‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 194 sur 221 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La fête du très saint Cœur de la Bienheureuse Vierge. — De l'Ave. Cor sanclissiiimin et de cette ijrièrc ; Sancla Maria Vir^o cai data est omnis potestas, etc.

La sœur Marit* ayant su que quelques personnes murmuraient contre la fête du très saint Cœur de la Bienheureuse Vierge qui se fait le 8 de février, elle en parla à >otre-Seigneur qui lui dit que c'était lui qu'il l'avait inspirée et qu'il châtierait ceux qui s'y opposeraient ; cl la Sainte Vierge dit que cette fètc lui était très agréable et cju'cUe enverrait de;; étincelles du l'eu sacré dont son Cœur est embrasé dan.s le

I. « Voir ci dessus, p. 64, 67. Relativement au texte que nous citons, nous ferons remarquer que dans le Mémoire du P. Eudes les révélations de Marie des Vallées sont disposées dans un ordre logique et distribuées en 12 livres. Le livre VII a pour objet, comme l'indique le titre, la Sainte Vierge, les anges et les saints, et le chapitre III roule sur la dévotion au Cœur de Marie. Etant donné l'ordre suivi par lui, le Bienheureux a dû y grouper toutes les révélations relatives à sa chère dévotion. C'est toujours à ce chapitre, en effet, que stt réfèrent ses adversaires, preuve évidente que dans le manuscrit du P. Eudes ils n'ont rien trouvé ailleurs qui se rapportât à la dévotiou qu'ils attaquent. 11 est aisé de constater du reste quf, sauf la prédiction que la fête nouvelle « serait un jour une autre solennité du Saint Sacrement ». on y trouve toutes les révélations sur lesquelles ils reprochent au P. Eudes de s'appuyer. Quant à la dévotion au Cœur de Jésus, hormis la mention que renferme le tevte cité ici, il n'en est question nulle part dans la Vie de Marie des Vallées. Dans certains jiassages il est question, il est vrai, du (.!(eur de Jésus, comme il arrive dans la \'n' de beaucoup de saints; mais nulle part, du moin.c à notre connaissance, il n'est question d'une dévotion ou d'une fête à établir en son honneur.

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cœur de ceux qui la cclébreroDl, aOri de les écbaulTcr en Panirmr divin, sils sont tièdcs. de les enflaninier s'ils sont échauflos et do les embraser, s'ils sont enflammés. Elle dit aussi que le Cœur de son Fils, ccsl son Cœur, et qu'ainsi, en cclébi-ant la fête de son Cœur, on célèbre la fêle du très adorable Cœur de son Fils.

Lan lt54G. durant loclave de colle fètc, la Sainte Vierge lui ordonna de dire tous les jours le Magnificat en action de grâces à la très sainte Trinité pour toutes les grâces qu'elle a faites à son Fils, qui est son vrai cœur, et à elle, et, par eux à tout le monde, comme aussi de dire tous les jours sept fois le Pater et l'.lt'e pour demander à Dieu qu'il délivrât l'Eglise qui est possédée en plusieurs de ses membres des sept péchés capitaux.

Dans une autre occasion, Notre-Seigneur lui dit que le Cœur de sa sainte Mère est dans le très Saint Sacrement et qu'on l'y peut adorer, parce que son hun)anité est le Cœur de sa Bienheureuse Mère.

On lui fait [dire] quelquefois une salutation qui a été composée par le P. E., et qui commence par ces paroles : Ave, Cor sanctissimnm, et ?îotre-Dame lui a dit qu'elle lui est très agréable et qu'elle donnera à tous ceux qui la diront des désii^s de se purifier de plus en plus de toutes sortes de péchés, afin d'être mieux disposés pour recevoir les dons, grâces et bénédictions divines...

Dans le reste du chapitre, il n'est plus question de la dévotion, an Cœur de Marie.

