‹ La divinité de Jésus-ChristChapitre 1 sur 39 · CHEZ DUFOUB ET C", ÉDITEURS · texte numérisé non relu

CHEZ DUFOUB ET C", ÉDITEURS

t'ATON, i.mnAinR, I

s\m, i.mr.AinK,

ht.''» n .

An 1715. — Condillac.

On trouve des passaget très-remarquables sur la divinité de

JésQs-Christ dans l'écrit de cet auteur célèbre du dix-huitièmts

^le, ayant pour titre: Considérations sur les progrès de

kreUgion dans les trois premiers siècles. Il commence par

l'appeler les obstacles insurmontables que la religion avait à

traverser. « La manière dont la religion s'est répandue , dit

Condillac, est le principal objet qui s'offre dans Texamen

des trois premiers siècles. Vous verrez d'un côté les obstacles

qu'elle. a rencontrés, et de l'autre, les moyens miraculeux

qui Tout rendue victorieuse. Vous serez bientôt convaincu

que sa propagation est une nouvelle preuve de sa Divinité...

Après avoir peint l'état des Juifs sous les princes asmo-

néens et sous Hérode, Condillac ajoute : « Hérode était

, étranger à la race de Jacob'; c'était une preuve que le temps du Messie n'était pas éloigné. D'ailleurs les septante semaines marquées par Daniel étaient sur le point d'expirer,

I «t les Juifis attendaient l'accomplissement des prophéties.

I A\issi Jésus-Christ est-il né sur la fin du règne d'Hérode. d

^^ Toutes les prophéties s'accomplirent en Jésus-Christ, et si

isiblement, qaii ne paraissait pas possible de les mécon-

tre. Cependant les Juifs furent assez aveugles pour ne pas

voir en lui le Messie qu'ils attendaient; ils s*opinâtrèrent pour la plupart dans leur aveuglement, tandis que la vérité, prêchée aux Gentils , fit des progrès rapides.

Condillac trace le tableau de tous les efforts employés par les philosophes éclectiques aux premiers temps de TËglise , pour s'opposer à son établissement , en cherchant à égarer l'opinion au sujet de la Divinité de Jésus-Christ : « Ils dirent que Jésus-Christ n'était lui-même qu'un philosophe, qu'il avait reconnu la multitude des dieux , qu'il les avait adorés , que , par sagesse, il s'était élevé jusqu'à eux et qu'il en avait obtenu le pouvoir de faire des miracles. Afin même de donner quelque fondement à cette opinion impie , ils entreprirent d'attribuer d'aussi grands miracles à des philosophes qui n'avaient pas abjuré le paganisme. Us choisirent parmi les plus anciens , Pythagore , et parmi les plus récents, Apollonius de Thyane, et l'on apprit , pour la première fois, les miracles que ces hommes étaient supposés avoir faits dans des temps où personne n'en avait été témoin. Les éclectiques ne se firent point un scrupule de ces impostures , c'était , selon eux , des fraudes pieuses. Us avaient pris cette façon de penser des prêtres égyptiens.

Si cependant Jésus-Christ n'eut été qu'un philosophe, tel qu'Apollonius ou Pythagore , il n'aurait pas combattu le polythéisme. Aussi les éclectiques prétendaient-ils que les chrétiens lui attribuaient des choses qu'il n'avait point enseignées , comme si les apôtres et les disciples n'avaient pas prouvé par des miracles qu'ils prêchaient la vraie doctrine de leur maître.

« Non-seulement le christianisme trouvait des obstacles dans toutes les opinions , 11 en trouvait encore dans le caractère de ceux qui les avaient embrassées : dans i'orgueîl des Pharisiens qui voulaient dominer sur le peuple et sur le roi même ; dans l'obstination des Sadducéens qui niarent les plus grandes vérités plutôt que de céder ; et dans i'euthou -

slasme des Esséniens , qui nVstimant que lenr doetrine et leurs usages, croyaient se souiller en communiquant avec les autres sectes.

Il fallait d'ailleurs abandonner ( de la part des Juifs) , proscrire un culte autrefois établi par des miracles, renoncer au titre de peuple choisi , se confondre avec les Gentils , et avoir désormais avec eux le même Dieu et la même religion ; c'étaient là certainement des nouveautés auxquelles les Juifs ne pouvaient pas naturellement s'accoutumer....

Ils imaginèrent pour la plupart un Messie au gré de leur ambition ; ils se le représentèrent semblable à ces hommes que Dieu leur avait envoyés plusieurs fois pour les tirer de l'oppression et de la servitude , et ils le jugèrent seulement plus grand. Ce devait être un héros ,] un conquérant , dont le royaume s'étendrait sur toute la terre , et qui comblerait les Juifs de toutes sortes de biens temporels. Ces préjugés flattaient si fort leur amour- propre, qu'ils ne voyaient plus les humiliations du Messie ou qu'ils les expliquaient dans un sens iiguré. Aussi avait-il été prédit qu'ils verraient sans connaître , qu'ils entendraient sans comprendre, qu'ils seraient réprouvés, et qu'un peuple, auparavant étranger et infidèle, entrerait dans la nouvelle alliance. C'est cet aveuglement qui leur fit méconnaître le Messie dans Jésas-Christ pauvre , inconnu , méprisé , souffrant , sans éclat, sans suite, sans puissance temporelle. Les obstacles Détalent pas moindres du côté des païens : il fallait leur persuader que leurs idoles n'étaient pas des dieux ; il fallait ouvrir leurs yeux sur cette multitude de fables qu'ils avaient loujoars ornées et qu'ils aimaient à croire parce qu'elles étaient ingénieuses.

