II. '. %z
iU CANTO TRENTESIMOSECONDO.
^ Quel che rimase, corne di gramigna Vivace terra, délia piuina, offerta Forse con întenzion casta e feenigna,
*7 Si ricoperse , e funne ricq)erta
E r una e l' altra rota e il témo in tanto , Che piii tiene un so^ir la bocca aperta.
^ Trasformato cosi il dificio santo Mise f uor teste per le parti sua , Tre sovra il temo , ed una in ciascun çantQ.
*• Le prime eran cornute come bue ;
Ma le quattro un sol corno avean per fronte : Sîmile mostro visto mai non fue.
*^ Sicura, quasi rocca in alto monte, Seder sovr'esso una puttana sciolta M'apparve con le ciglia intorno pronte.
** E, come perché non gli fosse tolta, Vîdî di «osta a lei dritto un gigante, E baciavansi însieme alcuna volta :
" Ma perché Tocchio cupido e vagante ik me Tivotee, ^piel féroce érudo La flagdlô dfifl capo insm \e piante.
^* Poi, di sospetto pieno e d'ira crudo, Disciolse il mostro , e trassel per la selva Tafito^p che sol di lei mi fece scudo
Alla puttana ed alla nuova belva.
Ce qui resta d'intact, comme de gazon se recouvre une terre vivace, peut-être à bonne et pure intention, de la plume offerte
Se recouvrit, et en furent couverts Tune et l'autre roue et le timon, en moins de temps qu'un çoupir ne tient la bouche ouverte.
La machine sainte ainsi transformée, de ses parties sortirent des têtes, trois sur le timon, et une à chaque
com
Les premières avaient des cornes comme les bœufs ; mais les quatre autres avaient une seule corne au front; jamais on ne vit monstre semblable.
Pleine de sécurité, comme une forteresse sur une haute montagne, assise dessus m'apparut une courtisane éhontée^fi, promenant autour ses yeux hardis.
Et comme pour qu'elle ne lui fût point enlevée, je vis à côté d'elle un géant^^ debout ; et quelquefois ils se baisaient.
Mais ayant vers moi tourné son regard errant et convoiteux, ce féroce amant la flagella de la tête jusqu'aux pieds.
Puis, plein de soupçon et transporté de colère, il délia le monstre ^s, et le traîna dans la forêt, si avant qu'à ma vue elle déroba ^^
La courtisane et la nouvelle bête.
CANTO TRENTE&IMOTERZO
* Dexis, vénérant génies^ altemando»
Or tre or quattro, dolce salmodia Le donne incominciaro, lagrimando
2 E Béatrice sospirosa e pia
Quelle ascoltava si fatta, che poco Più alla croce si cambiô Maria.
* Ma poichè V altre vergini dier loco A lei di dir, levata dritta in piè , Rispose, colorata corne fuoco :
Modicum, et nonvidebiti$mey Et iterum^ sorelle mie dilette , Modicum « et vos videbitis me.
* Poi le si mise innanzi tutte e sette , E dopo se, solo accennando, mosse Me e la Donna , e il Savio che ristette.
DeuSj venerunt gentes^^ chantant à deux chœurs, ores trois, ores quatre, les dames en pleurant commencèrent ime douce psalmodie.
Et avec de pieux soupirs Béatrice les écoutait, si défaite, que près de la croix peu plus ne Tétait Marie.
Mais, lorsque les autres vierges ayant cessé, elle put parler, se levant droite en pieds, rouge conune le feu, elle répondit :
Modicum^ et non videbitis me; et^ iterum^ mes sœurs bien aimées, modicumj et vos videbitis me^.
Puis elle les fit toutes sept passer devant elle ; et après elle, seulement d'un signe, elle mut moi, et la Dame *, et le Sage ^ qui s'était arrêté.
41$ CANTO TRENTBSIMOS.ECONDO.
** S'io potessi ritrar come assonnaro Gli occhi spietati, udendo di Siringa, Gli occhi a oui più vegghiar costô si caro ;
** Come pintor che con esemplo pinga, Disegnerei comMo m'addormentai; Ma quai vuol sia che Tassonnar ben finga.
*^ Perù trascorix) a quando mi sveglîai , E dico ch'un splendor mi squarciô il vélo Del sonno, ed un chiamar : Surgi, che fai?
