Lettre xxxit (xxxiii), t. n, p
2. Lettre xxxiii (xxxiv), t. n, p. 68 (105) ; cf. t. i. p. 221 (250).
3. Lettre xxxiv (xxxv), t. n, p. 70 (107). Elle ajoute aussitôt : « Mais il ne me dit pas que ses amis n'auront rien à souffrir ; car il veut qu'ils fassent consister leur plus grand bonheur à goûter ses amertumes. » On voit qu'elle n'oublie pas les conditions de la vie chrétienne et parfaite.
de grandes récompenses à tous ceux qui s'emploieront à le faire régner... Je me voudrais fondre d'action de grâces et de recormaissance envers ce divin Cœur pour les grandes grâces qu'il nous fait en voulant bien se servir de nous pour aider à la faire connaître, aimer et honorer ; à quoi il attache des biens infinis pour tous ceux qui s'y emploieront de tout leur pouvoir, suivant son inspiration... Il fait connaître ce désir (d'être connv, aimé et honoré des hommes) être si excessif qu'il a promis à tous ceux qui se consacreront et se dévoueront à lui pour lui donner ce plaisir (qui est de lui rendre et procurer tout l'amour, l'honneur et la gloire qui sera en leur pouvoir)..., qu'il ne les laisserait jamais périr ; qu'il leur serait un asile assuré contre toutes les embûches de leurs ennemis, mais surtout à l'heure de la mort ; qu'il les recevrait amoureusement dans ce divin Cœur, mettant leur salut en assurance, prenant soin de les sanctifier et de les garder devant son Père éternel, autant que l'on prendrait de peine d'agrandir le règne de son amour dans les cœurs ; et que comme il est la source de toutes bénédictions, il les répandrait abondamment dans tous les lieux où serait honorée l'image de ce sacré Cœur, parce que son amour le presse de départir le trésor de ses grâces sanctifiantes et salutaires dans les âmes de bonne volonté, cherchant les cœurs vides pour les remplir de la suave onction de son ardente charité pour les consumer ! et les transformer toutes en lui. Il veut des esprits humbles et soumis, sans aucune curiosité que d'accomplir son bon plaisir. De plus,
1. La Bienheureuse a dû écrire consommer, comme elle fait toujours.
il a promis qu'il réunirait, par ce moyen, les familles divisées et protégerait celles qui seraient en nécessité ; qu'il répandrait cette suave onction de sa charité dans toutes les communautés religieuses où il serait honoré, et qui se mettraient sous sa particulière protection ; qu'il en tiendrait tous les cœurs unis, pour n'en faire qu'un même avec lui ; qu'il en détournerait les traits de la divine justice, en les remettant en grâce lorsqu'ils en seraient déchus... S'il m'était permis de manifester les richesses infinies qui sont cachées dans ce précieux trésor, et desquelles il met en jouissance ses fidèles amis ! Si nous les pouvions comprendre, nous ne nous épargnerions en rien pour lui procurer le plaisir qu'il désire avec tant d'ardeur 1. »
Quelques-unes de ces promesses sont pour les zélateurs ; mais les autres sont pour tous. Et l'ensemble montre que chacun a sa part dans toutes, suivant la mesure de sa dévotion.
Elle y revient, dans sa lettre du 15 septembre (1689) ;
« J'espère que cette dévotion sera un des moyens dont il veut se servir pour retirer un grand nombre d'âmes de la perdition, ruinant en elles l'empire de Satan, pour les remettre par ses grâces sanctifiantes dans la voie du salut éternel, ainsi qu'il me semble l'avoir promis à son indigne esclave. Il lui fit voir cette dévotion comme un des derniers efforts de son amour envers les hommes. En leur mettant en évidence, dans un tableau particulier, son divin Cœur transpercé d'amour pour leur salut, il veut mettre leur salut en assurance, et ne laisser périr aucun de ceux qui lui