Les Romains surtout étaient difficiles à convaincre : per- ^soadésque leurs succès étaient l'effet de leur piété ,et que les Uieuxde Rome avaient combattu pour eux, ils ne doutaient

»as que la ruine de l'empire ne dût suivre de près le change-

4 LA DïVimïE

ment du culte ; et ils ont été attachés à leurs superstitions

plus qu'aucun autre peuple

' Les miracles de Jésus-Giirist ( Considérations sur le pre^ mier siècle de F Eglise) annoncés et précliés par les apôtres qui en avaient été témoins , et confirmés par les miracles qu'ils faisaient eux-mêmes , voilà les causes de la propagation du christianisme : ies boiteux qui marchent, les aveugles qui voient, les morts qui ressuscitent, le don des langues communiqué par Fimposition des mains, sont autant de démonstrations à la portée de tout le monde. Elles n'exigent pas que ceux qui les donnent se soient instruits dans les sciences humaines, ni que ceux qui s'y rendent se soient instruits dans Fart du raisonnement On vit, on crut; et la foi, scellée du sang des martyrs, parvint, dans les siècles suivants, à ceux qui n'avaient pas vu. »

Dans le dernier chapitre de cet écrit, intitulé Conclusion^ Gondillac s'exprime ainsi : a Quand là religion chrétienne n'aurait point trouvé d'obstacles, ce serait encore une chose mei^veilleuse que la rapidité avec laquelle elle s'est répandue. Cette révolution serait unique dans son espèce. Que penserons-nous donc si elle a eu de plus les mœurs , les préjugés, les superstitions des peuples à combattre ! »

. a II n'est pas douteux que les Juifs n'attendissent le Messie dans le temps même de l'avènement de Jésus-Christ. Quantité de prophéties l'avaient annoncé , et ce n'est point après coup qu'on les interpréta. L'espérance des Juifs ^ à cet égard, était si connue, que le bruit s'en était répandu chez les païens : Pluribus persuasio ineratj dit Tacite^ antiquis sacerdotum litteris conUneri^ eo ipso tempore fore ut valesceret Oriens^ profectique judœâ rerum potirentur. Et Suétone : Percrebuerat Oriente toto vêtus et constans opiniOj esse in fatiSy ut eo tempore judœâ projecti rerum pottren* tur. Voilà le Messie, d'après l'idée que la plupart des Juifs s'en formaient

Or , les apAtres avaient les prophéties sons les yeax ; ils étaient témoins des actions de Jésus-Clirist, et ils l^ont reconnu pour le Messie prédit. L'accomplissement des prophéties a donc été le premier fondement de leur foi;

Lorsque deux disciples de saint Jean-Baptiste vinrent demander à Jésus-Christ s'il était le Messie, il répondit par des miracles : les aveugles voient , dit-il , les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts^ ressuscitent. Les miracles que les apôtres voyaient, et dont les plus simples et les plos ignorants étaient à portée de se convaincre ; ont été le second fondement de leur foi.

Jésus-Christ fit plusieurs prédictions dont les unes s'accomplirent pendant sa vie et d'autres après sa mort. Il prédit la trahison de Judas , le reniement de saint Pierre et l'abandon momentané de tous ses disciples. Ce sont les évanigélistes qui ont publié ces circonstances , aveu humiliant , ^e l'amoar de la vérité pouvait seul leur arracher.

U fallait de nouveaux prodiges pour rallumer la foi des apôtres et des disciples. Le voile du temple se déchira , la terre trembla ; elle se couvrit de ténèbres ; Jésus-Christ ressuscita le troisième Jour ; il hionta au Ciel à la vue des apôtres, et il leur envoya le Saint-Esprit. Convaincus une seconde fois , ils se reprochèrent leur lâcheté ; ils se rappelèrent qu'elle avait été prédite; ils devinrent inébranlables. \ Or, comment ces hommes , si incertains d'abord , sont-ils devenus si courageux? C'est qu'ils ont été convaincus; et ils iPont été, parce qu'ils ont vu. Toutes les circonstances des apparitions de notre Seigneur prouvent qu'ils n'ont pas cru légèrement.

f Si Je ne parlais que des motifs que nous avons de croire, l'incrédule pourrait dire que les évangélistes ont inventé ^ees faits. Mais les apôtres n'auraient pas pu croire sur des ffeits que les évangélistes auraient inventés. Or, il n'est pas douteux qu'ils n'aient cru.

Quelque grands que fussent les obstacles que la religion devait rencontrer, Jésus-Christ annonce toutes ses conquêtes. Et, comme le remarque Gondillac, c'est une de ses prédie* tions les plus étonnantes, a II assure que son évangile serait prêché par toute la terre , et que ses disciples instruiraient toutes les nations. Il montre bien quelle est sa confiance , lorsqu'il dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai devant mon Père qui est dans les deux ; et quiconque me reniera devant les hommes ; je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les deux. »

Mais la prophétie sur la ruine de la ville et du temple de Jérusalem et sur la dispersion des Juifs est bien plus étonnante encore. Dans le temps où Jésus-Christ disait qu'il ne resterait pas pierre sur pierre, cet événement ne paraissait pas vraisemblable. Il ne le paraissait même pas lorsque Titus faisait le siège de Jérusalem , car rien n'était moins daûs le caractère de ce prince. £n effet, il prit des mesures pour sauver au moins le temple : se^ efforts farent inutiles. Quel motif de conviction pour les apôtres et pour les disciples qui vivaient encore I pour saint Jean , par exemple , et pour saint Siméon qui vécurent jusqu'au second siècle. Celui-ci , qui gouvernait alors Téglise de Jérusalem, se retira lorsqu'il vit les aigles romaines ^ et il suivit en cela le conseil que Jésus-Christ avait donné.

Les apôtres prouvèrent donc les miracles de Jésus-Christ en faisant des miracles eux-mêmes, en rendant la vue à des aveugles, en guérissant des paralytiques, des boiteux, en chassant les démons , en ressuscitant des morts , en faisant des prédictions. Ils firent plus : ils communiquèrent ce pouvoir à plusieurs de leurs disciples. De tous les miracles, celui qui dut surtout accélérer la conversion des Gentils, c'est le don des langues; car, par ce moyen , l'Evangile se portait facilement chez toutes les nations. Tel a donc été le premier

siècle de l'Eglise : des miracles partoat, et partout aussi des

témoius qui les attestaient.... »

Les œuvres de Jésus-Christ, disait Quadrat, dans Tapo^ logie qu'il osa présenter à Fempereur Adrien , ont toujours été vues et connues , parce qu'elles étaient réelles. Elles n'ont certainement point été douteuses pour les malades guéris et pour les morts ressuscites. Or, ceux-ci ont été vus, nonseulement dans le temps de leur résurrection et de leur guérison , mais longtemps après ; non-seulement dans le temps qoe Notre-Seigneur demeurerait sur la terre; mais ils ont encore survécu de beaucoup à son ascension , et quelquesuiB vivaient même de nos jours. »

Si Quadrat parlait ainsi dans ce passage , le seul qui nous reste de son apologie, vous pouvez juger combien il trouvait de témoins existants des miracles des apôtres et de ceux des hommes apostoliques. Il est un des premiers exemples des

savants convertis.

An 1720. — Bergier. .

