendue. L'ennemi en profitera dès qu'il » en aura la conviction. Faites donc rechercher de suite le » général de Jouffroy en envoyant dans toutes les direc- » tions; donnez-lui l'ordre de faire occuper solidement » Parigné-Lévéque , et de se mettre en communication n avec le général de Colomb qui couche ce soir à Ardenay. « Faites aussi de nouveau rechercher le général Barry. Une » peut être bien loin, puisqu'il s'est replié de Chahaignes. Il » doit être à Jupilles ou dans la forêt de Bersay; donnez-lui » l'ordre de se replier sur Écommoy. Quant à vous, il ne » faut pas songer à marcher sur la Flèche ; l'important, si » vous ne pouvez tenir à Ghâteau-du-Loir jusqu'à votre » jonction avec Gurten, est de vous rabattre sur Écommoy, » pour de là rentrer dans nos lignes du Mans. Le mieux, » pour éviter une marche de flanc, est de marcher à votre » tour sur le flanc de l'ennemi, si de la Gliartre il se dirige

soit sur Grand-Lucé, soit sur Jupilles. Quant au général de Curten, en le prévenant de suite, vous pourrez savoir » à peu près à quelle heure il vous rejoindra à Ghâteau-du- » Loir demain. Une fois rallié avec le général Barry à » Écommoyet le général de Jouffroyà Grand-Lucé, vous » pourrez inquiéter sérieusement l'ennemi, et, dans tous » les cas, opérer votre retraite dans de bonnes conditions » le long du chemin de fer. »

Cette dépêche venait à peine d'être expédiée, quand la nouvelle arriva que le général Digard avait quitté Grand- Lucé avec sa brigade et s'était reporté sur le quartier général de la division de cavalerie, à la Rochère. En conséquence de tous ces événements, le général en chef donna, le 9 au soir, les instructions générales ci-après, qui résument la situation et prescrivent les mesures à prendre.

« Au {»rand quartier {jénc'ial du Mans, le 9 janvier (n» 208).

«Depuis quelques jours, l'ennemi a tâté toutes nos » positions sur i'Huisne, en avant de Montmirail et de » Saint-Galais, sur le Loir et à l'est du chemin de fer de » Tours au Mans.

» Aujourd'hui , qu'il a réuni des forces assez considé- » râbles, il marche sur le Mans, en descendant I'Huisne, » par la route de Saint-Galais , par celle de Montoire au M Grand-Lucé, tandis que des partis moins importants se » portent sur Bellesme, menaçant le chemin de fer d'Alen- ') çon , de Vibraye sur Gondrieux , de Bessé sur Tresson )' et Parigné, et sur les diverses positions qu'occupait la » division Curten sur la rive gauche du Loir.

» Si l'ennemi avance aussi effrontément, c'est, il est » pénible de l'avouer, parce que nous ne lui opposons » nulle part une résistance sérieuse, alors que nous dispo- » sons partout de forces au naoins égales aux siennes.

» La retraite ne mène à rien ; elle n'est que le principe » d'un désordre que nous devons éviter à tout prix.

» Il faut donc que dès demain , dans toutes les direc- » tions et sur tous les points à la fois, on reprenne l'offen- » sive.

» La cavalerie a abandonné ce soir, sans même avoir » reconnu les forces qu'elle croyait devant elle, sans par » conséquent avoir essayé la moindre résistance, les points » importants de Parigné-l'Évéque et du Grand-Lucé.

» Le général commandant la cavalerie fera une enquête ■ sur ces faits, et les officiers qui commandaient sur ces » points auront à rendre compte.

« Le général en chef a donné l'ordre au général Deplan- » que de faire reprendre cette nuit la position de Parigné, » et de porter demain au jour, sur ce point, toute une bri- » gade de la 1" division du 16* corps.

» La cavalerie se reportera sur Grand-Lucé, en se met- » tant en relation avec le général Jouffroy, qui a reçu » l'ordre de faire occuper fortement ce point par de » l'infanterie.

