‹ La dévotion au cœur de MarieChapitre 78 sur 221 · Orj. Lea Orù/iues de Notre-Dame de Charité, p. i · texte numérisé non relu

Orj. Lea Orù/iues de Notre-Dame de Charité, p. i

3. llacliet(e-l)es|)Ortes. La dérotinn au Cœurde.)farie,i).>^. i:dit. 18-2-;.

enquête complète sera faite cl permettra de marquer avec plus de précision rextension que reçut au xYiii'^ siècle la fête du Cœur de Marie.

Les catholiques se réjouissaient du terrain qu'elle ne cessait de g^agncr. Il n'en était pas de même des Jansénistes. Au xvni® siècle comme au xyu*", ils décrièrent tant qu'ils purent la dévotion au Cœur de Marie et ils ne négligèrent rien pour couvrir de ridicule ceuK qui en avaient été les pi^omotcuis, spécialement le P. Eudes.

Le dictionnaire de Moréri nous en fournit déjà une preuve. Dans l'édition de 1759, l'abbé Gouget inséra une notice malveillante sur le Bienheureux. Voici ce qu'on y lit au sujet de la dévotion au Cœur de Marie :

u Le P. Eudes est auteur de la Dcvotion et de fof- Jice du Cceur de Marie. Ce livre fut imprimé pour la première fois en iGoO : il la été depuis en 1003 et a souffert beaucoup d'oppositions et de contradictions, principalem.ent à cause de la nouveauté de la dévotion et de plusieurs principes quon y a Justement t)lûmés ( 1 ) . »)

L'auteur des Lettres aux Alacoquisles est plus violent, et il unit dans ses diatribes Marie des Vallées et la bienheureuse Marguerite-Marie, le P. Eudes et Ms:r Languet.

1. Follt'i- l'ail éclio à Moréri. 'X Le I\ Eiideâ. di!-il. nioiiriii i^ ("aen. en l!J80. lai^sani dos ouvrages qui ont i'iiil pins d'honneur il sa dôvolion qu'à son esprit. Celi'.i qui a l'ait le plus de bruit est 1(; Traite' de la Dévotion et de l'office du saint Cœur de la Vierge, \n-\i, 1G50. Eudes y adopte plusieurs praliqiios iio;!velles, inspirées par une pieté' mal réf/le'e et par un sèle plan ardent qu'éclairé. ;>

218 liTUDB KISTORIQUK

« C'est le P. Eudes, dit-il, qui a introduit la dévotion au Sacré Cœur de Marie et ensuite au Sacré Cœur de Jésus,.. Qu'on en croie du inoins M. Languct, qui était le P. Eudes de ce siccle-ci, comme le P. Eudes était le Languet de l'autre... C'est le nom (VAlacorjiùsles qui convient aux coidicoles, à moins ((u'à cause de l'origine qu'ils tirent également des deux Marie, on n'aime mieux les appeler des marions, des marieltes ou des marioniieltes .. Ces deux dévolions ont pour institutrices deux filles fanatiques et de la plus haule extravagance : la première s'.appelait Marie des Vallées, et la deuxième Marie Alacoque ; il ne sera pas inutile de faire un parallèle entre les deux instilulrices du nouveau culte... elles méritent bien qu'on s'arrête un peu à elles. La première a prétendu recevoir par révélation sa dévotion au Cœur de Marie : la deuxième a prétendu la même chose par rapport au Cœur de Jésus. Marie des Vallées voyait très fréquemment Dieu, la Vierge, les Anges et les saints ; on lui attribue des prophéties, des miracles... Marie Alacoquea eu, dit-on, les mêmes prérogatives. Mais que conclure de tout cela, sinon que ces deux Marie, avec leurs panégyristes, le P. Eudes et Mgr Languet, qui, dans tout ceci, font l office de vrais saltimbanques, sont des visionnaires avérées, et que le culte du saint Cœur ne peut venir de Dieu, puisqu'il s'est introduit dans l'Eglise par un canal où l'esprit du diable s'est reiiconlré tout à fait \ isiblc (l ). »

i. Cil(' par le P. I.e Doré, Les Sacrés Cwurs H le V. Jea» Eudes I. p. oGel J î7. Ou rclrouve tin écliode tontes les attaques

Si jamais l'esprit du diable fut visible quelque part, n'est-ce pas dans cet infâme persiflage et dans la haine que les sectaires portaient à une dévotion approuvée par lEglise ?

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