Bergier est compté parmi les plus célèbres écrivains ecclésiastiques. En 1768 , il publia la Certitude des preuves du Christianisme, Ce livre avait pour objet principal de réfuter XExamen critique des apologistes de la religion chrétienne^ qui fut attribué à Fréret, mais dont Fauteur est M. Busigny. Nous empruntons à Bergier quelques passages remarquables sur la Divinité de Jésus-Christ:

« Quand on n'envisagerait Jésus-Christ que comme l'auteur d'une grande révolution survenue dans le monde, comme un législateur qui a enseigné la morale la plus pure, et établi la religion la plus sage et la plus sainte qu'il y ait sur la terre , il mériterait encore d'occuper la première place dans 1 histoire et d'être représenté comme le plus grand des iiommes*

LA DIVINITÉ « Mais , aux yeux d'un Chrétien , Jésus-Christ n'est pas seulement un envoyé de Dieu , c'est le Fils de Dieu , &it , homme, le Bédempteur et le Sauveur du genre humain. ]

« Annoncé , par une suite de prophéties , pendant quarante siècles, attendu chez les Juifs et dans tout FOrient, prévenu par un saint précurseur, précédé par des prodiges , Jésus paraît dans la Judée et prêche Tavénement du royaume des cieux. Sa naissance a été marquée par des miracles, mais son enfance a été obscure et cachée. Il est issu du sang des rois ; il déclare que son royaume n*est pas de ce monde. Il prouve sa mission , et confirme sa doctrine par une multitude de miracles ; il multiplie les pains , guérit les malade»,» J ressuscite les morts, calme les tempêtes, marche sur les eaux , donne à ses disciples le pouvoir d'opérer de sembtar -. blés prodiges; il les fait sans intérêt, sans vanité, sans affectation. Il refuse d'en faire pour contenter la curiosité o« pour punir les incrédules ; on les obtient de lui par des prières , par la confiance , par la docilité. Les miracles des imposteurs ont pour but d'étonner et de séduire les hommes; j ceux de Jésus-Christ sont tous destinés à les secourir, à les J consoler, à les instruire , à les sanctifier.

« Sa doctrine est sublime , ce sont des mystères qu'il . faut croire; mais uu Dieu , qui enseigne les hommes, ne doitil leur apprendre que ce qu'ils peuvent concevoir? II n'a^; gumente point, il ne dispute point comme les philosophes | il ordonne de croire sur sa parole , parce qu'il est Dieu. « B ne convenait point, dit Lactance, que Dieu, parlant aux hommes, employât des raisonnements pour confirmer ses oracles, comme si l'on pouvait douter de ce qull dit; maisjl a enseigné , comme il convient au souverain arbitre de toutes choses, auquel il ne convient point d'argumenter, mais di dire la vérité (Lact., div. Institut»^ lib. 3,ch. 2). » Les mystères qu'il annonce ne sont point destinés à étonner la raisoDi mais à toucher le cœur : un Dieu en trois personnes, dont,

chacune est occupée de notre sanctification ; un Dieu, fait homme pour nous racheter et nous sauver, qui se donne à nous pour victime et pour nourriture de nos âmes; un Dieu, qui ne permet le péché que pour mieux éprouver la vertu ; qui n'attache ses grâces qu'à ce qui réprime les passions ; qui punit en ce monde, non pour se faire craindre, mais pour sauver ceux qull châtie. Est-il surprenant que cette doctrine forme des saints!....

« Il avait promis d'envoyer son esprit à ses apôtres , leur conduite et leurs succès prouvent que cet Esprit saint leur a été donné. Il avait prédit que la nation juive serait punie : le châtiment a été terrible, et dure encore ; que l'Evangile serait prêché par toute la terre : il a été porté en effet aux extrémités du monde; que les Juifs et les païens, qui se détestaient, deviendraient les brebis d'un même pasteur : et le prodige s'est opéré ; que son Eglise durerait jusqu'à la consommation des siècles : et déjà nous lui comptons dix -huit cents ans de durée; que cependant sa doctrine serait toujours contredite et toujours attaquée : elle l'a toujours été et l'est encore ; les philosophes même se cibargent aujourd'hui de vérifier la prophétie.

« Grands génies, savants dissertateurs , montrez-nous, dans l'histoire du monde, quelque chose qui ressemble à la personne , à la conduite , au ministère de Jésus-Christ I Des historiens , qui ont su peindre uu homme-Dieu sous des traits aussi singuliers et aussi majestueux , n'ont été ni des imbéciles , ni des imposteurs. Ils n'avaient point de modèle, et ils n'étaient pas assez habiles pour le forger, llui envoyé de Dieu , qui a rempli si parfaitement tous les caractères d'une mission divine, n'est lui-même ni un fourbe , ni un fanatique. Puisqu'il a dit qu'il était le Fils de Dieu , il l'est véritablement.

a Si nous comparons ce divin maître aux autres fondateurs de religions , quelle différence ! La plupart de ceux-ci n. 1.

ont conGrmé lo polythéisme et ridolâtric , par ce qu'ils les ont tro\iyés généralement établis. Quelques-uns ont peut-être adouci la férocité des mœurs ; maijs ils n*en ont pas diminué la corruption. Plusieurs étaient ou des conquérants qui inspiraient la crainte, ou des souverains respectés ; ils ont employé la force, l'autorité ou la séduction pour se faire obéir; Jésus-Christ n'a eu d'ascendant sur les hommes que par sa sagesse, ses vertus , ses miracles ; son ouvrage ne s'est accompli que lorsqu'il n'était plus sur la terre. Gonfucius a pn, sans prodige , rassembler les préceptes de morale des sages qui l'avaient précédé, et se faire un grand nom chez un peuple encore très-ignorant; mais il n'a pas corrigé la religion des Chinois, déjà infectés de polythéisme par le culte qu'ils rendaient aux esprits et aux ancêtres. Sa doctrine n'a pas empêché Tidolâtrie du dieu Fo de slntroduire à la Chine , et d'y devenir la religion populaire. Les philosophes indiens, quoique partagés en divers systèmes , se sont réunis pour plonger le peuple dans Tidolâtrie la plus grossière , ont misi une inégalité odieuse et une haine irréconciliable entre les différentes conditions des hommes. Les prétendus sages de l'Egypte y ont laissé établir un culte et des superstitions qui ont rendu cette nation ridicule aux yeux de toutes les autres. Zoroastre , pour réfbrmer l'idolâtrie des Chaldéens et des Perses , y a substitué un système obscur, a muiti* plié à l'infini les pratiques minutieuses , a inondé de sang la Perse et les Indes, pour affermir ce qu'il appelait l'Arbre de sa loi. Les philosophes et les législateurs de la Grèce n'ont pas osé toucher aux fables et aux superstitions déjà si anciennes dans cette contrée ; ils ont été plus occupés de leurs disputes que de la réforme des erreurs et de la correction des mœurs.

