TroyeSj 18 avril. Avis que, sur la nouvelle de la mort de
i) Lescar.
2) Robert Guibé, créature de la reine. V. plus loin la lettre de la reine.
3) Louis XII était retenu à Melun par une attaque de goutte.
410 LA DIPLOMATIE AU TBMPS DK MACHIAVEL
Févêque de Bergame^vénitien, le roi écrit au pape de nouveau pour insister sur la nomination d'Ambroise Trivulce, fils du maréchal, à cet évêché. [Conb^, Robebtet] .
7. Trot/es^ 23 avril. Avis que le roi écrit au pape pour recommander : le cardinal de Finale, pour Tévéché de Brescia, dont le titulaire est gravement malade : le protonotaire de Duras, fils du sire de Duras, pour Tabbaye de S'* Croix à Bordeaux. Insister énergiquement sur la première demande, parce qu'il faut à Brescia un homme sûr. [Contr. RobertctJ.
8. Ty^oyes, 25 avriL A la demande de l'ambassadeur durci catholique, avis que le roi écrit au pape pour lui recommander maitre Pierre Martirc *, pour des bénéfices jusqu'à concurrence de 800 ducats^ dans le duché de Milan, « en contemplation dudit Roy. » [Contr. Robertet].
9. TroyeSy 27 avriL Avis que le roi écrit au pape pour demander les premiers bons bénéfices vacants en faveur de frère Pierre A8se,frère du S' du Plessis,écuyer de l'écurie, lieutenant de la compagnie de Robinet de Framezelles. Insister chaudement à cause des services du sire du Plessis. [Contr. Robertet].
10. Dijon ^ 10 mai. Les frères prêcheurs de Berne s'étant rendus coupables de certain « cris », le pape a ordonné de les priver de leurs biens, de les chasser de la ville et de l'ordre, s'il ne paient 8.000 florins pour les frais de la condamnation. Le pape a pris, dit-on, cette mesure « pour éviter crudélité et fureur dudit peuple de Berne, qui eut destruict ledit couvent. » La justice ne doit pas fléchir devant les passions populaires. Le roi, ayant grande affection pour les frères prêcheurs qui lui ont plusieurs fois fourni et lui fournissent encore son confesseur, et qu'il a trouvés gens de bien et de bonne vie, ordonne à Tambassadeur d'intervenir, de demander
1) Le célèbre Pierre Martyr irAnghera.
APPENDICE, g. CORRESPONDANCE b'l> FIO 441
au pape bonne justice, par ùea juges impartiaux délégués de Sa Sainteté, ou par des arbitres élus de part et d'autre. Ordre de 7'elenir la lettre, [Conlr. Dk Sanzaï].
11. Dijon, 12 mai. Avis que le roi écrit au pape pour le prier d'admettre la résignation par révêqued'AIbidel'évêché de Vence, qu'il a reçu sur la demande du roi, en faveur de qui il nommera. [Cont, Robebtet].
12. Dijon, 13 ynai. Le protoaotaire Jacques de Martinego *, fils de Thadée de Martinego, s"' de la Mothelle, étant actionné par un vénitien en cour de Rome pour ]apossessiondu bénéfice de Pontavic ', ordre à l'ambassadeur de faire toutes démarches nécessaires prés du pape et des cardinaux, pour maintenir Martinego, car le roi ne peut admettre dans ses conquêtes un des vénitiens, ses ennemis. [Contr, Robebtet].
13. Lyon, 18 mai. Avis que le roi écrit au pape en faveur de Jean des Roches, son conseiller, chanoine de N. D. de Cléry, pour le pourvoir de l'abbaye de Lassye en Gastîne. [Contr. Robbrtet].
14. Colombiers ', 21 mai. Le cardinal d'Amboisevenantde mourir, au grand détriment du royaume et de toute la chrétienté, avis que le roi écrit au pape pour demander l'archevêché de Rouen en faveur du protonotaire Georges d' Amboîse , fils du sire de Bussy, filleul, neveu et protégé du défunt. Appuyer chaudement cette lettre pardesdémarches près du papeet des cardinaux. [Contr. Robertet].