» Sur la rive droite du Loir, l'amiral Jauréguiberry, » avec les troupes dont il dispose, tout en protégeant la » retraite du général de Gurten, dirigera une attaque sur » le flanc gauche de l'ennemi, marchant de la Chartre sur » le Mans.

» Sur la route de Saint-Galais , le général de Colomb » fera attaquer l'ennemi à la pointe du jour, de façon à le » rejeter au delà d'Ardenay.

» Sur l'Huisne, le général Jaurès, se portant de sa périt sonne à Pont-de-Gennes, attaquera l'ennemi à Thorigné » et à Connerré.

» Nul ne doit songer à la retraite sur le Mans sans avoir » tenu jusqu'à la dernière extrémité.

» Ce n'est qu'alors que l'on pourrait songer à venir se

» replacer sur les positions de défense assignées primitive- » ment à chaque corps , et cela pour les défendre à » outrance.

» Le général en chef a été informé que de nombreux » fuyards , la plupart des divisions Barry et Joùffroy, » étaient déjà rencontrés sur les routes aboutissant au » Mans; il rend les généraux et chefs de corps respon- » sables de ces débâcles que rien ne justifie, et que de n l'énergie et quelques exemples immédiats peuvent ar- » réter.

» Le général Bourdillon portera demain, dès le matin, y> les deux régiments de gendarmerie sur toutes les routes » qui aboutissent au Mans dans les directions de Sargé, y» d'Yyré-l'Évêque, de Parigné, de Mulsanne et d'Arnage.

» Il fera arrêter, à quatre kilomètres de la ville, tous les r> hommes isolés ou détachements qui se présenteront , les T) réunira sous le commandement d'un officier, fera étai> blir des listes, assignera à chaque groupe un emplace- » ment, et rendra compte au général en èhef.

M La ville est consignée à partir de demain, et jusqu'à j) nouvel ordre, aux officiers et à la troupe.

5) Toute infraction sera punie avec la dernière rigueur.

» L'exécution de cet ordre est sous la responsabilité du » général commandant la division de réserve et la gen- » darmerie.

» Le général en chef a fait constater, par des officiers » envoyés aujourd'hui dans toutes les directions, que nulle » part le service d'avant-postes n'était fait convenable- » ment.

» Les officiers supérieurs, de jour, devront être person- » nellement responsables de ce service qu'ils ont à sur- » veiller.

n La cavalerie et les éclaireurs doivent pousser des » reconnaissances incessantes sur tous les chemins , dans

» toutes les directions, et au moins à quinze kilomètres >' au delà des lignes.

» Il n'y a point à alléguer le mauvais temps : il est le )' même pour tous, et les Prussiens ne s'en préoccupent » pas.

)' Le général Bourbaki a remporté une grande victoire )' à Villersexel, entre Vesoul et Montbéliard. »

En même temps qu'il donnait ces instructions, le général en chef prescrivait partout par le télégraphe qu'on eût à reprendre une vigoureuse offensive. Il fallait imposer à l'ennemi et éviter, surtout, ces retraites précipitées qui , avec des troupes nouvelles, tournent si facilement en panique et en débandade.

Au général de Colomb, qui, ne prévoyant pas pouvoir tenir sur la route de Saint-Galais, où il s'était porté avec des renforts, demandait à ramener la division Paris sur le plateau d'Auvours, il disait :

« Il faut, avant de songer à battre en retraite sur le » plateau d'Auvours , que le général Paris attaque à son » tour l'ennemi demain au jour, et tâche de le culbuter « au delà d'Ardenay. La position d'Auvours n'est qu'un » dernier refuge. Elle est déjà gardée par quelques troupes » du général Goujard. »

Un peu plus tard :

M Je réitère les ordres que j'ai déjà donnés. Je n'admets » la retraite sur Auvours que si vous êtes battu ; faites re- >i porter demain au jour la division Paris en avant. Il faut >» qu'elle attaque vigoureusement l'ennemi avant qu'il re- » prenne sa marche sur le Mans, et qu'elle réoccupe les " hauteurs d'Ardenay. »

Au général Jaurès, commandant le 21* corps, onze heures et demie du soir ' :

' Voir la note 19.