« Mahomet, imposteur voluptueux et perfide, a favorisé les passions des Arabes , pour parvenir à réunir dans sa tribu l 'autorité religieuse et le pouvoir politique. Toute la sages?©

de ces hommes si vantés n'a consisté qu'à faire servir à leurs

desseins ambitieux les préjagés , les erreurs, les vices qui do«

minaient dans leurs pays et dans leurs siècles. La plupart

n'ont subjugué que des nations ignorantes et barbares. Jésus*

Christ a fondé le Christianisme au milieu de la philosophie

des Grecs et de Turbanité romaine ; il n'a épargné aucun

vice, n*a fomenté aucune erreur; il a refusé le titre de roi,

lorsqu'un peuple, nourri par un miracle de sa puissance, vou^

lait le lui donner.

Le plus léger sentiment de reconnaissance doit donc suffire pour nous faire tomber aux pieds de Jésus-Christ et rendre hommage à sa Divinité. Vrai soleil de justice, il a répandu la lumière de la vérité et allumé le feu de la vertu ; aucun peuple, aucun homme n'est demeuré dans les ténèbres de Terreur et dans la corruption du péché, que ceux qui ont refusé de s'instruire et de se convertir. Avec toutes leurs dispotes, les philosophes n'ont pas corrigé les mœurs d'une seule bourgade; par la voix de douze pécheurs , notre divin mattre a changé la face de la meilleure partie de l'univers...

« On ne peut nier la divinité de Jésus-Christ; il s'est attribué lui-même constamment le titre et les honneurs de la divinité ; il veut que l'on honore le Fils comme on honore le Père (Jean, 5 , v. 23). Lorsque les Juifs ont voulu le lapider, parce qu'il se faisait Dieu, loin de dissiper le scandale, il Ta confirmé (ch. 10, v. 33 ). Il a mieux aimé se laisser condamner à la mort que de renoncer à cette prétention (Matt., 26, V. 63). Après sa résurrection, il a souffert qu'un de ses apôtres le nommât mon Seigneur et mon Dieu (Jean, 201, V. 28). Suivant l'expression de saint Paul, il n'a point regardé comme une usurpation de s'égaler à Dieu ( Philip. 2 ,

« Or, si Jésus-Christ n'est pas véritablement Dieu dans Wate la rigueur du terme , voilà une conduite abominable ,

plus criminelle que celle de tous les imposteurs de Tunivers...

« Nous ne croyons pas quHI soit nécessaire de rapporter et de réfuter les calomnies absurdes que les Juifs modernes ont forgées contre Jésus-Christ dans les Sepher Tholdoth^ ou Vies de Jésus, qui ont paru dans les derniers siècles. Les anachronismes , les puérilités , les traits de démence dont ces livi'es sont remplis , font pitié à tout homme de bon sens. Orobio , juif très-instruit , n'a pas osé en citer un seul artlcle.

« Gomme nous donnons pour signe principal de la Divinité de Jésus-Christ les miracles qu'il a opérés , nous indiquerons , du moins en abrégé, les preuves générales de ces miracles.

« La première est le témoignage des apôtres et des évangélistes. Deux de ceux qui ont écrit Thistoire de Jésus-Christ se donnent pour témoins oculaires; les deux autres Font apprise de ces mêmes témoins. Saint Pierre prçnd à témoin de ces miracles les Juifs rassemblés à Jérusalem, le jour de la Pentecôte (Act., ch. 2, v. 23 ; ch. 10, v. 39). Ils ont donc été publiés dans la Judée même, peu de temps après, et sur le lieu où ils ont été opérés, en présence de ceux qui les ont vus, ou qui en ont été informés par la notoriété publique ,et qui avaient intérêt de les contester, s'il eût été possible. Ces miracles sont encore confirmés par les témoignages de Thistorien Josèphe , de Celse, de Julien , des Gnostiques , etc.

« Il faut se raidir contre Févidence même, pour soutenir, comme les incrédules, que les miracles de Jésus n'ont été Yus que par ses disciples; que les Juifs ne les ont pas vus, puisqu'ils n'y ont pas cru ; que ces faits n'ont été écrits qu'après la ruine de Jérusalem , lorsqu'il n'y avait plus de témoins oculaires. Ces miracles ont été vus, non-seulement par tous les habitants de la Judée, qui ont voulu les voir) mais par tous les Juifs de l'univers , qui se trouvaient|à Je*

nisalem aux fêtes prîDcipales de Tannée. Parce que la plupart de ces témoins n'ont pas cru la mission , la qualité du Messie, la divinité de Jésus-Christ , il ne s'ensuit pas qu'ils n'ont pas cru les miracles qu'ils avaient vus ; il s'ensuit seulement qu'ils n'en ont pas tiré les conséquences que ces miracles indiquaient. Ce sont deux choses fort différentes.

« Non-seulement les Juifs n'ont point contesté ces miracles dans le temps qu'on les a publiés , mais plusieurs les ont formellement avoués. Les uns les ont attribués à la magie et à l'intervention du démon ; les autres, à la prononciation du nom de Dieu, que Jésus aurait dérobée dans le temple. Si les Juifs en étaient disconvenus , Celse, qui les fait parler, Julien, Porphyre, Hiéroclès, n'auraient pas manqué d'alléguer cette réclamation des Juifs ; ils ne le font pas. Les disciples des apôtres se seraient plaints dans leurs écrits de la mauvaise foi des Juifs ; ils ne les en accusent pas. Les compilateurs du Talmud auraient allégué ce témoignage de leurs ancêtres ; toat au contraire , ils avouent les miracles de Jésus-Christ. (Galatin, de arcanis cathoL verit.y liv. 8, ch. 9). Orobio, juif très-savant , fidèle à suivre la tradition de sa nation, n'a pas osé jeter du doute sur ce fait essentiel

« Une preuve plus forte de la vérité des miracles de Jésus-Christ est le grand nombre de Juifs et de païens convertis par les apôtres et par les disciples du Sauveur. Quel motif a pu les engager à croire en Jésus-Christ , a se faire baptiser, à professer la foi chrétienne, à braver la haine publique, les persécutions et la mort , sinon une persuasion intime de la vérité des faits évangéliques? C'est la preuve principale sur laquelle insistent les apôtres. Jésus-Christ lui même avait dit aux Juifs (Jean , 10 , 38) : « Si vous ne voulez pas me croire, croyez à mes œuvres. » Saint Pierre leur dit à son toar : « Vous savez que Dieu a prouvé le caractère de Jésus de Nazareth par les miracles qu'il a faits au milieu de vous ; T0Q8 l'avez mis à mort, mais Dieu l'a ressuscité; faites pé-

nitence, et recevez le baptême ( Act. y eh. 2. v. 22). » Saint Paul dit aux païens : « Renoncez à vos dieux , adorez le seul Dieu , père de Tunivers ; reconnaissez Jésus-Christ son Fils , quil a ressuscité (Act., ch. 17, v. 24). Il a été prouvé Filsde Dieu par le pouvoir dont il a été revêtu , et par la résurrection des morts (Rom., ch. 1 , v. 4). »