15. Cr^ieu *, 29 mai. Le roi ayant précédemment et à plusieurs reprises demandé pour Jean de Salazart l'évêché d'Arras, et le pape retardant d'y pourvoir sur les démarches
1) Marlinengo.
2) Ponlevico?
3) Isère.
4) Isère.
des ambassadeurs de Tempcreur et de la duchesse douairière de Savoie qui veulent un évêque de leur choix, avis que le roi, suivant Texemple de ses prédécesseurs, écrit au pape pour insister, parce que le temporel de cet évêché est en mouvance de la France. Ordre de tenir ferme au maintien des droits royaux. [Conlr. Robertet].
16. La Héronnière^, \juin. Le cardinal de Pavie fait à Rome des démarches pour obtenir, par un rescrit en faveur du protonotaire deMiolanSjl'évéché de Valence, contre le titulaire actuel régulièrement investi sur la demande du roi et confirmé par arrêts ; avis que le roi s'en étonne fort et qu'il écrit au pape pour faire cesser Tintrigue. Ordre d'y tenir la main. [Çontr. Robertet].
17. BloiSy 3 juillet. Le cardinal de Pavie prétendant une pension de 500 ducats sur Tévêché de Tournai, le roi a écrit précédemment au pape, au cardinal et à Tambassadeur, pour lui faire avoir 550 ducats de bénéfices dans le duché de Milan, en échange d'une quittance au nom de Charles de Hautbois, évoque de Tournai. A la nouvelle de la mort de Tévèque d'Alexandrie, prévôt de « Capuchy ' », de Tordre de S' Jean « des Humiliatz », avis que le roi écrit au pape pour lui demander Tévéché ou la prévôté en faveur du cardinal, sous la condition ci dessus. Ordre de s'en occuper, -attendu la situation spéciale de Tévêché de Tournai. [Contr. Cotebeau] •
2* Lettres du premier ministre.
Ces lettres sont les vraies dépêches politiques ; en forme de missives ordinaires, la formule finale autographe. Dans l'espèce, elles émanent du cardinal d'Amboise. Mais, sous Louis XII, la direction
i) Rendez- vous de chasse près de Lyon,
2} A Milan, où étail le siège de l'Ordre des Humiliés.
APPENDICE. B. CORRESPONDANCE d'a. PIO 443
des affaires en Italie était centralisée à Milan, dans les mains de Charles d'Amboise, seigneur de Ghaumont, gouverneur du Milanais. C'était donc au sire de Chaumont qu'il appartenait de transmettre à Tambassadeur les nouvelles officielles, en sorte que la correspondance du Premier Ministre avec l'ambassadeur se trouve en quelque sorte dédoublée. Le cardinal conserve la direction générale, le sire de Chaumont transmet les courriers et les nouvelles.
Lettres du cardinal-légat Georges d'Amboise.
1. Blois^ 2 mars. Le cardinal remercie Tambassadeur de ses lettres et de ses vœux. Il se trouve bien (« tant de mes goûtes que de ma gravelle »), et compte partir lundi avec le roi pour Paris, la Bourgogne et Lyon; Tarmée s'apprête pour les affaires dltalie. L'ambassadeur recevra des nouvelles et est prié d'en envoyer. Prière de baiser les pieds du pape : le cardinal est tout à ses ordres, mais il désire être mieux traité dans la légation .d*Avignon. Dix ou douze jours avant Tarrivée de Tambassadeur, le pape a donné à un « marran, » neveu de monseigneur d'Avignon, la vicegérence, chose contraire aux droits du légat, et que Sa Sainteté n'a jamais voulu permettre au pape Alexandre. Le neveu du cardinal, le grand archidiacre de Rouen, « plaidoyt » la prévôté d'Avignon contre feu Baudouys « qui n'y avoyt riens ». Cependant le pape a reïusé de le subroger à Baudouys et a donné la prévôté à un autre pour éterniser le procès. L'office a peu de valeur, mais le cardinal a « terriblement grand mal » de se voir traité de la sorte, « moy qui sers nostredit Saint Père tous les jours à coudes et à genoulx ». Quoi qu'il arrive, il se conduira toujours envers le pape comme il doit, et il espère que le pape le reconnaîtra.