^* Quale a veder de^fioretti del melo, Che del suo pomo gli angeli fa ghiotti, E perpétue nozze fa nel cielo,
*• Pietro e Giovamii e lacopo condotti, E vinti ritornaro alla parola, Dalla quai furon maggior sonni rotti,
*^ E videro scemata loro scuola, Cosi di Moisè come d'Elia, E al maestro suo cangiata stola ;
*^ Tal toma'io, e vidi quella Fia Sovra me starsi, che conducitrice Fu de' miei passi lungo il fiume pria ;
** E tutto in dubbio dissi : Ov'è Béatrice? Ed ella : Vedi lei sotto la fronda Nuova a sedersi in su la sua radice.
CHANT TRENTK'DEUXIÊME. m
Si j« piiuvaw mtraciîf rîorimMîrit , à Touïr dn Syrynx**, «^aHj^oupînînt Ich ymx impItoyHblim, Utnymx mxqmh l« plun veiller coûta m cher **,
Cfmtme un pr^întrc qui de^Minc d^aprfn un mridfele, jft pinndrdiH comment je m'endonnin ; rnaÎM le Tôhm*? qui bien «aura repr/îWinli?r le wjinmeiller.
Je immi donc au moment o(i je me r/îveîjlaî, et je diM que pour moi d/;chîra le voile du H^ifnmeil une vive nplendeur et une voix qui m'«p(Wîla : « U^ve-loi, que fôiM-tu?»
If'U que , conduite pour voir len fleuri* du pommier, qui di! mn fruit rend Icm angen aviden, et entretient dann le ciel ufi festin perp/5tuel ,
Pierre et Jean et Jacques**, ann^jupi^, m réveillèrent h la parole par laquelle furefit rom|)UH den liommeilH plu» profonde *^,
Et virent leur troupe diminuée de MoTne frt d'Élie, et de leur maître la robe chanjçée ;
Tel me réveillai- je, et je vi», debout au-dennu** de moi, cette Dame pieuse, qui auparavant le long du fleuve avait guidé men pa» ;
Et plein de trouble, je dî»: — Où cht Béatrice? Et elle: «Voi».la, mouh le feuillage nouveau, f$mm mr m racine**.
440 CANTO TRENTESIMOTERZO.
^^ Ch'io veggio certamente, e perô'l narro, A darne tempo già stelle propinque, Sicuro d' ogni intoppo e d' ogni sbarrb ;
r-y ,^5 ]>}el quale un cinquecento dieci e cinque, i ' Messo di Dio, anciderà la fuia,
E quel gigante che con lei delinque.'
,:.- *s E forse che la mia narrazion buia, .. ' Quai Terni e Sfinge , men ti persuade, Perch'a lor modo lo intelletto atluia :
:...: f7 Ma losto fien li fattHe Naiâde, , Che solveranno questo enigma forte,
Senza danno di pécore e di biade.
- ^^ Tu nota; e, si come da me son porte Queste parole, si le insegna a' vivi Del viver ch'è un correre alla morte ;
. >® Ed aggi a mente , quando tu le scrivi , . Di non celar quai hai vistçi la pianta , Ch' è or due volte dirubata quivi.
5<>.Qualunque ruba quella o quella schianta, r . . Con bestemmia di fatto oflende Dio , ,' ./ Che solo air uso suo la creô santa.-
jF ^ ,: ?f Per mprder quella , in pena ed in disiô ,0- ; ; Cinquemiranni e piii, J'anima prima Bramô colui che il morso in se punio.
CHANT TRENTE-TROISIÈME. iU
« Car je vois certainement, et pour cela je l'annonce, des étoiles déjà proches, dont ripn ne peut arrêter ni retarder le cours, amener le temps
«Où un cinq cent dix et cinq® envoyé de Dieu, tuera la perverse, et ce géant qui avec elle a forniqué.
