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LES ÉCRITS DE MARGUERITE-MARIE

On peut dire que tout, dans les écrits de notre sainte comme d^ns sa vie, se rapporte au Sacré- Coeur, directement ou indirectement. Il est bon, ne fût-ce que pour comprendre les renvois, de s'en faire une idée nette. Deux questions se posent :

1° Qu'avons-nous, en fait d'écrits de sainte Marguerite-Marie?

2° Jusqu'où sommes-nous sûrs d'avoir le texte de la sainte?

Les écrits.

Inventaire, avec remarques sur Vorigine ou la provenance.

Ils sont recueillis au tome II de Vie et Œuvres. Dans les premières éditions, quelques-uns restaient épars dans les Contemporaines, au tome premier1. D'autres n'ont été connus ou identifiés

1. A part les quatre pièces ci-dessus mentionnées et la rnodi fication de l'avis 19, d'après l'autographe, ces deux éditions ne

que depuis 1876. Ces diverses pièces attendaient, pour avoir leur place, la troisième édition, à laquelle travaillait M^ Gauthey quand l'épiscopat est venu le surprendre, et qu'il a enfin publiée en

En voici l'inventaire :

1. Deux petits écrits conservés par le P. de la Colombière et publiés dans le journal de ses Retraites, en 1684. Ils devaient avoir, le premier surtout, une grande influence sur la propagation de la dévotion. Nous dirons comment. Ce sont :

a) Le récit de ce que l'on a appelé la grande apparition du Sacré-Cœur, celle qu'on date couramment du 16 juin 1675. Il fut rédigé peu de temps après l'événement, sur l'ordre du P. de la Colombière. Celui-ci le transcrivit, pendant sa retraite de Londres, février 1677. La pièce ainsi transcrite fut publiée, avec les Retraites du Père, en 1684; elle a été reproduite par le P. Croiset, par le P. de Galliffet, on peut dire, par tous ceux qui ont écrit sur le Sacré-Cœur. Chose curieuse, le récit de la même apparition dans le Mémoire autographe de Marguerite-Marie est à peu près textuellement identique, sauf à la fin, où notre sainte abrège. Elle l'a peut-être recopié dans le volume imprimé. Il existe une copie de ces retraites et de la pièce annexe qui semble indépendante du texte imprimé.

diffèrent guère que par la pagination; le texte est sensiblement le même. Nous renverrons toujours aux deux éditions, le premier chiffre étant celui de la première édition, le second, en parenthèse, étant c^lui de la seconde. Quandil n'y a qu'un chiffre, les deux éditions concordent. G renvoie à Ta 3\

LES ÉCRITS DE LA B. MARGUERITE-MARIE il

Le dernier éditeur du P. de la Colombière, Œuvres complètes, Grenoble, 1901, l'a prise pour son texte : il la suppose faite sur l'autographe du Père. La pièce annexe se trouve t. VI, p. 118. Le texte est celui de la tradition imprimée ; les différences sont minimes, sauf une : il y a pécheur pour pécheresse et innocent pour innocente, de sorte que rien ne permet plus de savoir que le récit est d'une femme. b) Un billet mystérieux où elle donne au Père une direction pour des cas difficiles dans lesquels il se trouvera. Œuvres complètes du Père de la Colombière, t. VI, p. 106. Cf. Contemporaines, t. Ier, p. 97 ! 128 }, G. n. 156, p. 139.

2. Les écrits où elle rendait compte à la Mère de Saumaise, sa Supérieure, des grâces reçues de 1672 à 1678. C'est ce que les éditrices de 1867 appellent « le Petit Mémoire des grâces reçues » . Ces écrits sont dispersés dans les Contemporaines. On eût aimé à les voir réunis et donnée intégralement, comme aussi ceux marqués au n* 9. Ainsi a lait M*rGauthey, t. II, p. 119-1 M.

3. Un mémoire sur sa vie, écrit entre 1685 et 1687, sur l'ordre de son directeur, le Père Rolin. Donné d'après l'autographe, t. II. p. 289 (337, G. 24). C'est, avec les leitres, ce qui nous fait le mieux connaître Marguerite-Marie. Nous le citerons sous le titre : Mémoire ou Mémoire autographe.

k. A peu près 140 lettres ou fragments de lettres : à ses deux supérieures, la Mère de Saumaise et la Mère Greyfié; à diverses religieuses de la Visitation; à ses deux frères, le maire et le curé; à un

i2 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I

ou plusieurs Jésuites (pour ne rien préjuger); à des religieuses; à des personnes pieuses.

De plusieurs lettres on a encore les autographes ; du plus grand nombre on n'a que des copies ou des fragments. Dans le recueil de Paray, la lettre cxxxi (cxxxm) ne semble pas être de la Bienheureuse. On en a publié l'autographe : ce n'est pas son écriture. La lettre cxxm (cxxv) est un Avis à une novice.

Le Père Croiset avait cité, en 1691, dans son Abrégé de la vie de Marguerite-Marie, de longs et nombreux extraits de lettres de la Bienheureuse, sans laisser voir à qui elles étaient écrites. Les Contemporaines s'y trompèrent, et en donnèrent plusieurs comme lettres au P. Rolin. Elles ont été suivies trop docilement. L'erreur a duré jusqu'à nos jours, et l'attribution a été généralisée. En 1888, la découverte du manuscrit d'Avignon a permis d'identifier le destinataire, qui était le P. Croiset lui-même, et a jeté du jour sur bien des points obscurs. Ce manuscrit n'est pas un autographe de notre sainte. Mais il contient dix lettres copiées intégralement, sauf quelques omissions, que l'on a lieu de croire rares et sans importance. La copie, à en juger par la comparaison avec l'autographe d'une des lettres, la seconde, conservée à la Visitation de Bologne, est textuelle sauf les variantes ordinaires. Cette seconde lettre avait été publiée, dès 1874, par le Messager du Cœur de Jésus, d'après le manuscrit de Bologne.

Les dix lettres du manuscrit d'Avignon ont été

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