2. Palaiseau^ prés Paris^ 15 mars. Remerciements pour les lettres écrites au cardinal et au roi. Quelques « ymaginacions » qu'on mette en avant près du pape, le roi, ni pour les
[ères bénéticiales He l'évêque de Pavie, ni autrement, n'a nduagircontre le Saint Père. Uest prêta se lier plusétroient, n'ayant aucune obligation qui l'en empêche : il ne déquela conservation de Sa Sainteté... L'ambassadeur aura louvelles, car les postes du roi vont jusqu'à Bolo^e; prière
envoyer, et que le pape fasse aller ses postes aussi à Boe. Le roi va très bien; il sera samedi à Paris, pour son ige « à Monseigneur S' Denys, » et il ira & Lyon. L'armée inue A passer, tout est en aussi bon ordre que possible.
au demouraiit des nouvelles de deçà, nous avons laissé loyne grosse. Nous n'en faisons pas encores icy grant ^t. Toutesfoys maistre Salomon ' et tous les autres médiasseurent saps point de faulte qu'elle l'est. Dieu par sa cte grâce luy en dointjoye!» Le cardinal est sans réponse [. d'Auch pour les affaires de sa légation, qui ne s'amésot point. Prière d'y veiller.
Pari^, 22 mars. Lettre de vive recommandation pour éformation des carmes. Prière de répondre de suite au et au cardinal.
Pantoise, 2 avril. On a eu grand peine à réformer quelques vents deSoint François, spécialement à Paris et à Rouen. Au [►itre généralissime de l'ordre tenu à Rome, on a, sur l'oi^
du pape, décidé le maintien des réformations opérées ip mon auctoritc ». Quelques uns s' agitent pour faire i-ap- «r cette ordonnance. Ce serait un scandale presque insupable. Prière d'y veiller et de faire expédier les provisions.
Melu», 5 avril. Le cardinal a reçu les lettres de l'amtadeur et vu ce qu'il écrivait au roi. Il arrive de sa raaide Vigny, oii il a fait les noces de sa nièce de Brenne avec ils de Monseigneur de Sedan, en très bonne chère. Le
APPENDICE. B. CORRESPONDANCE d'a. PIO 445
roi, retenu ici par « ung peu de goute » , espère partir lundi pour Lyon et au delà. Envoi de nouvelles par note chiffrée jointe à la dépêche.
6. Châtillon sur Seine, 27 avril. Remerciements à Tambassadeur, de ce que tout est changé et va pour le mieux depuis son arrivée. Le cardinal a envoyé le projet d'alliance au roi, qui y répond article par article. Le chancelier et le trésorier écrivent qu'on n'a pu lui faire admettre autre chose : à l'ambassadeur, avec son habileté ordinaire, de faire accepter au pape ces articles, car, en somme, tous se résument en un. Pour l'abbaye de Sainte Christine, « l'on m'a voulu faire acroire, par deçà », qu'elle n'était pas de celles dont main levée était donnée lorsqu'on dépêcha l'ambassadeur ; « maiz j'ay tant cryé » que le roi a écrit au grand maître de la délivrer. Que M. de Sinigaglia envoie un de ses gens au cardinal et au président de Dauphiné, et qu'il ne s'en inquiète pas ; le cardinal en fait son affaire. Le roi, qui a eu la goutte, va bien; il sera à Lyon le S ou 6 mai. Le cardinal voudrait être deux heures avec l'ambassadeur pour se faire conter les belles harangues du consistoire : « Annuncio vobis gaudium magnum ». Tout va très bien. On est sûr de tous les alliés, sauf du roi d'Aragon (chiffré)^ jaloux, mais qui n'osera agir ouvertement. Le roi est très satisfait que l'ambassadeur ait reconcilié les deux cardinaux: reste à les contenir. L'un {ici, un signe con7)entiomieJ)émi\es plus fâcheuses lettres. Plût à Dieu qu'il fût dans son évêché ! * Le cardinal remet à l'ambassadeur le soin des recommandations aux cardinaux [chiffré). Il sera reconnaissant toute sa vie.
