‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 38 sur 215 · Lettre xlviii (xlix), t. n, p · texte numérisé non relu

Lettre xlviii (xlix), t. n, p

faire, il voudra, il aimera pour moi et suppléera à toutes mes impuissances et défauts l. » Et le 10 août : « Mon cœur ne se sent plus susceptible, ce me semble, que des intérêts de ce divin Cœur, en sorte que, depuis qu'il m'a fait la miséricorde de me consacrer lui-même à son amour et à sa gloire, je ne me soucie plus de quelle manière il me traite. Pourvu qu'il se contente, cela me suffit ; soit qu'il m'élève ou qu'il m'abaisse, qu'il me console ou qu'il m'afflige, tout cela me rend également contente dans son contentement. Pourvu qu'enfin je le puisse aimer, cela me suffit 2. »

Les pages de ce genre ne se comptent pas chez elle. Mieux que de courts extraits, un long passage d'une de ses lettres nous montrera en elle ce qu'est et ce que fait la dévotion au Sacré-Cœur. Elle écrit à sœur de la Barge, vers la fin d'octobre 1689 : « Enfin c'est donc cette fois, chère amie, qu'il nous faut toute consommer, sans exception ni rémission, dans cette adorable fournaise du sacré Cœur de notre adorable Maître, dont il ne nous faut jamais sortir. Et après y avoir perdu notre cœur de corruption dans ces divines flammes du pur amour, il nous y en faut prendre un tout nouveau qui nous fasse désormais vivre d'une vie toute renouvelée avec un cœur tout nouveau..., c'est-àdire qu'il ne faut plus de nous-même, mais qu'il faut que ce divin Cœur de Jésus soit tellement substitué en la place des nôtres, que lui seul vive et agisse en nous et pour nous, que sa volonté tienne tellement la nôtre anéantie, qu'elle puisse agir absolument sans résistance de notre part ; et enfin

i. L<ttr<s inédites, lettre n, p. 82.

'2. Lettres inédites, lettre n, p. 9L

que ses affections, ses pensées et ses désirs soient en la place des nôtres, mais surtout son amour, qui s'aimera lui-même en nous et pour nous. Et ainsi cet aimable Cœur nous étant tout en toute chose, nous pourrons dire avec saint Paul que nous ne vivons plus, mais que c'est lui qui vit en nous... Il me semble que nous ne devons plus respirer que flammes et amour ; pur amour crucifiant et tout sacrifié par une continuelle immolation de nousmêmes au bon plaisir divin, afin qu'il s'accomplisse parfaitement en nous, nous contentant d'aimer et de le laisser faire, soit qu'il nous abaisse ou qu'il nous élève, qu'il nous console ou qu'il nous afflige : tout nous doit être indifférent, pourvu qu'il se contente, cela doit nous suffire.

« Aimons-le donc, cet unique amour de nos âmes, puisqu'il nous a aimées le premier et qu'il nous aime encore avec tant d'ardeur, qu'il en brûle continuellement au Saint-Sacrement. Il ne faut que l'aimer, ce Saint des saints, pour devenir sainte. Qui nous empêchera donc de l'être, puisque nous avons un cœur pour aimer et un corps pour souffrir 1 \ »

Elle termine cet hymne à l'amour par cette sorte de refrain rythmé, qui dit les avantages de l'amour pour arriver à la perfection : « Il n'y a que son pur amour qui nous fasse faire tout ce qui lui plaît ; il n'y a que ce parfait amour qui nous le fasse faire de la manière qui lui plaît ; et il ne peut y avoir que cet amour parfait qui nous fasse faire toute chose quand il lui plaît. »

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