‹ La Dilatation des Bronches chez l'Adulte: Formes Cliniques, Evolution et Modes de terminaisonChapitre 52 sur 61 · DILATATION DU CŒUR DROIT · texte numérisé non relu

DILATATION DU CŒUR DROIT

C’est la fin banale de nombreuses pneumopathies chroniques et la dilatation des bronches n'échappe pas à cette règle. Le retentissement progressif de la sclérose pulmonaire sur les cavités droites pourra se manifester tout d'abord, au cours de quelque épisode intercurrent, par une poussée de subasystolie que vont traduire l’œdème des membres inférieurs, une légère hépatomégalie, une poussée de dyspnée et de cyano-

se; à l’auscultation du cœur, on constatera alors une

légère tachycardie avec quelques irrégularités. Un traitement tonicardiaque pourra faire disparaître ces phénomènes de subasystolie, et s’il est régulièrement suivi, il pourra parfois en prévenir pendant longtemps le retour. Mais il arrivera un moment où l’asystolie complètement installée ne rétrocèdera plus. À ce moment, l’œdème ne se cantonne plus aux membres inférieurs, mais il atteint le scrotum, l'abdomen, les lombes, les membres supérieurs: l’ascite fait son apparition ainsi qu'une hépatomégalie plus ou moins notable. L'examen du cœur montre que la pointe est abaissée et déviée en dehors et qu'il existe de la tachycardie, avec parfois un souffle systolique à maximum endapexien traduisant l'insuffisance tricuspidienne. De plus la dyspnée progresse ainsi que la cyanose et ces malades aux jugulaires saillantes, à la face et aux extrémités violacées, assis dans leur lit, anhélants, vont succomber à l'insuffisance cardiaque progressive.

Sur nos 28 malades décédés, 7 sont morts d’asystolie droite (25 % des cas).

Le malade de l'observation | présente des signes de dilatation du cœur droit (souffle tricuspidien, anasarque, cyanose tardive); dont l’évolution progressive s’échelonne sur une durée de deux mois environ.

Il en est de même du malade de l'observation VII : celui-ci a présenté auparavant quelques poussées subasystoliques traitées avec succès par la digitaline, mais pendant les dix derniers mois, 1l est en état d’asystolie absolument irréductible, ne cédant plus à

la thérapeutique. Là encore, on entend un souffle systolique tricuspidien.

Dans l’observation XIII la dyspnée et la cyanose sont les premières en date, survenant un mois et demi avant la mort; l’œdème ne sera constaté que pendant les quinze derniers jours; il n’y a pas de souffle tricuspidien et le pouls reste régulier jusqu’au jour du décès.

Dans l'observation XV la dyspnée est très vive; elle s’accentue le dernier mois en même temps qu'apparaissent cyanose et œdèmes; il n’est pas noté de souffle tricuspidien.

Les deux malades des observations XVII et XIX meurent également en pleine asystolie, celle-ci ayant débuté deux mois avant la mort: dans les deux cas on a perçu un souffle tricuspidien.

Dans l'observation XXVI l’asystolie s’installe un mois avant la mort par des œdèmes et de la dyspnée, mais sans cyanose notable; elle évoluera progressivement. À noter également l'existence d’un souffle tricuspidien.

Peut-on établir un rapport entre les localisations des bronchectasies et l'apparition d’une asystolie terminale ? Si nous consultons nos protocoles d’autopsie nous pouvons dire qu'en général les malades qui meurent d’asystolie droite ont des dilatations bronchiques non pas localisées à un lobe, mais assez diffuses (cbserv. I, cbs. XV, obs. XVII, obs. XIX); en outre, la sclérose pulmonaire dense est notée dans

la plupart des observations (obs. VII, XIII, XV) et

dans l’une d'elle (obs. XXVI) elle a entraîné un processus de fibrothorax total.

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