‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 187 sur 221 · Cœur admir(dilc, liv. 11, rh · texte numérisé non relu

Cœur admir(dilc, liv. 11, rh

PRATIQUE DK LA DiiVOTION 449

« Considérez, dit-il, que ce Cœur virginal de la Mère de Dieu est le fidèle dépositaire de tous les mystères et de toutes les merveilles, qui sont dans la vie de notie Sauveur, selon ce témoignage de saint Luc : Et Mater ejas conservabai omnia verba hssc conferens in Corde siio. C'est un livre vivant et un évangile éternel dans lequel le Saint-Esprit a écrit en lettres d'or cotte vie admirable C'est dans ce livre de vie que nous devons sans cesse étudier, pour apprendre à connaître parfaitement, et à aimer ardemment la beauté ravissante de toutes les vertus chréliennes, dont la pratique donne la véritable vie. Mais surtout nous y devons étudier les excellences merveilleuses de la sainte humilité, avec les moyens de la pratiquer et d'écraser entièrement dans nos cœurs le maudit seipent de l'orgueil et de la vanité, qui fait un si effroyable ravage, non seulement dans les âmes des enfants de perdition, mais même dans les cœurs des enfants de Dieu (i). »

L'imitation du Cœur de Marie n'est possible que dans la mesure oii ses perfections nous sont connues. C'est donc un devoir pour nous de l'étudier avec soin. Le P. Eudes nous y exhorte fréquemment. Il conseille spécialement de prendre de temps à autre comme sujet de méditation les vertus du Cœur de Marie et en particulier celles qui sont énumérées dans la première partie de Y Ave, Cor sanetisslnium.

^. Cœur admirabh, liv. il, raéJitation pour le 5* jour d( Octave.

Clffil n D.'î MAillE. — 29.

450 KlUDt: DOCTRINALE

lil. |,x DKPKNDA.NCK A LF.GAIU) DU CŒUR DK MARI»;

Rôle du Cœur de Marie dans le développement de la vie chrélienne. — Néceâbilé de renoncer à soi-même et de se souinettie à son action.

Dans l'ordre moral, comme dans l'ordre physiologique, la vie procède du cœur. C'est dans le Cœur de Jésus qu'il faut chercher le principe de la vie du divin Maître, de ses pensées et de ses affections, de ses actions et de ses mystères, de ses joies et de ses souffrances. C'est à lui qu'il faut remonter pour trouver le principe de la plénitude de vie divine que nous admirons dans le Cœur de Marie. C'est de lui aussi que procède ce que nous possédons nousmêmes de vie surnaturelle, en sorte que notre vie n'est qu'un écoulement et comme un prolongement de la sienne.

Mais nous avons vu que le divin Maître a associé sa Mère à tout ce qu'il a fait pour notre salut et que c'est par son entremise qu'il nous communique toutes les grâces que nous recevons. Le Cœur de Marie concourt donc avec le Cœur de Jésus à nous faire vivre de la vie surnaturelle, et c'est dans ce sens, nous l'avons expliqué, qu'on peut dire qu'il est le cœur de l'Eglise, ou, ce qui revient au même, ie cœur de notre cœur.

Les conséquences pratiques de cette doctrine sont faciles à saisir.

La piemière, c'est qu'il faut travailler à détruire en nous tout ce qui s'oppose à l'action de Marie et à

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celle de son divin Fils, c'est-à-dire, l'amour-propre, l'esprit propre, la volonté propre, et tout ce que dans le langage de la spiritualité on appelle la chair ou le vieil homme.

La seconde, c'est qu'il faut nous efforcer d'entrer dans les sentiments et les vertus du Cœur de Marie.

La troisième, c'est qu'il faut livrer notre cœur au Cœur de Marie et à celui de Jésus, en les priant d en prendre possession, d'y détruire tout ce qui leur déplaît et d'en diriger toute l'activité. Ce serait, en effet, une étrange illusion que de compter sur nos efforts et sur nos petites industries pour arriver à réformer les dispositions de notre cœur. Bien qu'il ne puisse s'accomplir sans notre coopération, ce travail est avant tout l'œuvre de Jésus et de Marie et le meilleur moyen d'en hâter la réalisation, c'est de nous donner à eux et de nous laisser conduire par eux avec la docilité d'un enfant.

