CHAPITRE VI
Les consécrations publiques.
Les. consécrations publiques. Les consécrations partielles; la consécration de 4875; la consécration du genre humain en 4899.
Avec la fête, les âmes dévouées au Sacré-Cœur ont toujours désiré la consécration et l'amende honorable. L'amende honorable n'a guère d'histoire, au moins en tant qu'elle se distingue de la consécration; elle s'est naturellement incorporée à la dévotion, elle en est comme partie intégrante. Il en est de même en quelque façon de la consécration. Marguerite-Marie la demandait comme un des premiers actes de la dévotion, et lui donnait le sens d'une donation totale et irrévocable aux intérêts du Sacré-Cœur. Dans le message du Sacré-Cœur au roi, l'idée de consécration a sa place. Les échevins
de Marseille renouvelaient solennellement, depuis 1722, la consécration de la ville. Si le vœu de Louis XVI est authentique, le roi aurait promis de prononcer un acte solennel de consécration de sa personne, de sa famille, et de son royaume au Sacré-Cœur de Jésus1.
En notre siècle, surtout depuis 1850 environ, cette idée est devenue familière à la piété chrétienne. Les évèques consacrent leurs diocèses; des États comme l'Equateur (en 1873), des congrégations religieuses, des associations de tout genre, se consacrent solennellement au cœur de Jésus.
C'est d'ordinaire dans les grandes calamités que Ton se retourne vers lui. Marguerite-Marie n'avaitelle pas montré là le grand remède à la désolation du royaume2? Marseille n'y avait-il pas trouvé son salut? Mais la dévotion n'a pas que des motifs intéressés. L'amour y pousse.
En 1870 et 1871, de grandes pétitions furent faites à Pie IX pour qu'il fît de la fête du Sacré- Cœur une fête de première classe, et consacrât l'Église entière à ce cœur tout aimant5. Les pétitions continuèrent les années suivantes. En 187i, à l'approche du second centenaire de la grande apparition à Marguerite-Marie, Mgr Desprez, archevêque de Toulouse, écrivit, comme
1. Voir Ami de la religion, 1815, t. III, p. 77. Cf. ci-dessous, p. 554 sq.