‹ La dévotion au Sacré-Cœur de N.-S. Jésus-ChristChapitre 58 sur 90 · OFFRANDE · texte numérisé non relu

OFFRANDE

Le Père de la Colombière, dont on a déjà parlé ailleurs, ayatit connu par sa propre expérience, combien la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus était p}x>pre pour embraser bientôt un cœur d'un grand amour de Jésus- Christ, et pour arriver en peu de temps à une haute perfection, composa lui-tneme cette Offrande, qu'il renouvelait plusieurs fois chaque mois avec beaucoup de dévotion.

ETTE Offrande, dit-il, se fait pour honorer ce divin Cœur, le siège de toutes les vertus, la source de toutes les bénédictions, et la retraite de toutes les âmes saintes.

Les principales vertus qu'on prétend honorer en lui sont : Premièrement, un amour très ardent de Dieu son Père, joint à un respect très proiond et à la plus grande humilité qui fût jamais; Secondement, une patience infinie dans les mau.x, une contrition et une douleur ex-

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trêmes pour les péchés dont il s'était chargé ; la confiance d'un fils très tendre, alliée avec la confusion d'un très grand pécheur; Troisièmement, une compassion très sensible pour nos misères, un amour immense malgré ces mêmes misères, et nonobstant tous ces mouvements, dont chacun était au plus haut point qu'il pût être, une égalité inaltérable causée par une conformité si parfaite à la volonté de Dieu, qu'il ne pouvait être troublé par aucun événement, quelque contraire qu'il parût à son zèle, à son humilité, à son amour même, et à toutes les autres dispositions où il était.

Ce Cœur est encore, autant qu'il le peut être, dans les mêmes sentiments, et surtout toujours brûlant d'amour pour les hommes, quoique pour tout cela, il ne trouve dans le cœur de ces mêmes hommes que dureté, qu'oubli, que mépris, qu'ingratitude. 11 aime et il n'est point aimé, et on ne connaît pas même son amour, parce qu'on ne daigne pas recevoir les dons par lesquels il voudrait le témoigner, ni écouter les tendres et secrètes déclarations qu'il en voudrait faire à notre cœur.

Pour réparation de tant d'outrages, et de si cruelles ingratitudes, ô très adorable et très aimable Cœur de mon aimable Jésus, et pour éviter, autant qu'il est en mon pouvoir, de tomber dans un semblable malheur, je vous ofîre mon cœur avec tous les mouvements dont il est capable : je me donne tout entier à vous, et dès cette heure je proteste très sincèrement, ce me semble, que je désire m'oublier moi-même, et tout ce qui peut avoir du rapport avec moi, pour lever l'obstacle qui pourrait m'empêcher l'entrée de ce divin Cœur que vous avez la bonté de m'ouvrir, et où je souhaite entrer, pour y vivre et mourir avec vos plus fidèles serviteurs. Tout pénétré et embrasé de votre amour, j'offre

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à ce Cœur tout le mérite, toute la satisfaction de toutes les Messes, de toutes les prières, de toutes les actions de mortification, de toutes les pratiques religieuses, de toutes les actions de zèle, d'humilité, d'obéissance et de toutes les autres vertus que je pratiquerai jusqu'au dernier moment de ma vie ; non seulement tout cela sera pour honorer le Sacré Cœur de Jésus et ses admirables dispositions, mais encore je le prie très humblement d'accepter la donation entière que je lui en fais, d'en disposer en la manière quil lui plaira, et en faveur de qui il lui plaira ; et comme j'ai déjà cédé aux saintes Ames qui sont dans le Purgatoire, tout ce qu'il y a dans mes actions capable de satisfaire la justice divine, je désire que cela leur soit distribué selon le bon plaisir du Cœur de Jésus.

Cela n'empêchera pas que je ne m'acquitte des obligations que j'ai de dire des Messes, et de prier pour de certaines intentions que l'obéissance me prescrit ; que je n'accorde par charité des Messes à de pauvres gens ou à mes frères et amis qui m'en pourraient demander; mais comme alors je me servirai d'un bien qui ne m'appartiendra pas, je prétends, comme il est juste, que l'obéissance, la charité et les autres vertus que je pratiquerai en ces occasions, soient toutes au Cœur de Jésus, où j'aurai pris de quoi exercer ces vertus, lesquelles par conséquent lui appartiendront sans réserve.

Sacré Cœur de Jésus ! apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour duquel vous m'avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de vous plaire, et une grande impuissance d'en venir à bout sans une grande lumière, et un secours très particulier que je ne puis attendre que de vous. Faites en moi votre volonté. Seigneur ; je m'y oppose, je le sens bien,

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mais je voudrais bien, ce me semble, ne m'y opposer pas. C'est à vous à tout faire, divin Cœur de Jésus- Christ, vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification si je me fais saint, cela me paraît plus clair que le jour ; mais ce sera pour vous une grande gloire, et c'est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Ainsi soit-il.

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