7. Lyon, 18 mai. Le pape étant mécontent que le roi ait refusé les deux articles des « protections » et du « passage du Pô », le cardinal a obtenu deux articles, ci joints, dont le pape doit se contenter. Vives déclarations qu'il a agi w en bon
\) Il s*agtt probablement du cardinal de San Severino.
cardinal » et pour être agréable au pape, afin d'éviter une rupture, et que le roi désire être bon fils du pape; il espère que le pape n'aura plus de ces fâcheuses impressions. Demande du bref « pour le fait d^Oppéde m, qu'il ne remettra pas à un autre, désirant plutôt augmenter que diminuer l'autorité de la légation. Pour la vicegérence, il demande l'expédient suggéré par le pape.
Dépêche eniiêretnent chiffrée, — « Le roy a esté bien aize de scauoir de uoz nouuelles bien au long, et, a la vérité, sans flaterie, uous Tauez scruy aussi diligenment et aussi loyaument que jamais sauroit faire honme ung tel maistre que le dit sieur; et uous asscure qu'il le scait bien dire, uous aduisant que, quelque chose que l'on die, que jamais il ne fut si sain ne si gaillart qu'il est, et, Dieu mercy, ses aiBfaires se portent si très bien que j*espere que, deuant que l'esté soit passé, ung chascun congnoistra que son amityé est bonne. Quant a Seuerus^ par mon arme, ie ne scay quel conseil tenir pour luy oster ses ymaginacions, qu'il a en la teste ; car si Dieu luy a donné ce uer qui luy ronge le cueur pour ses péchez, tous les hommes ne le luy scauroient oster et n'y a remède, sinon qu'il se recommande a Dieu et qu'il laisse sa mauuaise vie ; car la ou Dieu mect la main, les hommes n'y peuuent riens. Et au regart de Touuerture qui auoit esté faicte de faire plus estroicte * auecque luy, le roy sera tousiours très content, porueu qu'il ne le uculle contraindre de faire chose qui soit contre son honneur. Et au regart des seuretez, c'est du • et de *, le roy en est très content s'ilz le ueuUent faire et les en priera de très bon cueur, maiz de s'en faire fort sans auoir
4) Le pape.
5) Suppléez : Ligue.
3) Signe conventionnel (trois pointes), signifiant le roi d'Aragon.
4) Signe conventionnel (une pointe aiguë, la tète en bas, avec deux ailet rondes), signifiant le roi d'Angleterre.
APPENDICE. B. CORRESPONDANCE d'a. PIO 447
enuoyc deuers eulx, uous entendez très bien qu'il ne les tient pas en sa manche ; mais, pour conclusion, toutes les seuretez et tout ce qu'il pourra faire pour luy donner a congnoistre que iamais il ne eut autre uoulonté que d'estre son bon filz, il le fera de très bon cueur, mais aussy que nous ne soyons pas tous les iours du monde a reconmencer.
