PREFACE
Depuis deux siècles la dévoliou au Cœur de Jésus a été le sujet de uoinbrcux et importants travaux. Sans parler des livres de piété de:r^linés à en vulgariser la pratique, beaucoup d'écrivains out rivalisé de zèle pour en exposer la théorie et en raconter l'origine et les progrès.
Il n'en est pas de niêmc de la <lévolion au Goîur de Marie.
Habitués à la considérer comme une « suite naturelle » de la dévotion au Cœur de Jésus, la plupart des écrivains qui se sont occupés de celle-ci lui out consacré un ou plusieurs chapitres à la fin de leurs ouvrages. Il en est bien peu qui en aient traité à part et généralement ceux qui ro«t fait se soTit placés à peu près uniquement au point de vue de la piété
Aussi l'histoire de cette dévotion est-elle peu connue. On sait vaguement que, sous sa forme actuelle, elle remonte au bienheureux Jean Eudes ; mais les efforts qu'il a déployés pour l'organiser et la répandre, les recherches qu'il a faites pour en montrer le fondement dans la tradition catholique et eu suivre la marche progressive à travers ^es siècles, l'influence que ses ouvrages ont exercée sur ceux qui, après lui, se sont faits les champions de sa chère dévotion, voilà autant de questions qui jusqu'ici n'ont retenu rattentioji que d'un petit nombre d'érudits et que le piiblic ignore à peu près complitemenl.
L'histoire de la dévotion depuis la mort du Bienheu-
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reux n'est guère mieux connue. Dans son livre De ratioiiibus fesloriim, le P. Nilles a raconté les démarches faite» eu cour de Rome pour obtenir l'approbation de la fête du Cœur de Mûrie. Dans sou Elude sur le Sacié-Cœur, le P. Lclierce a mis en lumière la part prise par les Pères Jésuites et les Religieuses de la Visitation à la propagaliou de notre dévotion ; mais jusqu'ici, en Fjance du moins, personne n'a essayé d'en laconter l'histoire d'une manière un peu complète.
Quant h la théorie de la dévotion, les écrivains qui s'en occupent l'exposent en général d'une manière très sommaire : ils se contentent d'appliquer à la dévotion au Cœur de Marie les principes sur lesquels repose la dévotion au Cœur de Jésus. Depuis le bienheureux Jean Eudes, nous ne connaissons que M. Sauvé, S. S., qui lui ait consacré un ouvrage un peu développé.
Telles sont les raisons qui nous ont déterminé à eomposer notre livre sur la dévotion au Cœur de Marie. Cette dévotion nous est chère. Nous voudrions en raconter l'histoire, autant du moins que le permettent les données actuellement dans le domaiuc public, et en exposer la théorie d'une manière assez large pour en faire connaître l'objet propre dans toute sa beauté.
Le bienheureux Jean Eudes occupera dans notre travail une place considérable. S'il est, en effet, comme l'a proclamé Pie X. le Père, le Doc leur et l'Apôt/'C de la dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, il est tout spéciakujent le Docteur et l'Apôtre de la dévotion au Cœur de Marie. Jusqu'en 1072, c'est elle surtout qui fut objet de son apostolat. 11 a mis à la propager toute 1 ardeur d'un zèle qui ne reculait devant aucun obstacle, et nul ne l'a expliquée avec }>lus de science et d'autorité, ni défendue avec plus d'énergie.
Après le Bienheureux, d'autre.s sont ve^nus qui eot
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coulinué son œuvre. Nous nous efforcerons de leur rendre pleine justice, et s'il nous arrive, eu cette matière, de tomber dans quelque oubli ou de commettre quelque erreur, nous saurons gré aux lecteurs charitables qui, ea nous les signalant, nous mettront à même de les réparer (1).
La dévotion au Cœur de Marie et la dévotion au Cœur de Jésus sont intimement liées et les apôtres de l'une n'ont jamais manqué de se faire les champions de l'autre. Par la force même des choses, nous serons donc amené à parler de temps à autre de la dévotion au Cœur de Jésus ; mais, nous ne le ferons qu'incidemment et dans la mesure exigée par notre sujet, nous réservant, s'il plaît à Dieu, d'étudier dans un travail à part le rôle du bienheureux Jean Eudes dans l'établissement du culte public du Cœur de Jésus.
Notre livre, comme l'indique son titre, se divisera en deux parties, l'une historique, l'autre doctrinale. Nous y ajoalerous un appendice dans lequel on trouvera réunis les documents, historiques ou a» très, dont la connaissance peut être utile au lecteur et que nous n'aurions pu,. sans inconvénient, insérer dans le corps de l'ouvrage.
1. Si nous navons ricvn dit de M. Olier, qui fut. comme ©n le sait, 1111 ins-igne dtvol de Marie, c'est que sa dc-Aotioii à l'intérieur de Marie nous parait distincte de ctlie que news étudions. Abstraction faite de toute autre considération, elle s'en distingue pour le moins eu ce qu'elle manque d'objet sensiWe.