‹ La dévotion au Sacré-Cœur de N.-S. Jésus-ChristChapitre 79 sur 90 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

MÉDITATION

POUR LE 2^^ VENDREDI d'oCTOBRE.

Amen dico vobis, quia luius ex vobis tradet me, qui manducat mecum:.... vœ autem homini illi per quem Filius hominis tradetur. — Marc, xiv, i8 et 21.

Je vous dis en vérité que l'un de vous qui mange avec moi, me trahira ; mais malheur à cet homme par qui le Fils de l'homme sera trahi ! — Marc , xiv, 18 et 21.

QUE les Scribes et les Pharisiens, que les impies et les scélérats aient conspiré contre Jésus-Christ, c'étaient ses ennemis mortels ; et que peut-on attendre autre chose d'un ennemi? Mais que Jésus-Christ se voie trahi par un favori, par un Apôtre, c'est-à-dire, par un homme que ce divin Sauveur avait choisi préférablement à tant d'autres, et à qui il avait donné des marques si éclatantes d'un très ardent amour !.... Mais, mon Sauveur, puisque c'est vous qui vous choisissez vos serviteurs et vos favoris, jusques à quand trou-

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verez-vous des ingrats, et même des traîtres parmi ceux que vous choisissez, parmi tant de Chrétiens que vous avez choisis par un pur effet de votre amour, préférablement à tant d'Infidèles, avec qui vous daignez faire votre séjour, sur qui vous répandez si libéralement vos bienfaits, à qui vous vous donnez vous-même? Combien de gens qui abusent de vos bienfaits, combien d'ingrats qui refusent de communier, combien de traîtres parmi ceux même qui communient? A tout cela, Seigneur, serai-je toujours insensible?

MÉDITATION

POUR LE 3^ VENDREDI d'oCTOBRE.

Populus hic labiis me honorât, cor auteyn eorum longe est a me ; in vanum autem me colunt. — Marc. vil, 6 et 7.

Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi, et c'est en vain qu'ils m'honorent. — Marc, VII, 6 et 7.

IL fallait bien que ces honneurs qu'on rendait en apparence à Jésus -Christ fussent peu sincères; il fallait bien que le cœur eût peu de part à ces louanges qu'on lui donnait de temps en temps, puisque tous ces hommages se terminèrent à lui faire souffrir tous les plus grands outrages et à le voir expirer sur la Croix. A combien de lâches Chrétiens Jésus-Christ peut-il faire encore aujourd'hui ce funeste reproche? Ces immodesties dans les Eglises, ce peu de respect devant le très Saint Sacrement, ce dégoût de cette divine nourriture, tout cela ne fait que trop voir que nos hommages ne viennent pas du fond du cœur. Nous avons

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quelques dehors de dévotion, mais dans ces sortes de dévotions, beaucoup de grimace ! Ah, Seigneur ! mon cœur pourrait-il être près du Vôtre, et n'être pas tout embrasé de votre amour, et vous aimer si peu?

MÉDITATION

POUR LE 4"^ VENDREDI d'oCTOBRE.

Jérusalem, Jérusalem... quoties volui congregare Jilios tuos, quemadmodum gallina congregat pullos suos sub alas, et noluisti ! — Mattli. xxiii, Sj,

Jérusalem, Jérusalem,... combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses petits, et tu ne l'as pas voulu ! — Math., x.xiii, Sy.

QUE répondra ce Peuple malheureux à ce reproche ? Mais que répondrons-nous nous-mêmes quand on nous le fera ? Cette seule figure dont Jésus-Christ se sert, fait d'autant plus paraître notre ingratitude, qu'elle exprime davantage l'amour de Jésus- Christ à notre égard. Cet aimable Sauveur s'est mis dans le Saint Sacrement pour nous faire trouver à tout moment en sa Personne un puissant Protecteur, un Médecin, un Père ; il est sans cesse au milieu de nous, parce qu'il veut nous avoir sans cesse auprès de lui. Mais cet éloignement, cet oubli de la plupart des Chré- . tiens ne l'obligent-ils pas de nous dire : Mes pauvres Enfants, combien de fois ai-je voulu vous rassembler comme une poule rassemble ses petits, et vous vous êtes retirés, et vous ne l'avez pas voulu ! Vous étonnez-vous si vous êtes si longtemps affligés, si souvent vaincus, si dangereusement blessés? C'est pour cette raison qu'il y en a plusieurs parmi vous qui sont malades et languis-

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sants, et que plusieurs dorment du sommeil de la mort. Serai-je désormais insensible, mon aimable Sauveur, et au reproche engageant que vous me faites, et au mépris que j'en ai fait jusqu'ici?

NOVEMBRr:.

MEDITATION

Procidit infaciem suam, orans et diceyis : Pater mi, si possibile est, transeat a jne Calix iste ; verumtamen 11071 sicut ego volo, sed sicut tu. — Matth. xxvi, 3f).

