LA-R. S. COMME MOYEN DE DIAGNOSTIC DANS LES CAS D'ANGINIY DOUTEUSE
En cas d'angine douteuse, il est de règle de faie inslituer le traitement sérothérapique : s'il s’agit d'une diphtérie, le malade ne fera qu'en bénéficier ; s’il s’agit d’une angine banale, l'injection de sérum ne peut occasionner aucun préjudice appréciable. Nous ne conseil: lerons donc pas, dans ces cas, de s'adresser à la R. S. pour faire un diagnoslic mais nous {ranscrirons ,ici l'histoire d’un petit malade rapportée par Mmrs. Jules Renault el P. P. Lévy qui nous paraît tout à fait inslruclive. : ,
Il s'agit d'un enfant entré le 5 Janvier 1920 à l’hôpilal Saint-Louis (annexe Grancher), salle Sevestre, pour une angine blanche. « L'ensemencement sur sérum coagulé donne une culture de bacilles courts et grêles. Trois jours après, la R. $S. esl pratiquée. Au cours de la visile, on demande quel traitement a subi
l'enfant car sa pancarte ne portait pas la mention habi-
ATOS
luelle de l'injection de sérum anti-diphtérique. L'infirmière répond qu'il a du être injecté le 5 Janvier à son entrée. Or l'enfant présentait sur son avant-bras la marque d'une réaction de Schick neltement positive. Nous objectous à l'infirmière qu'elle doit faire erreur, et que sans doute le petit malade n’a pas reçu de sérum antidiphtérique. Après enquête el vérification auprès de la surveillante, on apprend qu'aucune injeclion sérique n’a élé faite. D'ailleurs le bacille isolé dans sa gorge ne poussait pas en profondeur sur la gélose et il était moffensif pour le cobaye. Il- s'agissait done d’üne angine. blanche chez un porteur de pseudo-bacilles diphtériques. Dans ce cas la réaction nous avait servi de contrôle et nous avait permis de redresser une erreur de renseignements ». > --
Une seconde observation rapportée par les mêmes auteurs est peut être encore plus suggestive. Il s'agit cette fois d'une pelite malade chez laquelle la réaction de Schick, pratiquée quelques jours auparavant avait été négative, et qui hébergeait dans sa gorge du bacille diphtérique moyen. Gelte enfant était donc réfractaire à la diphtérie. Une angine blanche se développa chez elle. L'exsudat bourbeux et peu adhérent était bien plus celui d'une angine pullacée que la fausse membrane d’une diphtérie. Il est probable cependant qu’en dehors de la notion d'immunité fournie par la R. S., on aurait fait chez une enfant hébergeant du bacille moyen dans sa gorge el présentant une angine blanche, du sérum
antidiphtérique. La R. S. démontrant l'existence. d’anli-
taxine dans le sang el d’une quantité suffisante d'anti- Loxine, les auteurs ne praliquèrent aucune injection de sérum el la pelile malade guérit en deux jours. Son bacille élail bien virulent puisque, inoculé au cobaye, il le Lua en 36 heures et que l'autopsie montra les lésions classiques de la diphlérie expérimentale. Il s'agissait donc d'une angine pullacée, évoluant chez un porteur de germes non réceplil à la diphtérie. La réaction de Sckick a permis, là, de ne pas praliquer de sérum et ceci en loule sécurité ; ce que l'on aurait sûrement pas osé faire sans s'appuyer sur une notion précise de l’état
d'immunilé de l'enfant.
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