Je vous remercye de ce que auez fait pour moy touchant les tours que Ton m'a faiz en ma legacion d'Avignon, et, selon ce que m'escripuez, auez très bien conmencé touchant la preuosté de mon nepueu Tarcediacre : de la uicegerence, s'il nient a quelque bon propoz, je uous prie, dictes luy qu'il m'en laisse faire, puis qu'il luy a pieu de m'en donner la charge, et j'ay espérance de l'y sy bien servir, qu'il n'en aura point de reprouche en ce monde ne en l'autre. Et que pour marran, tel que cestuy la, si ingrat et a qui j'ay fait tant de bien, il n'auroit point d'honneur a me faire tant de honte. Et, cela fait, ne restera que la place d'Opede, que ce bon sieur messire Accurse Maynyer* a impetré quelque bref, par lequel Seuerus exconmunie tout le monde qui empesche que Pon ne luy baille la possession de la dicte place d'Opede, qui est une place de l'église, a quoy pour tout Tordu monde je ne consentiroye, pour le serement que j'en ay. Et quant il plairoit a sa Saincteté d'envoier ung autre brief, par lequel il declaireroit que par ce qu'il a fait il n'entent point preiudicier aux droitz de l'église, on le fera bien venir a la raison ; et, sur mon ame, ce que j'en faiz n'est que pour la descharge de sa conscience et de la mienne. Et du tout je vous prie nCadvertir par le premier qui viendra^. Je uous renuoye la lectre que Splendens uous auoit baillée pour enuoyerpar deçà, laquelle lui auoit esté escripte d'Angleterre ».
4) Accurse Mainier, sg^d'Oppède (Vaucluse), dont le cardinal avait essayé de faire un ambassadeur.
2) Phrase non chiffrée*
Lettres de Charles ctAmboise, seigneur de Chaumontj
gouverneur du Milanais.
1. Milan, 20 février. Nouvelles de France : le roi d'Angleterre se déclare fidèle à Talliance de son père. Le maréchal d'ArizoUes, qui est là, écrit que le roi y envoie Tabbé de Fécamp pour la renouveler. Les Valaisans ont fait alliance aussi, et comme Tévêque et le bailli de Sion s'y opposaient, ils les ont assiégés plus de sept ou huit heures pour qu'ils donnent les sceaux. L'alliance est scellée. Peu à peu, tous les cantons feront de même. Les affaires vont très bien. Au printemps, on verra du nouveau. Missive sur feuille double^ petit f^. Sign. autog. : «Vostrebon frère et amy, Damboyze ». Adresse: « A Mons' de Carpy ». Intitulation : « Mons' de Carpy )>.
2. Lettre au cardinal aTAlbi. — Milan, 8 mars. — Espoir que malgré l'absolution donnée aux Vénitiens d'après la lettre du cardinal, le pape restera un bon père pour la France. Le pape refuse de croire à l'alliance des Valaisans : on peut la lui certifier. Tout va bien, l'armée arrive, elle entrera en campagne au début d'avril. Le cardinal ayant demandé 500 écus de bénéfices en Milanais, on l'invite t obtenir du pape une expectative de 1,000 écus. Les 500 premiers seront pour ses candidats ; le sire de Chaumont en donnerait, ensuite, 300 à son médecin et 200 à divers de ses gens. Transmission d'une poste qui arrive, par laquelle le cardinal verra que le roi et le légat vont bien. Miss, sur feuille double, petit /^. Sign. autog. : « Vostre hobéisant frère et serviteur, Damboyze. » Adresse : a Mons' R"* Mons' le cardinal d'Alby ». Intit. : « Mons' R»* ».
3. Milan, 3 avril. Reçu les lettres de l'ambassadeur du 23 mars, et son paquet pour le légats que M. de Chaumont expédie par la poste. Reçu précédemment ses lettres de Civita Vecchia, auxquelles il a répondu dans un paquet adressé au
APPENDICE, fi. C0RHE9P0MDANCB D*A. PIO 449
cardinal d'Albi. M. deChanmont exprime longuement l'espoir que le pape restera ami de la France. Nouvelles de France : le roi arrive à Lyon. La paix et alliance est signée avec TAngleterre : le roi va en faire faire les feux dans le royaume. L'empereur a obtenu de la diète ce qu'il desirait et va renforcer son armée. L'artillerie est à Asti. Nous verrons bientôt les Vénitiens de près. « J'ay ordonné à la poste de Parme me fere apporter tous les paquetz que luy adrescerez pour me envoler. » Miss, sur feuille double. Sign. aui. : « Vostre bon frère et amy, Damboyze. » Adr. : «A Mons*" de Carpy, ambassadeur pour le Roy à Rome ». Intit. : « Mons'de Carpy ».