« Quant à l'objection tirée des prétendus miracles de Mahomet , de Zoroastre , d'Apollonius de Tyane, et de quelques autres imposteurs , ils ne sont revêtus d'aucun genre de probabilité; ils ne sont rapportés par aucun témoin oculaire ; aucun de ceux qui les ont écrits n*a osé dire comme saint Jean en parlant de ceux du Christ : « Nous vous annonçons et nous vous attestons ce que nous avons vu de nos yeux , ce que nous avons examiné avec attention, et ce que nous avons touché de nos mains (Jean , ch. 1 , v. 1). »

An 1727. — Deluc.

Ce célèbre physicien, né à Genève, a laissé plusieurs écrits remarquables en faveur de la religion, et où se trouvent traités avec une grande supériorité de talent les questions les plus difficiles. On cite principalement de M. Deluc ses Lettres sûr la nouvelle Exégèse y ou interprétation de VEcriture-Sainte.

Dans cet écrit, il répond à une objection qu'on a faite contre le titre de Fils de Dieu, donné à Jésus-Christ : c'est, diton , une absurdité que de présenter Jésus-Christ pour modèle aux hommes en le considérant comme fils de Dieu , puisque les hommes ne sauraient Jamais imiter un modèle divin.

Cette objection , dit le savant auteur, repose sur une équivoque. En effet, Jésus-Christ, quoique ayant revêtu la nature humaine, continua de Jouir de quelques-uns des attributs du pouvoir divin , c'est-a-dire de commander à la nature , de faire des miracles , de ressusciter des morts. Est«ce là ce

qui est proposé a notre imitation? Non, sans doute: on le sait bien.

Ce que nous avons à imiter^, ce sont les vertus de Jésus- Christ en tant qu'homme. Sa bonté , sa charité , sa clémence, son pardon des injures , sa tolérance , son équité , sa justice, sa patience , son activité pour faire le bien , son zèle pour le salut des hommes, ses égards pour eux sans distinction de condition , son obéissance aux lois civiles , sa tendresse de Fils et d'ami , sa résignation à la volonté du Père divin, telles sont les vertus chrétiennes; voilà ce que l'Ecriture-Sainte nous prescrit partout comme nos devoirs ; et c'est sous ce rapport qu*il y est dit de Jésus- Christ : Il a souffert pour nous, nous laissant un modèle^ afin que nous suivions ses traces ( 1 . Pierre, II , 21 ). L'Ecriture va plus loin encore ; car Dieu lui-même nous est présenté pour modèle dHmitation à divers égards , tels que sa miséricorde, sa patience , son pardon des offenses, son amour pour le bien et sa haine pour le mal, dont les règles sont prescrites par sa parole ; et nous pouvons sous divers rapports le prendre pour modèle , puisqu'il nous appelle des enfants ^ et qu'il nous a formés à son image.

Tout cela est si évident, dit M. Deluc, si clairement expliqué, dans la sainte-Ecriture, des attributs de Jésus-'Christ comme //5 de Dieu^ qu'il faut au moins une grande inattention pour pouvoir s'y méprendre.

Si la recommandation d'imiter Jésus-Christ , considéré seulement comme le plus excellent des humains , était suffisante pour déterminer les hommes à Fimitation, pourquoi n'imite-t-on pas déjà les gens de bien ?

L'Ecriture-Sainte même nous invite à ces premiers pas vers la perfection. Saint Paul, par exemple, dit aux Philippiens : ( chap. 1. — II ) « non que j'aie atteint le but, maïs je poursuis ce but pour tâcher d'y parvenir; c'est pourquoi aussi j*ai été pris par Jésus-Christ Soyez tous ensemble

nosimitateurs^ nos frères y » (Déine^ Lettres sur This-

toire de la nouvelle Exégèse. J

Sherlock.

Sherlock, savant anglais, est auteur d'un écrit célèbre, Dialogue sur la résurrection de Jésus-Christ : cet ouvrage avait déjà été reçu avec un applaudissement universel tant en Angleterre qu'en Hollande, et il était peu connu encore en France. On eu a donné une analyse très-étendue dans la Raison du Christianisme, Nous en extrairons seulement la substance logique , comme semble l'exiger la nature même de notre livre sur la Divinité de Jésus-Christ.

Sherlock raconte lui-même de la manière suivante les circonstances qui donnèrent lieu au Dialogue sur la résurrection de Jésus- Christ.

Le problème à résoudre était ainsi posé : « Les témoins de la résurrection de Jésus- Christ examinés et jugés selon les règles du barreau. »

Il n'y a pas longtemps , dit Tauteur, que je me trouvais avec quelques avocats , et comme nous nous connaissions tous , chacun avait la liberté de dire son sentiment sur tout ce qui pouvait fournir matière à la conversation. Nous nous étions rencontrés sans dessein, et ce qui arrive ordinairement dans ces occasions, le discours roula sur différents sujets. On parla , entre autres choses, du procès du sieur Woolston, qui peu de jours auparavant avait été atteint et convaincu ; ce qui nous conduisit à rechercher ce que nos lois ordonnent en pareils cas , quel châtiment elles infligent , et en général si ces sortes de matières sont de leur ressort. Nous nous trouvâmes partagés là-dessus. Il y en eut un qui , alléguant tout ce qu'on pouvait dire en faveur du sieur Woolston , témoigna qu'il approuvait fort ses discours contre les miracles de Jésus-Christ; et semblait croire que ses arguments étaient

sans réplique. Sur quoi un autre lui dit, qu'il s*étonnait qu*un homme aussi habile que lui, et qui avait été nourri dansTétude des lois , laquelle apprend à bien examiner la nature des preuves et leur force, pût être dans cette pensée. Je suis sûr, ajouta-t-il , que vous ne voudriez pas décider un différend d*un écu sur des raisons semblables à celles que vous croyez pourtant suffisantes pour renverser la certitude des miracles de Jésus-Christ.

