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valeur, il a besoin d'en considérer séparément les éléments et les aspects divers. C'e^t ce besoin de notre nature qui a poussé les fidèles à ne pas se contenter pour honorer Marie de la dévotion générale, qui s "étend à toute sa personne et à toute sa vie. Ils ont voulu contempler à part les principaux litres d'honneur que la foi nous montre en elle, et c'est ce qui a donné naissance à ces dévotions spéciales, que nous voyons paraître successivement dans le cours des âges. Elles ont l'avantage de placer devant nos yeux un objet restreint, dont il nous est plus facile d'embrasser d'un coup d'oeil toute la beauté. Par le fait même qu'elle s'attache à un objet spécial, la dévotion au Cœur de Marie a donc quelque chose de plus net et de plus précis que la dévotion générale que les fidèles ont pour la Sainte Vierge.
Et pourtant, elle se rapproche un peu de celleci. Cela tient à la nature de son objet propre. Cet objet, c'est le Cœur de Marie et nous savons maintenant que ce qu'il faut entendre parce mot: c'est à la fois le Cœur corporel de la Bienheureuse Vierge et la partie supérieure de son âme sainte avec la charité qui l'embiase de ses anleurs, mais aussi avec toutes les perfections et toutes les vertus dont elle est ornée et tous les actes dont elle est le principe. Tout en restant spécial, l'objet de notre dévotion a donc un rayonnement et une ampleur qui la rapprochent de la dévotion générale à la Sainte "Vierge. Elle s'étend en effet à toutes les grandeurs «t à tous les mvslères de la Mère de Jésus, bien
CONCLUSION Mil
qu'elle les envisage, non dan s leur collectivité, comme la dévotion générale, ni non plus séparément, comme le font les autres dévotions spéciales, mais dans leur principe et leur centre. Et c'est pour cette raison, croyons-nous, que, de nos jours, la dévotion générale à la Sainte Vierge tend de plus en plus à prendre la forme de la dévotion au Cœur de Marie.
Ces considérations nous montrent déjà l'un des caractères qui distinguent notre dévotion des autres dévotions spéciales par lesquelles nous honorons Marie. Celles ci s'attachent à l'un des privilèges de la Sainte Vierge, à son immaculée conception, par exemple, et elles nous invitent à concentrer sur lui nos pensées et nos affections. Sans s'arrêter en particulier à aucun d'entre eux, la dévotion au Cœur de Marie s'étend cependant à tous, parce que, comme nous venons de le dire, en présentant à notie vénération le Cœur de la Bienheureuse Vierge, elle nous montre le principe d'où ils procèdent et le sujet qui les supporte. Elle est donc la plus laige et la plus compréhensive de toutes les formes spéciales qu'a prises la dévotion à Marie.
Elle est en même temps la plus excellente, la plus suave et la plus sanctifiante. La plus excellente, parce que ce qu il y a de plus grand et de plus beau en Marie, c'estassurément son Cœur. Lapins suave, parce que ce qu'elle nous fait surtout envisager dans le Cœur de Marie, c'est son amour pour Dieu et pour nous, et que, dans la Sainte Vierge, il n'y arien qui ait autant d'efficacité pour exciter notre piété et nous remplir le cœur de consolation et de joie. La plus
sanctifiante, parce que, d'une part, elle tend directement à développer dans nos âmes le feu de la divine charité, et que, d'autre part, quand elle est bien comprise, elle nous excite à pratiquer toutes les vertus chrétiennes, dont elle nous montre dans le Cœur de Marie un modèle achevé.
Par ailleurs, le Cœur de Marie renferme tant de merveilles et peut être envisagé à tant de points de vue que la dévotion dont il est l'objet répond, mieux que tonte autre, aux divers besoins des âmes. Elle convient aux pécheurs (jui trouvent dans le Cœur miséricordieux de Marie un refuge assuré, aux âmes pieuses qui y trouvent des leçons de la piété la plus ardente et la plus généreuse, aux âmes éprouvées qui se consolent à la vue des douleurs dont il a été saturé, enfin aux âmes intérieuî'es qu'elle initie à celte union intime et constante avec le divin Maître, qui forme l'objet de tous leurs vœux.
Ajoutons que la dévotion au Cœur de Marie est le complément nécessaire de toutes les autres formes de la dévotion mariale et que c'est elle qui les anime et les vivifie. Impossible en effet d'avoir rinlclligence des mystères particuliers qui en sont l'objet, quand on s'arrête à considérer, si l'on peut ainsi dire, le fait matériel qui les constitue. H faut aller plus loin et scruter le retentissement qu'il a eu dans l'âme de Marie, les pensées et les sentiments qu'il y a fait naître, les grâces dont il l'a enrichie et n'est-ce pas là pénétrer dans le Cœur de la Sainte Vierge pour en admirer et vénérer la vie intime? Le bienheureux Jean Eudes lavait parfaitement com-