‹ La Divine Comédie de Dante AlighieriChapitre 19 sur 44 · I.’EN FElt · texte numérisé non relu

I.’EN FElt

pourquoi n’as-tu ni hardiesse ni fermeté, puisque ces trois femmes bénies s inquiètent de toi dans la cour du ciel, et que mes paroles te promettent tant de bonheur?

Gomme les petites fleurs que la gelée nocturne incline et ferme, dès que le soleil les éclaire, se redressent tout épanouies sur leur tige, ainsi je fis de mon courage abattu, et une telle hardiesse me vint au cœur, que je m’écriai en homme déterminé :

— Oh ! qu’elle a été charitable la femme qui m’a secouru, et que tu as été bon d’obéir si vit-e aux vraies paroles qu’elle t’a fait entendre! Tu as si bien rempli mon cœur de désir par ce que lu m’as dit, que j’en suis revenu à mon premier dessein. Va donc, nous n’avons à nous deux qu’un seul vouloir, tu es mon guide, tu es mon seigneur et mon maître.

Ainsi lui dis-je, et comme il se fut mis en marche, j’entrai dans le chemin haut et sauvage.

CHANT III

« Par moi l’on va dans la cité dolente, par moi l’on va dans la douleur éternelle, par moi l’on va chez la race damnée. La justice a guidé mon sublime créateur; je suis l’œuvre de la divine puissance, de la souveraine sagesse et du premier amour. Avant moi rien ne fut créé qui ne soit éternel, et moi, je dure éternellement. Laissez toute espérance, ô vous qui en Irez! »

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