Il est facile de s'imaginer que cela donna lieu à de grandes contestations, et fit que nous ne parlâmes d'autre chose le reste de la soirée. La dispute roula sur presque tout ce que le sieur Woolston a avancé dans ses discours , quoiqu'elle fût souvent interrompue par des digressions. A la fin , un de la compagnie nous dit en riant : « Messieurs, vous ne disputez pas comme des avocats ; si j'étais juge dans cette affaire, je vous ferais bien raisonner d'une manière plus précise. » Nous profitâmes de sa remarque, et nous lui dîmes que nous serions bien aises de remettre cette question sur le tapis, et de l'avoir pour juge.

Nous primes des jurés et des avocats, et le juge voyant que la compagnie était disposée à écouter, ordonna de commencer, et s'étant assis au haut bout de la table, il dit à haute voix : a Messieurs les jurés , prenez vos places. » Nous nous mîmes autour de lui , et il ordonna à l'avocat du sieur Woolston d'entrer en matière. »

Après que les avocats des deux parties eurent fini leurs plaidoiries, le jage résuma cette discussion. Nous tâcherons d'indiquer les principaux points de cette récapitulation.

Il y a trois différents périodes à considérer.

Le premier comprend le ministère de Jésus-Christ et finit à sa mort. On suppose que durant ce période la fraude fut consentie et ménagée.

Le second s'étend depuis sa mort jusqu'à sa résurrection.

Le troisième commence à la résurrection et renferme tout le ministère des apôtres.

A regard du premier de ces périodes et de la fraude dont on accuse Jésus , je dois vous faire remarquer ( c'est le juge qui parle ) que cette accusation n'a été soutenue d'aucune preuve , et même que tout ce que les Evangélistes nous rapportent de Jésus-Christ la combat formellement. Supposer comme on l'a fait , que si nous avions des livres juifs de ce temps là nous découvririons peut-être Timposture, ce n'est pas alléguer des preuves , mais en désirer. Car, selon que M. B. Ta très-bien remarqué, comment est-ce que M. Â. sait qu'il y a eu de tels livres ? et puisqu'ils sont perdus , comment sait-il ce qu'ils contenaient ? Peut-être que si nous les avions aujourd'hui , ils prouveraient d'une manière incontestable la vérité des faits rapportés dans l'Evangile.

Jésus-Christ ayant prédit sa résurrection , si cette résurrection n'est qu'une imposture , il en était certainement complice , et par conséquent le complot avait été formé pendant sa vie. Mais supposer que Jésus-Christ fût coupable d'une pareille fraude dans les circonstances où il se trouvait, c'est faire une supposition contraire à toute vraisemblance. Il n'est nullement probable que ni lui , ni aucun homme au monde eût voulu , sans y être porté par aucune tentation, forger une imposture qui ne devait avoir lieu qu'après sa mort? Et quand on accorderait que cela pourrait être , n'est-ce pas une chose tout-à-fait incroyable, quMl eût voulu en avertir publiquement le monde , et par là faire que chacun se tînt en garde contre l'imposture ; surtout , si l'on considère qu'il n'y avait que quelques femmes et douze hommes sans bien et sans éducation pour mener ce complot , tandis qu'il y avait le pouvoir réuni des Juifs et des Romains pour s'y opposer ?

Les objections qui ont rapport au second période, ne reposant que sur la fable de l'enlèvement publiée par les Juifs, et par les soldats romains, on y a répondu en tâchant de prou-

DE JÉSUS^:HRIST. 19

ver, par rhistoirC) que les Juifs eux-mêmes n*y ajoutèrent aucune foi.

La première preuve résulté de ce que, ayant eu les disciples de Jésus-Christ en leur pouvoir, ils ne les recherchèrent point pour cette imposture de la part qu'ils y auraient eue. Cependant, qui ne voit qu'ils avaient un intérêt tout particulier de le faire? A cela il n'y a point de réplique.

Une autre objection est tirée de ce que Jésus-Christ , après sa résurrection, n'apparut pas publiquement à tout le peuple, et en particulier aux principaux sacrificateurs et aux sénateurs juifs. On dit que sa mission les regardait d'une manière particulière, et qu'il paraît étrange que la principale preuve de cette mission, savoir, la résurrection, ne leur fût pas exposée et rendue sensible ; mais que l'on choisit des témoins particuliers , pour être les spectateurs de cette grande merveille.

On répond premièrement, que la mission particulière dont Jésus-Christ était chargé par rapport aux Juifs expira h sa mort, de sorte que dès-lors ce peuple n'eut aucun droit de demander sur ce point des preuves particulières , et l'on a même fait voir que Jésus-Christ avant sa mort avait déclaré aux Juifs qu'ils ne le verraient plus jusqu'à ce qu'ils fussent mieux disposés à le recevoir.

On a répondu encore que par rapport aux témoins choisis , c'est une erreur de croire qu'ils fussent choisis comme étant les seuls qui devaient voir Jésus-Christ après sa résurtion, puisqu'en effet plusieurs autres personnes le virent; mais ils furent choisis comme étant propres à reodre témoignage de cette résurrection pour tout le monde : office pour lequel les autres témoins de ce fait ne reçurent pas une mission particulière.

On a tâché d'invalider le témoignage des anges et des femmes : l'histoire rapporte simplement que les femmes virent déjeunes hommes au sépulcre, que la superstition a pu leur faire prendre pour des anges.

fiO LA DIVINITÉ

A cela on a répoDdu que les anges ne sont pas proprement mis au rang des témoins de la résurrection ; car ils n'étaient pas du nombre des témoins choisis ou envoyés pour en rendre témoignage dans le monde; qu'ils étaient en effet les ministres de Dieu , chargés de servir et d'assister à ce mervdl* leux événement.

Examinez maintenant la force de Tobjectlon proposée. L'avocat de la partie adverse vous dit, qu*il est ordinaire aux hommes de mourir pour de fausses opinions ; mais alors mémei leurs sou^rances sont une preuve de leur sincérité, et ce serait être fort peu charitable, que d'accuser de dissimulation des gens qui meurent volontairement pour la doctrine ^Hs professent. Ils peuvent errer; mais tout homme qui erre n^est pas pour cela un imposteur. Or, si Ton accorde que les scoffrances des apôtres sont des preuves de leur sincérité , ce qae Ton ne saurait raisonnablement nier, et si Ton considère qu'ils sont morts pour la vérité d'un fait dont ils avaient été enxmémes témoins, on verra combien leur témoignage a de force dans ce cas... Quand un homme me rapporte un fait extrao^ dinaire, mais cependant tel qu'il est de sa nature un véritable objet des sens, si je ne le crois pas , ce n'est pas parce que je me défie de sa vue ou de son attouchement, mais parce que je doute de sa sincérité. Car si je voyais la même chose j'en croirais sans doute mes propres yeux ; et par conséquent mon soupçon ne vient pas de ce que les sens humains ne sont pas juges compétents de ce fait, mais de ce que je révoqoe en doute la sincérité de celui qui me le rapporte. Ainsi, dans de tels cas , il n'y a autre chose à prouver, si non que le témoin qui dépose est sincère ; et puisque les maux qu'on endure volontairement pour la vérité sont au moins une prenro de sincérité , les souffrances des apôtres pour la vérité de la . résurrection de Jésus-Christ forment en leur faveur une preof ^ complète et sans réplique.