4. Milan, 7 av7^il. Reçu vos lettres et transmis le paquet au légat. M. de Ghaumont est bien aise que l'ambassadeur ait montré sa lettre au pape et que celui ci en soit satisfait. Le pape peut compter sur l'absolue vérité de ces déclarations. Reçu la poste de France et le paquet de lettres du roi adressées aux cardinaux d'Aucb, d'Albi, à l'ambassadeur, à M, de Gimel. Vous y verrez la paix avec l'Angleterre. M. de Ghaumont transmet même au cardinal d'Albi copie de la dépêche des ambassadeurs du roi, communiquée à Milan. De là les feux de joic'faits dans le duché. Les Vénitiens, grâce à des intelligences, sont venus aux pieds des murs de Parme, pour s'en emparer. Us ont dû se retirer, poursuivis par des coureurs : on aurait fait une sortie, si Ton n'avait craint le désordre des jgens de l'empereur. Ils sont désespérés. G'était tout leur espoir. L'artillerie va arriver à Milan ; le maître y est déjà. Des troupes arrivent. Le général de Normandie va venir prendre la direction des vivres. Mêmes formules que dessus. Adr. \ « A Mons*^ de Carpy, ambassadeur pour le Roy devers nostre
Saînct Père ».
LA DiPLOMATlK Ât TEMPS DE MACHIAVEL
5. Biagras \ 10 avril, Leix)i écrit de nouveau au pape et aux cardinaux pour avoir les bulles de M. de Duras, dont la postulation a été admise, sur sa requête, pour Tabbaye de Saint Ferme. M. le cardinal d'Albret y met empêchement* Mêmes formules. Adr.\ « A Mons' de Carpy, ambassadeur pour le Rov, à Rome ».
6. Milarij 2 mai. Reçu les letti*es de lambassadeur, la der* nière du 25, et transmis parla poste le paquet pour le cardinal. M. de Ghaumoht est très heureux des excellentes assurances du pape. Le pape s'étant plaint qu'on reçoive à Milan lesBentivoglio, prière de lui répondis qu'on n'en a vu aucun depuis trois ans, sauf Alexandre qui y réside habituellement. M. de Chaumont a ordonné de les arrêter, si on les trouve en Milanais. Quant à J. B. Ferrier, il a prescrit au podestat de Crémone d'ouvrir une enquête judiciaire. M. de Chaumont fera tout pour le pape. Il lui écrira des nouvelles, comme le cardinal d'AlbiTy engage. M. de Chaumont part pour commander Tarmée ; on peut adresser les lettres au président du Dauphiné : il transmettra celles destinées à la cour. Le « Cassenygue » est, je vous le certifie, en possession du bénéfice. Ci jointe, une lettre pour M. d'Albi. A Tinstant arrive un courrier de France ; le pape aura lieu d'être satisfait. Recommandation d'aider autant que possible M. d^Albi. L* ambassadeur a demandé à venir au camp : Chaumont le remercie, msds trouve sa présence plus utile à Rome. Mêmes formules. Adr. : «A Mous, de Carpy».
7. Labbadye^^ iQmai. M. de Chaumont a écrit hier que rAb* badie a été occupée, que le Ponlesine de Ruychz' s^est rendu. L'ennemi, au nombre de 4 ,000 hommes de pied et 2, 000 chevaux, s'est enfermé dans une tour au rein de l'Adige, d'où on Ta dé*
1) Abbiate Grasso.
^1) Badia, sur TAdige.
3) Rovigo.
