‹ La deuxième armée de la LoireChapitre 36 sur 302 · LIVRE PREMIER. — ORLEANS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — ORLEANS

au général d'Awelle de Paladines Ja dépêche ci-après , pour obtenir, tout au moins, de rectifier des positions qui étaient devenues intenables pour nos troupes par suite des boues, des maladies et du manque absolu de ressources dans les villages et les fermes si dévastés que nous occupions.

« Mon général ,

» J'ai déjà eu l'honneur d'appeler à diverses reprises » votre attention sur les mouvements que l'ennemi opé- » rait en avant de nous , depuis notre arrivée sur les posi- » tiens que nous occupons en ce moment.

» Une armée qui paraît commandée par le grand-duc » de Mecklembourg, ainsi qu'il résulte du document que » je vous ai communiqué, et qui serait assez considérable, » puisque les renseignements arrivant de divers côtés » l'évaluent à soixante ou quatre-vingt mille hommes, » s'est portée des environs d'Etampes sur Chartres, en » masquant son mouvement par les deux divisions de ca- » Valérie prince Albrecht et Stolberg.

» Aujourd'hui cette armée , qui s'établit solidement à i> Chartres , a commencé ses opérations vers l'Ouest sur » toute la ligne d'Ilhers à Dreux et jusqu'à Evreux, ayant » à sa gauche la division de cavalerie prince Albrecht, qui » bat tout le pays en avant de la Gonie et de Bonneval » pour contenir les forces que nous avons à Châteaudun » et dans le Perche , observant ainsi l'aile gauche de l'ar- » mée de la Loire , tandis que la division de cavalerie » Stolberg , qui paraît être restée aux environs de Toury » et de Janville, d'où elle opère jusqu'à Orgères, » masque tout ce qui se fait le long du chemin de Ivr » d'Orléans à Paris et observe notre aile droite, en atten- » dant sans doute que les renforts venant de l'Est aient » mis la seconde armée prussienne , que nous avons de-

» vant nous, en mesure d'entreprendre les opérations

» qu'elle combine soit sur Orléans, soit sur Nevers.

» Telle est l'appréciation que je me suis faite des dis- » positions de l'ennemi, d'après les seuls renseignements » que j'ai pu recueillir directement, car il ne m'en a été » fourni aucun autre jusqu'ici.

» Cette appréciation, je crois nécessaire de vous la com- » muniquer , pour que , si vous le jugez convenable , vous » puissiez la rectifier dans le cas où elle ne serait point » exacte , parce qu'elle domine dans les dispositions que » j'ai à prendre pour organiser l'action que le 16* corps » doit avoir, soit pour la défensive, soit pour l'offensive.

» Une étude approfondie du pays que j'ai devant moi , » des positions que j'occupe et des éventualités qui » peuvent surgir , m'amène à penser qu'il serait en toutes » circonstances préférable d'avancer le 16* corps jusqu'à » hauteur de Patay , de façon à occuper par notre gauche » une partie de la ligne de la Conie que j'ai visitée, et » qui est incontestablement la meilleure défense de cette , » contrée.

» Nous protégerions ainsi la grande route de Cliâteaudun » à Orléans qui peut seule assurer nos communications » avec le 17* corps, nous relier avec les troupes qui sont » à Châteaudun et dans le Perche , et nous permettre de » couvrir à la fois Orléans , Vendôme , et par suite Blois et » Tours , tout en nous reliant avec les forces de l'Ouest, » sans cependant nous disséminer, en vue de l'effort que » l'armée ennemie venant d'Étampes et de l'Est pourrait » tenter soit sur notre aile droite , soit sur un point quel- » conque de notre ligne.

» Si vous approuviez ce mouvement , je pourrais pous- » ser mes avant-postes sur «la deuxième branche de la » Conie, que je ferais occuper par tous mes corps de » francs-tireurs et un rideau de cavalerie , de façon à ce

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