. LIVpE QUATRIÈME. — LE MANS. 297

«Je maintiens mes ordres; prenez tout ce qu'il vous n faudra de monde, et que demain on enlève les positions » abandonnées aujourd'hui par le général Rousseau. Char- » gez le général Goujard d'enlever Thorigné; je suis sûr )' qu'il réussira. »

Enfin, à l'amiral, le 10, à trois heures quarante-cinq minutes du matin :

« Le général de Jouffroy m'informe qu'il est à Grand- 1) Lucé avec sa division et la brigade Bayle; je lui prescris » de continuer sa retraite sur Parigné, afin d'attaquer la >' gauche de l'ennemi, qui est très-pressant sur la route de » Saint-Calais. Ildirigera sur Ecommoy les colonels Thierry, )' P'alcon et Marty, qui, à ce qu'il pense, doivent le rejoin- " dre à Grand-Lucé. Basez-vous donc sur ces renseigne- » ments pour opérer votre retraite et celle du général » Barry, en donnant une direction et un point de concen- )' tration au général de Gurten. »

En même temps le général en chef prescrivait au général Deplanque, commandant la Indivision du 16* corps restée en avant de Pontlieue , de reprendre Parigné au jour et de s'y maintenir.

Ce dernier mouvement fut exécuté par la 2* brigade (lieutenant-colonel Pereira), appuyée en arrière parla 1" brigade (colonel Ribell), qui devait prendre position entre Changé et l'Huisne. Le village de Changé restait occupé lui-même par un bataillon du 39* de marche et un du 62". De plus, le général de Roquebrune, à qui il restait une brigade de la 1'" division du 17* corps, l'autre ayant été renforcer le général de Jouffroy, vint remplacer la brigade Pereira et s'établir le long du chemin aux Bœufs, sa droite appuyée à la route de Parigné.

En exécution de ces ordres, le 10, à deux heures du matin , le 2^ bataillon du 39® de marche (capitaine Sombret) , se portait sur Parigné-l'Evéque et y entrait à quatre

heures et demie sans rencontrer de résistance. Le reste de la brigade avait suivi le mouvement; elle se composait du 3^ bataillon de marche de chasseurs à pied , de ce qui restait du 39® de marche et du 75* mobiles, de la légion des mobilisés de Maine-et-Loire, d'une batterie de mitrailleuses (19® du 10* régiment, capitaine Delahaye), et d'une batterie de 4 (la 24-* du 15* régiment, capitaine Dedouvres).

10 JANVIER. COMBAT DE PÉRIGNY-l'ÉVÊQUE.

Cette colonne, retardée parle mauvais état des chemins, très-glissants pour les hommes, les chevaux et surtout l'artillerie, n'arriva à Parigné qu'à neuf heures du matin. L'ennemi, profitant de la neige qui tombait à gros flocons et empêchait de voir au loin , s'était avancé sur le village et avait pu , sans être aperçu , s'établir dans une ferme sur la gauche, et dans le bois. A peine arrivé, le 3* de chasseurs à pied , qui formait l'avant-garde du colonel Pereira , fut reçu par un feu très- vif contre lequel il fit bonne contenance, tandis que les tirailleurs du 39* et ceux du 75* mobiles protégeaient la concentration de la colonne. On fut longtemps avant de pouvoir faire avancer deux pièces d'artillerie jusqu'au haut du village , d'où elles pouvaient battre la route de Grand-Lucé. Le feu de ces pièces arrêta un instant deux fortes colonnes ennemies qui apparaissaient dans cette direction. On en profita pour couvrir de sable et de fumier la route si glissante de Parigné et. pour amener le reste de l'artillerie. La batterie Dedouvres put ainsi contre-battre deux batteries allemandes établies l'une à l'ouest du village et l'autre au nord-ouest, à une distance de 1,500 mètres. En même temps le capitaine Delahaye, amenant ses mitrailleuses entre les premières maisons, ouvrait son feu sur les tirailleurs embusqués dans les bois qui couvrent les hauteurs à l'est, et bientôt sur deux nou-