APPENDICE. B. CORRESPONDANCE d'a. PIO 451
logé, et il a fui. Hier soir, plus de 1,200 hommes passèrent par bateaux, et attaquèrent nos hommes : on les a refoulés « à grands coups » dans leurs bateaux, ils ont perdu 600 hommes et plus de 300 blessés. Cette nuit, ils ont abandonné tour et rivière, et ont fui. Les Français sont maîtres du passage. On jettera un pont demain. Les Vénitiens, au camp devant Vérone, se sont repliés mercredi, avec leur artillerie. Ils feignaient de venir disputer l'Adige ; ils se sont retirés sur Padoue. M. de Conti et les gens de Tempereur pourront bien donner sur leur queue.
7 bis, Castelbalde^y 18 mai. La poste n'a pu partir hier. Aujourd'hui, le camp est venu à Castelbalde. Monteynant', belle petite ville, s'est aussitôt rendue. On va continuer à marcher. Les batteurs ont ramassé dans la campagne quelques Vénitiens qui s'étaient cachés. Mêmes formules. Adr: « A Mons. de Carpy, ambassadeur pour le Roy devers nostre Sainct Père à Rome ».
8. « Montegnant », 19 mai. Vive recommandation pour une supplique au pape, de Georges Souspressa, ancien chef de
bandes d'Allemands du pape, à présent grand ami du roi dans les Ligues. L'évéque de Sion a dit publiquement que l'alliance avec le pape était contre le roi ; prière de répéter ce propos au pape, pour qu'il fasse connaître que Tévêque est un w menteur ». Tout le pays perdu par l'empereur l'an passé est reconquis. Restent « Vincence * et Monzelles*», où les ennemis se sont retirés en grande peur. Chaumont compte les déloger demain et les pousser sur Padoue. Depuis leur échec, ils s'étaient dispersés. Chaumont a envoyé quelques gens, qui ont taillé en pièces ceux qu'ils ont trouvés. Mêmes formules»
1) Caslelbaldo^ sur TAdige, au sud de Legnago.
2) Montagnana.
3) Vicenza.
4) Monselice.
Adr, : « A Mons' de Carpy, ambassadeur pour le Roy, devers nostre Sainct Père ».
9. Barbarom\ 22 mai. A l'arrivée de Chaumont, Tennemi a évacué Vicence, dont les habitants ont offert les clefs : en attendant les gens de Tempereur, Chaumont a pris leur garde et défendu de les attaquer. Ils apportent force vivres. Le château de « Montselse» tient encore pour Tennemi; on va le prendre, puis on prendra Lynogue *, quoique bien fortifié et réparé. L'empereur s'es't borné à écrire à Chaumont une lettre très gracieuse pour le nommer son lieutenant général, et il a prescrit à ses gens de lui obéir. Le double de cette lettre est joint.
9 bis. Même camp^ 24 mai. Le prince de « ilérauld ' » est venu avec Tarmée impériale reconnaître Chaumont pour chef: celui ci, trop honoré d'être lieutenant général du roi, a « couppé la broche, mais pas sans grant payne, car il a esté deux jours aprez moy pour cest affaire ». Entin, il a été entendu que les Impériaux iraient à Vicence et les Français à « Lynague. » Mêmes formules, Adr, : « A Mons' de Carpy, ambassadeur pour le Roy à Romme ».
10. Camp de Sottssan\ 27 mai. Reçu leslettres de Fambas^ sadeur du 15, du 18 et du 19. Pour celle du 15, il est faux que les Bentivoglio, dont le pape a parlé, soient « si folz que d'eulx venir tenir en la duché de Millan » ; on leur ferait « mettre la main sur le collet ». Toutefois, pour satisfaire le pape, Chaumont écrit au président de Milan de s'enquérir si Annibal est à Milan, comme l'écrit rambassadeur,et de l'arrêter, s'il y est ; il écrit de même à Tévéque de Finale, pour Brescia ; sileprotonotaireet Hermès y sont, on les y arrêtera. Mais- certainement
1) Barbarano.
2) Legnago.
3) Auhalt.
4) Sossane.