Exercice spirituel pour honorer le saint et sacré Gœin

de Marie. Mère de Jésus, et pour impétrer par son

assistance de la miséricorde de Dieu de bons

Pasteurs et de bons Prêtres pour son Eglise (1)

La plus grando et 1« plus terrible marque de la colère de Dieu contre son peuple est quand il permet qu'en punition de ses péchés il soit prive de bons pasteurs et de saints prêtres. qui travaillent avec zèle et vigilance par la sainteté de leur vie et de leur doctiine à retirer les âmes de [la] perdition et à les acheminer dans la voie du salut. C'est ce que Dieu vent nous donner à entendre quand il dit par la bouche de son prophète Jérémie 3 : ConTer(i!:srz-j)ous à moi et je nous donnerai des Pasicars selon mon cœur. A raison de quoi il est tiès certain qu'il n'y a rien de plus important pour la sanctiiication dn nom de Dieu, pour l'établissement de son règne, pour la destruction de l'empire de Satan, pour l'édification de l'Eglise, pour arrêter ce torrent impétueux ou plutôt cet horrible déluge de vices, qui inonde aujourd'hui presque toute la terre, et povu' faire renaître la beauté des vertus chrétiennes, que le bon exemple et la sainte vie des ecclésiastiques.

C'est pourquoi afin d'apaiser la juste colère de Dieu et d'obtenir de sa bonté qu'il anime de son divin esprit tous les pasteurs et tous les prêtres qui sont dans son Eglise et qu'il en suscite encore plusieurs autres qui soient embrasés du zèle

1. Cet exercice est entrait de l'édition du livre do la Dévotion au très sacré Cœur et au très saint nom de la Bienheureuse Vierge, putiliéek Dijon en 1654. Sauf la mention de la réunion des Dames de la Charité de Dijon à la Sainte Ctiapolle, il est en enliei- du 1*. Eudes. I.e lîienhenreux l'avait composé pour les membres des confréries du Cœur de Marie qu'il érif,'eait dans ses missions. On y trouve, sous le titre d'élévation, la consécration au Cœur de Marie en usa?e dans ces pieuses associations. Nous ne doutions nullement qu'elle fût l'œuvre du P. Eudes, mais nous n'en avions pas de preuve positive. Le livre de Dijon nous en fournit une, qui est pércinploire. Sur ce livre voir ci-dessu.s, p. 105 sq.

de sa gloire ot d'une soif très ardente du salut des àtnes de tous les chrétiens ; ils devraient sans cesse prier et faire toutes sortes de bonnes œuvres pour fléchir Ja miséricorde divine et l'obliger d'avoir pitié de tant de pauvres ànies rachetées du précieux sang de Jésus-Christ, qui se perdent tous les jours, faute de personnes qui leur prêtent la main. Pour réussir dans ce dessein avec plus de facilité, voici un petit exercice qui en fournira les moyens à ceux qui auront assez de /èlc {et] de piété pour s'en vouloir servir.

Il s'appelle : Exercice pour honori'r lé saint et sacré Otnr de Marie, Mère de Jésus.

1. Parce que sa fin principale est d'honorer ce très aimable Cœur et d'exciter tout le monde à lui porter une dévotion spé- <:iale, et à tâcher d'imprimer en son cœur une parfaite image des vertus et des divines qualités dont ce saint Cœur est orné.

2. D'autant qu'on ne saurait rendre un plus grand honneur ni faire rien de plus agréable à ce très saint Ca^ur que de l'employer à demander à Dieu qu'il donne à son Eglise des Pasteurs et des Prêtres selon son Cœur.

Ce que doivent faire ceux qui veulent honorer le 1res sainl Cœur de la Mère du Sauveur et obtenir de Dieu pour son Eglise des Pasteurs et des Préires selon son Cœur.

Ils sont exhortés et priés au nom et pour l'amour de ce très bénin Cœur de la Mère d'amour :

1. De prendre une puissante résolution et la renouveler souvent, d'imiter et graver dans leur cœur et dans leur vie, autant qu'ils pourront, les douze principales qualités ou vertus émiiicntes du très saint Cœur de la Bienheureuse Vierge marquées dans les douze premiers versets de la salutation. Ave, Cor sanciissimum.

2. Daccompagner avec dévotion le Saint-Sacrement quand on le portera aux malades, se souvenant qu il contient en soi le très sacré Cœur de iMarie, c'est-à-dire, son Fils Jésus, qui est le cœur de son Cœur.

3. De visiter, consoler et assister corporcllemcnl et spirituellement les pauvres malades, les prisonniers et autres affligés, regardant en eux noire Seigneur Jésus, qui est le vrai Cœur de Marie.

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