« Et peut-être que ma prédiction, obscure comme le langage de Thémis et du Sphinx, moins te persuade, parce qu'à leur manière elle offusque l'entendement ;
« Mais bientôt les faits seront les Naïades qui dénoueront cette énigme embrouillée, sans perte de brebis ni de blé ^.
• «Toi, note : et telles que je les ai dites, redis ces paroles aux vivants pour qui vivre n'est que courir à la mort;
« Et lorsque tu les écriras, aie soin de ne pas celer ce que tu as vu de l'arbre, qui vient d'être ici dépouillé deux fois.
«Quiconque le dépouille ou le brise, par un blasphème de fait offense Dieu, qui pour son seul usage le créa saint ^^
« Pour l'avoir mordu, dans la peine et dans le désir, cinq mille ans et plus, la première âme** a aspiré à celui qui punit en soi la morsure ^.
442 CANTO TRËNTESIMOTËRZO.
22 Dorme lo iDgegno tuo, se n(m istima Per singular cagîone essere eccetsa Lei tanto , e si trayoUo nella cima,
2^ E , se stati non fbssero acqua d' EUa Li pensier vani intorno alla tiia mente , E il placer loro un Piramo alla gelsa ;
^ Per tante circoslanze solamente La giustizia di Dio nello interdetto Gooosceresti all'alber moralmente.
25 Ma, perch'io veggio te nello intelletto Fatto di pietra ed in petrato tinto ,
SI che t'abbaglia il lume del mio detto ♦
26 VogUo anche, e se non scritto, aime» dipinto, Che '1 te ne porti dentro a te per quello
Che si reca il bordon di palma cinto.
27 Ed io : Si come cera da suggello , Che la figura impressa non tf asinuta , Segnato è or da voi lo mio cervello.
2« Ma perché tanto sovra roia veduta y ostra parola disiata vola , Che più la perde quanto più s'aiuta?
2« Perché conoschi,. disse, quella scuola G hai seguitata, e veggi sua dottrina Come puô seguitar la mia parola •
CHANT TRENTE-TROiSIÈME. 443
« Bien endonnie est ton intelligence, si tu ne comprends pas qiie par une raison singulière il est si élevé, et si ravagé dans sa cime,
« Et si autour de ton esprit n'eussent point été l'eau d'Eisa ^* les pensers vains, et leur plaisir ce que fut Pyrame au mûrier *^,
« Seulement par tant de circonstances*^, tu reconnaîtrais, selon le sens moral , la justice de Dieu dans cette défense *^.
« Mais parce que je vois que ton entendement est devenu pierre, et que dans le péché il s'est teint, de sorte que de mes paroles la lumière t' éblouit,
« Je veux aussi que, sinon écrites, au moins peintes *^ au dedans de toi tu les rapportes, pour le même motif qu'on rapporte le bourdon ceint de palmes. »
Et moi : — Comme empreinte par le sœau est la cire qui ne change point la figure imprimée , ainsi mon cerveau par vous vient d'être empreint I
Mais pourquoi votre parole désirée élève- t-elle son vol tant au-rdewus de ma vue, qu'elle la: perd d'autant plus, qu^ plus elle s'efforce?
« Afiui » dit-elle, «que tu connaisses l'école que tu as suivie , et que tu voies comment sa doctrine peut suivre ma parole;
iU CANTO TRfiNTESlMOTERZO.
*<^ E veggi vostra via dalladivina Distar cotanto, quanto si discorda Da terra il ciel ché più alto festina.
^^ Ond'io risposi lei : Non mi ricorda Ch'io straniassi me giammai da voi , Ne bonne coscienzia che rimorda,
*^ E, se tu ricordar non te ne puoi, Sorridendorispose, ortirammenta Si come di Letè beesti ancoi ;
** E , se dal fumo fuoco s'argomenta , Cotesta oblivion chiaro conchiude Colpa nella tua voglia altrove attenta.
*^ Veramente oramai saranno nude Le mie parole, quanto converrassi Quelle scovrire alla tua vista rude.
** E più corrusco , e con più lenti passi ^ Teneva il Sole il cerchio di merigge, Che qua e là, come gli aspetti, fassi ,
*® Quando s*afBsser, si come s'affigge Chi va dinanzi a schiera per iscorta , Se truova novitate in sue vestigge,
^7 Le sette donne al fin d'un' ombra smorta. Quai sotto foglie verdi e rami nigri Sovra suoi freddi rivi l' Alpe porta.