« Donnez souvent votre cœur à cette Reine des Cœurs consacrés à Jésus, dit le P. Eudes en parlant de Marie, et la suppliez d'en prendre une pleine et entière possession, pour le donner totalement à son Fils, pour y graver ses sentiments, pour l'orner de ses vertus, et pour le faire selon le Cœur du Fils et de la Mère (i). »

On trouve dans le Cœur admirable beaucoup de textes où cette donation est formulée d une manière très précise et très pieuse. En voici quelques exemples :

i. Cœur admirable, liv. 11. ch. i.

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« 0 Vierge sainte, remplissez nos cœurs de ce divin Esprit dont le vôtre est tout comblé. Faites que nous recevions de votre plénitude, que notre propre esprit soit anéanti en nous, et que l'esprit de votre Fils y soit établi parfaitement ; que nous ne vivions plus, que nous ne parlions plus, que nous n'agissions plus que par le mouvement et la conduite de Jésus (1). »

« 0 très Sacrée Mère de Dieu, nêles-vous pas ma vraie Mère et ne suis-je pas votre pauvre enfant, quoique infiniment indigne, et le cœur de l'enfant ne doit-il pas être semblable au Cœur de la Mère ? Et néanmoins vous voyez la dissemblance du vôtre au mien 0 Mère de miséricorde, ayez pitié de ma misère. Je vous offre et vous donne entièrement mon misérable cœur. Je vous supplie par toutes les bontés de votre Cœur maternel de détruire totalement dans le cœur de votre indigne enfant tout ce qui vous y déplaît et dy graver une image parfaite des saintes qualités du Sacré Cœur de sa très honorée Mère (2). »

« 0 ma très puissante Reine, je votis donne mon cœur, imprimez-y une participation de la haine infinie que vous avez contre le péché. Rompez les liens et brisez les chaînes de ce pauvre esclave. Détachezle entièrement du monde, de sa propre volonté et de tout ce qui déplaît à Dieu. Donnez-le à la divine volonté et la priez d'y établir son règne absolument

r Cœur admirable, liv. 5 eh. ^0.

2. Cœur admirable, liv. H, rncdilation pour le 2' jour de 1 octave.

PUATIQUE l)K LA L'KVOTION 4o3

€t pour jamais, afin qu'à votre imitation, je n'aie plus qu'un esprit, qu'une volonté et qu'un cœur avec mon très aimable Père (1). »

Ces dernières paroles nous rappellent l'une des plus glorieuses prérogatives du Cœur de Marie, sa royauté sur les âmes rachetées par le sang de son Fils. Cette royauté ne s'exerce en fait que dans les âmes entièrement mortes à elles-mêmes et dont la Sainte Vierge dispose à son gré. C'est pourquoi le P. Eudes recommande à ses disciples de pousser jusqu'à ses dernières limites la pratique du renoncement, et, pour que leurs efforts puissent aboutir, ce qu'il conseille surtout c'est de demander à Marie d' u anéantir » en nous tout ce qui gêne son action et d'y établir elle-même son souverain domaine.

« 0 Reine de mon cœur, s'écrie-t-il dans le Cœur admirable, je vous offre mon misérable cœur, et je vous conjure par toutes les bontés du vôtre, d'employer toute la puissance que Dieu vous a donnée, pour y écraser à quelque prix que ce soit, et y anéantir totalement tout ce qui déplaît à votre Fils, et pour y établir parfaitement le souverain empire de son Cœur et du vôtre, afin que ces deux Cœurs, qui ne sont qu'un cœur, régnent incessamment, souverainement et éternellement dans mon cœur, pour la pure gloire elle seul contentement de lasainteTrinité(2). »

1. Cœur admirable, liv. U, méditation pour !e 3" jour de J'octave.

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