velles batteries qu'il forçait à changer plusieurs fois de position. t

C'est à ce moment, vers onze heures du matin, qu'apparurent les troupes du général de Jouffroy, venant de Grand-Lucé ^ C'était le 70^ mobiles (Lot), amenant deux mitrailleuses et quatre pièces de 4, qui s'avançait jusqu'au haut du village. Le colonel Pereira put croire un instant à un secours sérieux devenant de plus en plus nécessaire, car l'ennemi apparaissait en force de tous les côtés. Malheureusement là devait se borner le renfort venant du général de Jouffroy. Le 45® de marche etle P'^bataillon de chasseurs, qui suivaient à une certaine distance le TO^mobiles, par suite d'un ordre mal transmis ou mal compris, avaient quitté la route qui mène directement sur Parigné , s'éloignant ainsi de cette direction. D'un autre côté, le général de Jouffroy craignant, dans le cas où les instructions données par le général en chef pour la reprise d'Ardenay ne seraient pas exécutées, de se heurter à Parigné contre des forces trop nombreuses , résolut de rentrer au Mans par Mulsanne. Cette décision devait avoir les conséquences les plus fâcheuses. En voyant arriver le 70* mobiles, le colonel Pereira fit immédiatement appuyer par un bataillon de ce régiment les tirailleurs du capitaine Sombret, postés dans les jardins et le long des haies en avant et au-dessous de notre artillerie, et surveiller les routes de Challes et de Volnay.

Vers midi, l'ennemi, augmentant en nombre, établissait un grand nombre de pièces sur les crêtes à l'est du village, et tentait de forcer notre gauche pour nous couper la retraite sur le Mans. Nos canons répondaient avec succès à ceux des Prussiens et l'affaire semblait en bonne voie, lorsqu'à une heure les troupes qui gardaient la vallée sur la droite sont surprises et enfoncées par une brusque atta-

* Voir la note 20.

que de l'infanterie ennemie , qui gravit les pentes à leur suite et entre dans le village par les rues perpendiculaires à la route. Les mobiles s'étaient jetés dans les maisons, et l'ennemi arrivait sur nos positions. La batterie de 4, attelée à la hâte, ne peut enlever une pièce presque entièrement démontée. Nous allons perdre de même cinq mitrailleuses, lorsque lé colonel Pereira, appelant à lui deux compagnies du 39" de marche qu'il avait en réserve au centre du village, et réunissant quelques mobiles, quelques artilleurs et des officiers qui ont ramassé des fusils, parvient à reprendre quatre de ces mitrailleuses; la cinquième, dont l'attelage avait été tué, ne peut être sauvée. Il n'y avait plus à songer à tenir : la 2* brigade de la 1'* division du 16* corps avait eu 1 officier tué, 15 blessés et 1,370 hommes tués , blessés ou disparus depuis le matin ; le lieutenant-colonel Pereira ordonna donc la retraite sur Ruaudin. Quant au 70" mobiles , après avoir été repoussé par la brusque attaque de l'infanterie prussienne, il s'était rallié, avait repris l'offensive et reconquis ses pièces, un instant aux mains de l'ennemi. Il s'était ensuite retiré sur Brette après des pertes très-sensibles , et avait rejoint la colonne de Jouffroy.

L'ennemi, maître de Parigné , continua sa marche sur le Mans et vint se heurter contre les deux brigades placées sur la route en avant de Pontlieue et à hauteur de Giiangé. Le général de Roquebrune s'apprêtait, vers deux heures, à se porter au canon qu'il entendait en avant de lui , lorsqu'une partie des troupes débandées de la brigade Pereira apparurent sur la route de Parigné, poursuivies par une forte colonne ennemie '. Deux pièces de 7 et deux mitrailleuses, placées dans une bonne position et enfilant la route, suffirent pour arrêter la marche de cette colonne,

» Voir la note n° 21.

qui se jeta dans les bois, à trois kilomètres de nos lignes, et s'y établit sans essayer de nouvelles attaques ce jour-là.

Page 1