APPENDICE. B. CORRESPONDANCE d'a. PIO 453
ils n'y sont pas. Deuxième plainte du pape : les Français ont traversé le Ferrarais pour gagner le Polésine à Reny*. Il Ta bien fallu. Quant au projet d'envoyer 150 hommes à Ferrare, c'est une invention fantastique. Pas un homme n'y a mis le pied. Que le pape cesse donc de croire toutes ces inventions ! Pour la lettre du 18, Chaumont est heureux de l'impression produite par sa lettre sur le pape. Il prie l'ambassadeur et M. d'Albi déparier au pape dans le sens de ce qu'il va chiffrer, et de chasser toutes ses imaginations. Le pape dit que je suis serviteur du roi et à ses ordres; oui, mais quand- j'affirme une chose sur mon honneur, c'est que je sais ce que veut le roi [Suit un paragraphe chiffré) *. Quant aux nouvelles, nous avons chassé les ennemis jusqu'aux portes de Padoue, ' mis les gens de l'empereur dans Vicence et avec eux 400 hommes d'armes, 1,200 hommes de pied. Le camp va être porté devant Lignague, qu'on compte prendre, quoique bien muni, bien fortifié et entouré d'eau. On ne partira pas qu'il ne soit pris. Miss, sur feuille double. Sig. : « Vostre bon frère et amy, Damboyze ^^Adr,: « A Mons"" de Carpy, ambassadeur pour le Roy, à Homme ». Intit. : « Mons'de Carpy ».
11. Camp deMontignane, 14 jMm. Reçu les lettres du 8 juin, de condoléance sur la mort du légat. « Vous y avez perdu ungbon amy... » Avisé de la pratique de Mantoue, Chaumont
1) Rovigo.
2) Traduction : Pour fere chose aggreable à Sa Saincteté, yescriptz « au roy que, atendu que Tempereur n*est pas pour uenir de long temps et qu'il n'a encores riens prest, aprçs auoir pris Lignague, lequel j'espoire prendre en brief, avec l'aide de Dieu, que ledit seigneur fera bien de pourueoir ledit Linage, Vallege (Villafranca ?), Pesquiere (Pescliiera), et Bresse (Brescia) de quatre mil pour garder la frontière et de séparer son armée : car d'entretenir ceste despence, aclendu les choses de l'empereur comme elles sont, ce ne seroit que despence perdue; et en tout ce que je pourray faire service a sa Sainctelé et chose qui luy soit aggreable, je metteray peine de le fere. »
a envoyé Tanibassadcur de Tempcrour et M. de Concressault à la marquise ; ils arrêteront tout. L'armée du roi était rompue : on Ta rassemblée à cette nouvelle, et dans quatre ou cinq jours on se joindra aux Impériaux. Le roi ne négligera aucune dépense. Le roi et l'empereur sont amis. Miss, sur feuille simple, Adr, : « A Mons' de Carpy, ambassadeur pour le Roy, à Romme ». IntituL : d Mons*" de Carpy ».
12. Au camp^ou VacaHnde Courtareul\ 21 juin, Lesimpériaux et Français sont arrivés ici, à cinq milles de Tennemi, à sept de Padouo, sur la rivière de la Brente. On a fait dresser un pont, parce que l'ennemi, pour garder le passage, avait occupé Lymcun *, à deux ou trois milles d'ici. Cette nouvelle et des coups d'artillerie les ont fait déloger ce matin, de bonne heure. Chaumont y a été mettre Moslart avec 4.000 bom* mes de pied. On peut ainsi aller jusqu'aux portes de Padoue. On y remettra Tennemi, i< pour aller combatre la mortallité m. Cytadelle • s'est rendue : on espère que Hassan * et Maroscigne " en feront autant. Les Vénitiens ont environ cent chevaux turcs qui ont l'habitude de tuer les gens, quand ils les prennent, « ou de les vendre aux villains, qui les martirizent ». On les a rencontrés, et on en a tué environ cinquante; on leur a fait trancher la tète. On a respecté les italiens et les albanais prisonniers, parce qu'ils traitent bien nos prisonniers. Mêmes formules.