‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débutsChapitre 170 sur 246 · DUBOIS, ALBERONI ET GQERTZ · texte numérisé non relu

DUBOIS, ALBERONI ET GQERTZ

feldde suivre à Aland les négociations entre la Suède et le Tsar : <{ Il faut tout faire, disait Frédéric Guillaume P'', pour nous ménager une part à ces traités. C'est la question la plus importante*. » Le 16 aviil 1718, il concluait : « Le Danemark s'est lié avec l'Angleterre, et la Pologne commence à entrer en relations avec elle. Il est d'une extrême nécessité que le Tsar s'unisse avec nous sur un certain plan -. »

Gœrtz faisait les mêmes réllexions. Il redoutait alors la médiation de la France, trop attachée à l'Angleterre^ : il exploitait habilement les querelles des ennemis de Charles XII, les rancunes du Tsar, de la Prusse contre l'Électeur de Hanovre. Le médecin de Pierre le Grand, Arcskin formait avec la Suède et le Jacobile Ormond un complot dangereux pour la maison de Hanovre*. Charles XII, prenant l'offensive à la fin de janvier entrait en Norvège avec trente -cinq mille hommes, et commençait les hostilités contre les Danois. Georges P'" avait les mêmes vues sur les affaires du Nord que le Régent sur celles du Sud. A la guerre sans doute, tous deux préféraient la paix, mais d'une certaine manière, l'un, pourvu qu'il eût. Electeur de Hanovre, la certitude de garder Brème et Verden, l'autre le moyen de ne point manquer la succession de Louis XV.

A cette double condition, ils ofTraient donc la paix à la Suède et à l'Espagne, sans leur accorder d'ailleurs les compensations que Charles XII cherchait^ aux dépens du Danemark, en Norvège, ou Philippe V en Italie aux dépens de l'Empereur. Alberoni et Gœrtz poussaient leurs maîtres à rejeter ces offres humiliantes et désavantageuses^.

Ce ne fut point un hasard, si l'idée vint un jour à leurs agents de La Haye et de Paris, Beretti Landi et Poniatowsky,

1. F. G. l'-'à Mardefeld, 19 février 1718 : « Soll ailes Thun unsdie Concurrenz an den Traktalen zU Wege zu bringen. Es ist dies die imporlanteste Frage die ii:ir jetnalen liahen hœnnen (Drojseti. llnd., p. 2?8\

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