‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 184 sur 242 · Lettre ccxxv. Œuvres, t. III, col · texte numérisé non relu

Lettre ccxxv. Œuvres, t. III, col

demeurer mais demeurer pour jamais.., ne vivant que de sa vie, n'agissant que par ses divins mouvements, souffrant dans l'union de ses souffrances, et de telle manière qu'il doit être le Cœur de notre cœur, l'Ame de notre âme et la Vie de notre vie... Pour cela, unissez-vous à lui dans toutes vos actions et souffrances et dans tous vos états, sans aucune réserve ; mais vous y unissant dans sa sainte union, vous agirez toujours par le mouvement de sa divine grâce, toujours surnature llemcnt et jamais humainement et par nature. Que l'amour du Cœur infiniment adorable et infiniment aimable de Jésus domine sans réserve sur tous les mouvements de nos cœurs. Que le Saint-Esprit qui l'a animé, anime tous les nôtres ; qu'il soit le principe de toutes nos actions, et la seule gloire de Dieu seul toute la fin1. » Enfin il écrit, dans le dernier ouvrage qu'il ait publié : « Entrons dans une sainte complaisance, dans une divine joie de ce que la très sainte Trinité trouve dans le Cœur de Jésus un amour infini... Mais que ferons-nous pour aimer ce Cœur infiniment aimant? Remontons jusqu'à la création du inonde, allons de siècle en siècle, voyons-y tous les amours des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges et de toutes les créatures mortelles. Remontons dans les cieux, voyons-y tous les amours des célestes esprits et de i^.f

1. Lettre inédite, publiée par Letierce, t. I, p. 118. d l'autographe conservé au monastère de la Visitation de >■" J'ai mis domine là où l'éditeur a mis demeure.

482 TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE Vi

grande Reine ; unissons-nous à tous ces amours, à tous les amours que l'on a eus et que Ton aura jamais pour ce divin Coeur ; offrons-lui tons ces amours, mais de plus Famour infini du Père éternel. Formons une intention qu'autant de fois que nous respirerons, nous voulons continuer cette union pour aimer, par tous les amours, le Cœur infiniment aimable du tout adorable Jésus. »

Il s'adresse alors directement au Sacré-Cœur : « 0 Cœur abîme d'amour, ô mon Sauveur, nous vous demandons, par l'amour qui vous a fait mourir pour nous, que nous mourions par la douce violence de votre pur amour. Ou mourir ou aimer, et mourir et aimer pour ne cesser jamais d'aimer1. »

Que l'auteur, en tout cela, soit sous l'iniluence du mouvement parti de Paray, lui-même nous le dit, en renvoyant au livre « docte, mais plein d'onction » du P. Croiset. Il fait d'ailleurs allusion évidente à Marguerite-Marie, quand il écrit : « Notre bon Sauveur a fait connaître à sainte Gertrude et à d'autres saintes âmes qu'il fera de grandes grâces à ceux qui auront une dévotion spéciale à son divin Cœur. »

Précurseur aussi, en même temps que contemporaine de la sainte de Paray et toute dévouée au Sacré-Cœur, Sœur Jeanne-Bénigne Gojoz (1615- 1692), de la Visitation de Turin, dont nous avons déjà parlé; elle semble avoir prédit sa glorieuse

1. Le chrétien inconnu, livre III, c. 9. Œuvres, 1. 1, col. 1385.

soeur et les choses merveilleuses que Dieu devait faire par elle. Elle sut même, avant de mourir, que sa prédiction était accomplie [.

Pendant que Notre-Seigiicur préparait ainsi les voies à sainte Marguerite-Marie, il se la préparait lui-même dans le secret, la prévenait dus sa. plus tendre enfance et l'enveloppait de Sun amour, attentif aux premiers battements de son cœur pour qu'ils fussent à lui tout seul. Le 20 juin 1671, elle entrait à la Visitation de Paray, et J commença bientôt de lui révéler les secrets de son cœur.

Marguerite-Marie eut-elle connaissance du Sacré- Cœur avant les révélations de Paray? Fut-elle sous l'influence de quelques-uns de ceux que l'on nomme maintenant ses précurseurs? Connut-elle les révélations laites à sainte1 Gertrude, lut-elle quelques-unes des pages ou il était question du Sacré-Cœur? Rien ne l'indique; mais rien n'indique le contraire. Avant d'entrer au couvent, elle dut entendre parler du Cœur admirable de Marie, que le P. Eudes avait obtenu, dès 16^8, de faire honorer dans le diocèse d'Autun C'est « un jour de la fête du Cœur de la très sainte Vierge », la remarque est d'elle-même, qu'elle vit son propre cœur, tout petit « et presque imperceptible » entre les cœurs de Jésus et de Marie, et pendant qu'elle entendait ces paroles : C'est ainsi que mon pur amour unit ces trois cœurs pour toujours, « ies huis

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