‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 195 sur 302 · COMBATS DE SAINT-HUBERT ET DE CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

COMBATS DE SAINT-HUBERT ET DE CHAMPAGNE

A Yvré-l'Évéque , la division de Bretagne avait reçu l'ordre de reprendre l'offensive. Renforcée du 1" bataillon des volontaires de l'Ouest et du bataillon des Gôtes-du- Nord, elle se porta résolument en avant, et, bientôt engagée, elle repoussa l'ennemi au delà de la ferme de Saint-Hubert, où elle se maintint jusqu'à cinq heures du soir sans être entamée. A la nuit, le général Goujard, craignant un mouvement sur ses ailes qui n'étaient pas suffisamment appuyées, se retira sur Yvré-l'Évéque pour occuper fortement la passerelle des Arches , les ponts de l'Huisne, les hauteurs de Luart, de la Croix et des Berroises, avec un fort avant-poste à la gare d'Yvré.

Dans la soirée , le détachement de Champagne , subitement attaqué , avait abandonné cette position si importante pour la défense du plateau d'Auvours. Le général en chef, prévenu de ce fait, donna l'ordre de réoccuper ce

village à tout prix : le colonel Bell y pénétra dans la nuit et s'y barricada ' .

Sur la route de Saint-Galais , la 2' division du 17* corps, renonçant trop tôt à un nouvel effort sur Ardenay malgré l'ordre donné , effort qui eût été si utile pour inquiéter l'ennemi dans ses attaques sur Changé , était restée sur le plateau d'Auvours où elle s'était établie, sa droite appuyée à l'extrémité sud du plateau , sa gauche s'étendant vers le nord, sur des hauteurs qui dominent la vallée de l'Huisne^.

Le général de Jouffroy , par suite du détour qu'il était obligé de faire en opérant sa retraite par Mulsanne, alors qu'il aurait dû se porter directement sur ses positions audessus de Changé par Parigné , n'arriva que le soir sur le plateau de Pontlieue ; il eut de plus le tort de ramener ses troupes jusque dans le faubourg et même de les engager dans la ville. Leur fatigue était extrême, il faut le reconnaître , les distributions ne leur avaient pas été faites exactement par suite d'une mauvaise direction donnée au convoi : mais, quelles que fussent les insistances du général pour obtenir de leur faire passer la Sarthe et de leur donner un repos qu'elles avaient bien mérité, le commandant en chef, qui sentait qu'une action générale aurait lieu le lendemain et qu'il lui fallait toutes les forces dont il disposait pour combattre, dut maintenir ses premiers ordres et prescrire au général de Jouffroy de distribuer immédiatement des vivres et de prendre ses dispositions pour se trouver, dès les premières heures du jour , sur les emplacements qui lui avaient été assignés'. Le général Barry était arrivé à Écommoy, que quelques-uns de ses corps avaient dépassé. L'ordre lui fut donné de rallier toutes ses troupes à Mulsanne, d'y attendre les ordres de l'amiral,

* Voir la note 23.

2 Voir la note 24.

3 Voir la note 25.

et de se porter au canon dès qu'il l'entendrait, quelle que l'ùt la direction, s'il n'avait pas le temps d'arriver à hauteur d'Arnage pour prendre sa place dans les lignes confiées à la défense du 16* corps, en avant de Pontlieue.

Quant au général de Gurten , qui avait trop de chemin à faire pour arriver sur les mêmes positions avant la bataille , il lui fut prescrit de continuer sa retraite sur la Suze, tandis que la colonne du général Gléret, qui avait été momentanément sous ses ordres , se repliait sur la lioire pour défendre le Val contre les partis ennemis qui chercheraient à dépasser Tours.

POSITIONS DE l'armée LE 10 JANVIER AU SOIR.

Ainsi donc, le 10 au soir, à peu d'exceptions près, toute l'armée se trouvait réunie autour du Mans , et tout présageait pour le lendemain une bataille importante. Les troupes restées sur les positions pendant les opérations des colonnes mobiles, n'avaient pas perdu leur temps : partout elles avaient préparé des épaulements pour les batteries , des tranchées et des abatis pour la défense des lignes , coupé les routes et les chemins ; les corps s'étaient complétés le plus possible en effectif, en vivres , en effets de toute nature et en munitions. L'artillerie avait reçu de nouvelles batteries de mitrailleuses et de canons de 7 , et complété ses attelages; la cavalerie avait pu tirer des divers dépôts un renfort assez important en chevaux et en hommes. A part les nombreux varioleux, dont le déplacement était impossible , les malades et les blessés avaient été évacués au loin sur les derrières. Le camp de Conlie, dont l'organisation n'avait rien produit de sérieux, avait été levé d'après les ordres du ministre et sur la demande du général de Marivault, qui le commandait, après avoir fourni à la deuxième armée tout ce qu'on avait pu en tirer

et renvoyé dans les diverses villes de Bretagne la majeure

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