Il se prosterna le visage contre terre, priant et disant : Mon Père, s'il est possible, faites que ce Calice passe de moi, mais néanmoins qu'il ne soit pas fait comme je le désire, mais comme il vous plaît. — Math., XXVI, Sc).

JÉSUS-CHRIST avait souhaité passionnément jusqu'ici de donner son Sang pour le salut des hommes, et il avait cent fois témoigné son désir. Ce n'est donc pas la mort qui l'effraie et qui rend si amer ce Calice, mais c'est l'ingratitude de ces mêmes hommes qui ne voudront pas profiter de sa mort. J'ai désiré, Père Éternel, et je le désire plus que jamais, de délivrer des esclaves, mais je n'ai jamais désiré de faire des ingrats ; les outrages que je vais recevoir de mes ennemis ne m'effraient point, mais le mépris que je prévois que mes propres enfants feront de moi, m'atflige : l'aveuglement de ceux-ci me touche , mais la noire ingratitude de

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ceux-là me serre le Cœur de douleur. Jésus-Christ souhaitait avec passion que le temps fût venu d'instituer le très Saint Sacrement de l'Autel, mais l'abus et le mépris qu'on devait faire de cet auguste Sacrement, n'étaient-ils pas pour lui un grand sujet de tristesse ; et n'avait-il pas raison de dire que, s'il était possible, ce Calice s'éloignât de lui ? En vérité, ce Calice doit être bien amer. Mais savons-nous bien qu'il ne tient qu'à nous d'éloigner de lui ce Calice? Comme c'est nousmêmes qui par nos mépris et nos indignités en faisons toute l'amertume, c'est nous qui le lui présentons. Hé quoi! Seigneur, il ne tient qu'à moi d'adoucir ce Calice par mes hommages, et je ne le ferais pas!

MEDlTATIO^

Conversus aiitem ad il las Jésus, dixit : Filiœ Jérusalem, nolite Jlere super me ; sed super vos ipsas flete, et super fil ios vestros. — Luc. xxiii, 28.

Et Jésus se retournant vers elles, leur dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez point sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. — Luc, xxiii, 28.

VIT-ON jamais un amour semblable \a. celui que Jésus-Christ nous témoigne en cette occasion ? Il a le corps tout déchiré à coups de fouet ; à peine lui reste-t-il quelques gouttes de sang ; il est devenu le jouet et la fable de tout un peuple, et en ce pitoyable état il n'est point touché de ses maux, il ne ressent que ceux qu'il prévoit que nous allons nous attirer par notre peu de reconnaissance. Hélas I si nous avons un cœur sensible, qu'est-ce qui pourra le tou-

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cher, si ceci ne le touche pas? Jésus-Christ oublié, méprisé, outragé dans l'adorable Eucharistie, ressent, pour ainsi dire, davantage les malheurs que nous nous attirons par ces mépris, que ces mépris mêmes. Pleurez, nous dit-il, mes Enfants, pleurez cet oubli que vous avez fait de votre Rédempteur, de votre Père ; pleurez cette si noire ingratitude que vous avez poussée jusqu'au bout, ces irrévérences que vous avez commises si hardiment en ma présence ; pleurez tant de Communions sacrilèges; pleurez enfin les pertes que vous avez faites en ne voulant pas me connaître, ou en me connaissant et en refusant de m'aimer. A quoi est-ce, mon aimable Sauveur, que j'emploierai mes larmes, si je puis penser à mon ingratitude sans pleurer?

Regina Austri surget in judicio cum generatione ista, et condemnabit eam : quia venit a fînibus terrœ audire sapientiam Salojnonis, et ecce plus quam Salomo7i Hic. — Matth. xii, 42.

La Reine du Midi s'élèvera au jour du Jugement contre ce peuple, et le condamnera, parce qu'elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon ; et cependant Celui qui est ici, est plus que Salomon. — Math., xii, 42.

IL s'est trouvé de nouveaux Chrétiens dans les Indes et dans le Japon qui faisaient plus de cent lieues chaque année, pour avoir la consolation d'adorer une seule fois Jésus-Christ dans le Saint Sacrement, pour entendre une seule Messe ; et ils ne comptaient pour

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rien les fatigues d'un si rude voyage, quand ils avaient eu le bonheur de passer une demi-heure avec Jésus- Christ. Mon Dieu ! que de gens s'élèveront au jour du Jugement contre nous, et nous condamneront ! Nous avons Jésus-Christ dans notre ville, les personnes Religieuses ont Jésus-Christ dans leur propre maison, et on ne compte presque pour rien cet avantage ! Et quelquesuns en font si peu d'état, de cet avantage, qu'ils ne visitent Jésus-Christ qu'avec indifférence ; plusieurs même avec peine, et presque tous sans dévotion. La Reine du Midi ne s'élèvera-t-elle pas au jour du Jugement contre ce peuple ? Et elle seule ne suffira-t-elle pas pour le condamner, parce qu'elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et cependant Celui qui est ici sur nos Autels est plus grand que Salomon.

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