An 1728. — MarmonteL

L'auteur des Contes moraux et de Bélisaire , a laissé dans de belles pages les preuves de ses conyictions religieuses. DaDS un écrit adressé à ses Enfants sur les Devoirs de Vhomme envers un Dieu son rédempteur et son modèle^ il dit au sujet de la divinité de Jésus-Glirist et de la sublimité de la morale évangélique : « C'est là le sceau de la divinité ; c'est là le degré de vertu où , par sa propre force , jamais le cœur humain n'avait pu se flatter d'atteindre. Le précepte comme l'exemple n'en pouvait venir que d'un Dieu. Ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qui nous fût fait y c'est la morale de l'Ëvangile...

« De bonne foi , peut-on reconnaître à ces traits le langage de quatre aventuriers incultes , l'ouvrage de quatre imposteurs ?

« L'Evangile n'est donc pas une fable inventée par ceux qui t'ont écrite; et celui qu'on y fait parler a parlé véritablement. Dr, qu'on le suive , qu'on l'entende, qu'on l'observe , durant es trois années de sa vie publique , soit avec ses disciples , (Oit au milieu du peuple, soit devant les pharisiens, devant es docteurs de la loi, soit en présence de ses jugés, c'est Aujours le même langage , le même caractère ; et ce caractère îst divin.

a Oui , nous disent les incrédules , pressés par cette vérité, Jésus-Christ fut sans doute un mortel privilégié , doué d'une sagesse et d'une vertu singulière, peut-être un envoyé du ciel , et divinement inspiré ; mais n'est-ce pas aller trop loin que de le croire un Dieu fait homme?

« U se donne lui-même , il est vrai , le noih de Fils de Thomme, quant à son humanité; mais, lorsque Jean-Baptiste, du fond de sa prison , lui fait demander s'il n'est pas le Messie, quelle est sa réponse? « Allez , dit-il aux disciples

â9 LA DIVINITÉ

de Jean , et rapportez-lui ce que vous avez vu , ce que vous avez entendu. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent. Tout m'a été prescrit par mon Père, dit-il ailleurs, personne ne connaît le Fils que le Père , personne ne connaît le Père que le Fils , et ceux à qui le Fils les fait connaître. » Ailleurs, ayant demandé à ses disciples : «Que pense-t-on que soit le Fils de Thomme? » et Pierre lui ayant répondu : « Vous êtes le Christ , fils du Dieu vivant. « « Tu es heureux , lui dit-il , car cela ne t*a point été révélé par la chair et le sang, mais par mon Père qui est dans les deux. »

Et au moment qu'on vient l'arrêter et que Pierre tire l'épée pour le défendre. « Penses-tu , lui dit-il , que si je demandais du secours à mon Père, il ne m^envoyât pas sur le champ des légions d'anges? » Enfin, le grand prêtre Caïphe, qui rinterrogeait, lui ayant dit: Je t'adjure, au nom du Dieu vivant , de nous dire si tu es le Christ fils de Dieu ? Jésus répondit : « Je le suis. »

Ryan.

Cet auteur est connu surtout par la publication de son livre intitulé : Des bienfaits du Christianisme. Nous en extrairons le chapitre qui traite du parallèle de la Vie et des doctrines de Jésus- Christ et de Mahomet,

« Si nous comparons la vie et la doctrine du Christ et du prophète de l'Arabie, le contraste paraît frappant au premier coup-d'œil. Le premier ne promet point des plaisirs sensuels et grossiers dans unélysée, comme les païens et les mahométans,mais des jouissances pures et spirituelles telles qu'il n'est pas donné à Tesprit de Thomme de les concevoir. Jésus-Christ défend non seulement les regards immodestes et les conversations obscènes , mais même les pensées impures ^ et il recommande Tabnégation de soi-même , li^ tempérance ,

DE JÉSUS-CHRIST. â5

la charité, le pardon des Injures et la résignation, non-seulement par ses préceptes . mais encore par son exemple. Jésus-Christ est sans tache, irréprochable. Mahomet , quoique possédant quelques qualités brillantes, était un brigand, un parjure, un meurtrier^ un adultère et un fornicateur. Le premier prêchait la paix , la patience et Tamour ; le second , la guerre, la vengeance et la haine. Le premier réprime Tincontinence des hommes par la monogamie ; le dernier Texcite et Tencourage , en permettant à ses sectateurs la pluralité des femmes. Jésus-Christ permet un usage modéré de toutes les créatures 5 l'autre défend le vin et la chair de porc. Le premier ordonne aux hommes d'étudier les Ecritures ; le dernier défend que le Coran soit traduit dans d'autres^ langues ou lu par le peuple. L'un propagea sa religion par ses propres vertus et celles de ses adeptes; l'autre par la tyrannie et les actes de violence. Les disciples de l'un furent d'innocents pécheurs, tandis que ceux de l'autre pillaient et massacraient , sous prétexte de propager la religion du prophète. L'humilité et le pardon des offenses furent les traits earactéristiques du Christ, tandis que les passions odieuses de l'orgueil et de la vengeance brûlaient dans le cœur du prophète de TArabie. Les disciples du Christ furent bons et humains , tandis que les sectateurs de Mahomet , au dire même d'un historien non suspect de partialité, de Gibbon', les sectateurs de Mahomet ne furent que de saints voleurs, toujours empressés d'exécuter ou de prévenir l'ordre du massacre. L*Évangile fut propagé par les miracles et les vertus des premiers hommes qui l'ont professé, pendant que la fraude et la perfidie, la cruauté ainsi que l'injustice , furent souvent employées a propager le mahométisme. »

Ryan fait figurer dans son parallèle entre Jésus-Christ et Mahomet une excellente comparaison prise dans les sermons

» Gibb., ch. i3.