« Et qu'aussi éloignée de la voie divine est votre voie , que la terre Test du ciel qui le plus haut se hâte^». »
Sur quoi, je lui répondis: — Je ne me souviens pas de m' être jamais détourné de vous, et ma conscience ne me le reproche point.
t Si tu ne peux t*en souvenir, • en souriant répondit-elle, «rappelle -toi comment aujourd'hui tu as bu du Léthé.
«Et si la fumée prouve le feu, cet oubli prouve clairement que coupable était ton désir de s'attacher ailleurs ^^
« Mais nues désormais seront mes paroles , autant qu'il conviendra de les découvrir à ta vue grossière, »
Et le soleil plus lent^^ brillait dans le cercle du midi, qui. d'ici et delà se déplace selon les aspects.
Lorsque, comme celui qui pour la guider va devant une troupe, s'arrête, s'il rencontre quelque chose nouvelle, s'arrêtèrent
Les sept Dames à l'extrémité d'une ombre pâle, telle que, sous des feuilles vertes et noires, en offrent les Alpes, près de leurs froids ruisseaux.
416 CANTO TRENTESIMOTERZO.
*^ Dinanzi ad esse Eufrates e Tigri Veder mi parve uscir d'una fontana, E quasi amici dipartirsi pigri,
^* O luce, o gloria délia gente umana , Che acqua è questa che qui si dispiega Da un principio , e se da se lontajsa?
^^ Per cotai pregb detto mi fu : Prega Matelda che il ti dica. E qui risposc , Corne fa chi da colpa si dislega ,
^^ La bella Donna : Questo , ed altre cose Dette li son per me ; e son sicura Che r acqua di Letè non gliel nascose.
^2 E Béatrice : Forse maggior cura , Che spesse volte la memoria priva, Fatto ha la mente sua negli occhi oscura.
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^ Ma vedi Eunoè che là dériva :
Menalo ad esso , e , come lu se' usa , La tramortita sua virtù ravviva.
^^ Come anima gentil che non fa scusa , Ma fa sua voglia délia voglia altrui, Tosto com'è per segno fuor dischiusa;
^ Cosi , poi che da essa preso fui , La bella Donna mossesi, ed a Stazio Donnescamente disse : Vien con lui.
CHANT TRENTE-TBOISIËME. U7
Devant elles, il me parut voir TEuphrate et le Tigre 24 sortir d'une fontaine, et c(»nme des amis lentenaeot se séparer.
— 0 lumière, ô gloire de la race humaine, quelle est cette eau qui s'épand d'une même souree , et se divise en s'éloignant?
A cette prière , il me fut dit : « Prie Mathilde de te le dire ; » et alors, comme qui se disculpe d'une faute,
« La belle Dame répondit : « Gela et d'aulnes choses lui ai -je dites, et je suis sûre que l'eau du Léthé ne les a pas effacées en lui.»
Et Béatrice : « Peut-être un souci plus grand, qui souvent trouble la mémoire, a obscurci les yeux de son esprit.
«Mais vois Eunoé 22, qui coule là: mène -l'y, et comme tu l'as accoutumé, ranime sa force défaillante. »
Comme une noble âme qui point ne s'excuse, mais du vouloir d' autrui fait son propre vouloir, dès qu'un signe au dehors l'a manifesté.
Sitôt qu'elle m'eut pris, la belle Dame se mut, et à Stace gracieusement elle dit :. « Viens avec lui. >»
iiS CâKTO TRENTËSIMOTERZa
** S'io avessi, lettor, più lungo spazio Da scrivei'e, io pur cantere'in parte Lo dolce ber che mai non m'avria sazio;
*^ Ma perché pierie son tutte le carte Ordite a questa Cantica seconda, Non mi lascia più ir lo fren dell' arte.
^ lo ritomai dalla santissim'onda Rifatto si, corne piante novelle Rinnovellate di novella fronda ,
Puro e disposto a salire aile stelle.