‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 68 sur 215 · Œuvres, t. m, p. 124. Cf. ci-dessus, § 7, p · texte numérisé non relu

Œuvres, t. m, p. 124. Cf. ci-dessus, § 7, p

le P. Croiset, par exemple, ou chez le P. de Galliffet. N'est-ce pas pour brouiller toutes nos notions et nos définitions ? Non. Pourvu que nous nous rappelions les deux façons que nous avons signalées d'entendre la dévotion au Sacré-Cœur. Elle est, dans son objet direct et immédiat, la dévotion au cœur aimant de Jésus, au cœur emblème d'amour ; mais elle est aussi, par une extension légitime et naturelle, la dévotion au divin cœur de Jésus dans toute sa vie intime, dans ses vertus par conséquent, et particulièrement dans son amour pour Dieu. En tant qu'emblème d'amour, c'est son amour pour nous que Jésus nous découvre en nous découvrant son cœur ; mais en nous découvrant ce cœur adorable, il nous le montre dans toute sa réalité, comme idéal de notre vie non moins que comme objet de notre amour.

On voit combien est importante cette distinction pour éclaircir les idées. Peut-être y trouveronsnous encore une lumière pour résoudre la seconde question, qui est plus difficile, et où l'accord des auteurs n'est pas aussi unanime.

Objet précis : amour créé et incréé.

Quel amour nous honorons: l'amour du Verbe incarné', amour

créé et amour incréé; controverse; distinctions et explications.

Quel amour de Jésus honorons-nous dans la dévotion au Sacré-Cœur, son amour créé ou son amour incréé, l'amour dont il aime comme homme dans sa nature humaine, ou celui dont il aime

comme Dieu dans sa nature divine, et, pour répéter une expression claire et courte, celui qui fit Lazare ou celui qui pleura Lazare ?

C'est une question qui peut-être n'a pas été traitée à fond jusqu'à nos jours. Non pas qu'elle ait été ignorée. Beaucoup des théologiens du Sacré-Cœur se la sont posée explicitement. Mais il n'y a pas encore de solution qui s'impose, et plusieurs croient que la question n'a pas été suffisamment discutée même par ceux qui la résolvent. Telle est notamment l'opinion du Père Vermeersch \

« Cet article, dit l'auteur, est dirigé contre une opinion spécieuse et séduisante, qui gagne du terrain, mais où nous ne pouvons nous empêcher de voir une confusion et une méprise plutôt malheureuse. La faveur relative dont elle jouit ne s'explique, à nos yeux, que par un défaut d'attention. Nous avons pensé servir les intérêts de la véritable dévotion au Sacré-Cœur en appelant des réflexions sérieuses sur une question, qui d'ailleurs, nous le savons, est mise à l'étude en Allemagne et en Autriche, et y préoccupe les esprits 2. » Le P. Vermeersch, d'après cela, combat l'opinion qui étend la dévotion au Sacré-Cœur jusqu'à la charité incréée. Sans nous engager à recevoir ses conclusions , suivons-le dans son enquête.

Beaucoup ne se sont pas posé la question d'une

1. L'objet propre de la dévotion au Sacré-Cœur, dans Etudes, 20 janvier 1906, t. cvr, p. 146-179 ; continué le 20 février, p. 472-495. Voir, du même, Pratique et Doctrine, 2e partie, ch. i, art. 5, p. 399-450.

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