de Sherlok « Quand la religion nature! le aura vu Mahomet en scène , conduisez-la dans la retraite de ce prétendu prophète ; montrez-lui les concubines et les femmes de Mahomet ; qu'elle soit témoin de son adultère , et qu'elle Tentende alléguer la révélation et sa mission divine , pour justifier sa débauche et son oppression. Montrez-lui Jésus, humble et doux , faisant du bien à tous les enfants des hommes, instruisant patiemment et Tignorant et le pervers; qu'elle le suive dans sa retraite la plus intime ; qu'elle s'élève avec lui sur la montagne, et qu'elle entende les prières qu'il fait à Dieu. Conduisez-la près de la table du Christ pour y voir son repas frugal et entendre ses discours célestes; qu'elle le voie injurié ; qu'elle assiste à sa comparution au tribunal , et qu'elle considère la patience avec laquelle il souffre les railleries et les reproches de ses ennemis. Conduisez-la enfin j au pied de sa croix , et qu'elle l'y voie à l'agonie de la mort, : et entende la dernière prière qu'il fait pour ses persécuteurs : i « Mon Père , pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu ils font.» I Lorsque la religion naturelle aura vu ainsi Jésus et Maho- ^ met, demandez-lui lequel des deux est l'envoyé de Dieu? mais nous avons déjà sa réponse , lorsqu'elle vit une partie de cette scène par les yeux du centurion qui était près de la croix ; c'est par sa bouche qu'elle parla , et dit : « Cet homme est vraiment le Fils de Dieu

An 1730. — PorteuSy évéque anglican de Londres.

Le plus important de ses ouvrages es celui qui traite delà Vérité de la divine origine de la révélation chrétienne, La Divinité de Jésus-Christ est le pivot de cet ouvrage.

Voici les principales propositions qu'il s'est engagé à démontrer :

1^ De la situation du monde païen avant la venue de Notre^Seigneur sur la terre, il résulte évidemment qu'une

révélation de la volonté de Diea était nécessaire, et, par suite, une grande probabilité que cette révélation a été dans les desseins de la Providence à regard du genre hu-

main;

â*" Au moment précis où Fattente générale était tournée dans ce monde vers l'apparition d'un personnage investi d'une mission extraordinaire , Jésus-Glirist descend sur la terre, annouce qu'il est le Fils de Dieu , et qu'il vient enseigner aux hommes la véritable religion. Cette religion , appelée chrétienne, du nom de son fondateur , a été professée par une grande quantité de peuples, depuis son origine Jusqu'à ce jour;

S° Les livres du nouveau Testament furent réellement écrits par ceux à qui on les attribue. Ils contiennent une histoire fidèle de Jésus-Christ et de sa religion ; on doit les considérer* comme parfaitement authentiques , et leur accorder la foi la plus entière;

4*" Les écritures de l'ancien Testament (lesquelles sont en rapport avec celles du nouveau) sont les écrits sincères de ceux dont elles portent le nom; elles donnent l'idée exacte delà loi mosaïque, des faits historiques, des commandements divins ^ des préceptes moraux et des prophéties qui concernent les temps antérieurs à Jésus-Christ et à la venue du Messie sur la terre;

S"* Le caractère de Jésus-Christ , tel qu'il est représenté dans l'Evangile , offre les plus fortes raisons de croire qu'il ne pouvait être qu'un personnage divin ;

6*" La sublimité de ses doctrines et la pureté de sa morale confirment hautement cette persuasion ;

T* La propagation si prompte et si merveilleuse du Christianisme est une preuve qu'elle fut favorisée par l'assistance et le soutien même de Dieu;

8*" Si Ton compare le Christianisme avec la religion de Mahomet, on se convaincra sur-le-champ que cette dernière 11. "2

est rinvention d^un homme, tandis que la religion chrétienne n'a pu être que l'œuvre d'un Dieu ;

9° Les prédictions des anciens prophètes se sont exactement accomplies dans la personne de Jésus-Christ. Ces prédictions attestent qu'il a été le Messie attendu des Juifs et le grand Rédempteur que la bonté divine avait deistiné au genre humain ;

lO"* Les prophéties faites par Notre-Seigneur lui-même prouvent qu'il était doué de la connaissance des choses futures , attribut qui n'appartient qu'à un Dieu , ou à ceux que Dieu daigne réellement inspirer ;

11° Les miracles accomplis par Jésus-Christ démontrent qu'il était en possession du pouvoir divin ;

12*" Sa résurrection d'entre les morts est un fait de la plus incontestable évidence; elle est le sceau de sa divinité et de la vérité de sa religion.

Après avoir prouvé toutes ces propositions, Porteus finit son travail par la conclusion suivante :

« En rassemblant , dit-il, les preuves qu'on vient de lire, en considérant la déplorable ignorance et la profonde dépravation où se trouvait le monde païen avant la naissance de Jésus-Christ; double circonstance qui rendait la divine intervention absolument nécessaire , et dès-lors tout-à-fait probablef l'apparition de Jésus-Christ, au moment même où la personne d'un Messie était attendue dans l'Orient ; son caractère si plein d'excellence et de pureté , ses miracles accomplis à la face du jour et devant des milliers de témoins ; miracles attestés par la mort d'un si grand nombre de martyrs ; la merveilleuse mission des apôtres , pêcheurs obscurs et ignorants , qui triomphent du pouvoir des princes , des préjugés des nations, de l'orgueil et du faux-savoir des philosophes de ce monde; en réunissant, dis-je, toutes ces preuves sous un même point de vue, il est impossible à un esprit judicieux et de bonne foi de résister à la force de con-»

iction qu'elles présentent. Si un assemblage pareil de té- Doignages ne suffit pas à l'homme désireux de s'instruire it de connaître la vérité , il faut renoncer à croire tout événement quelconque , accompli dans un temps antérieur m nôtre, et dont nos yeux n'ont pas été témoins; car, on ^t l'affirmer sans hésiter, aucun exemple n'existe , paroù les faits qu'on dit arrivés dans les anciens âges , qui ait Mt éclat d'évidence , cette puissance de démonstration dont s'environne le divin établissement du Christianisme sur la terre. Nous portons un défi solennel aux ennemis de notre foi de contredire cette assertion et de nous citer un fait historique, mieux attesté que ceux dont il a été parlé dans notre ouvrage. S'ils ne le peuvent (et nous savons bien qu'ils ne le peuvent) , nous avons incontestablement le droit de dire , (u'une religion , appuyée sur des preuves d'authenticité si OLtraordinaires et si nombreuses , doit être vraie , et que bus les hommes <]ui consentiront à se laisser guider par la force des arguments et des preuves , sont tenus, sous peine d'impiété , de recevoir la religion de Jésus-Christ comme une révélation faite réellement par lui-même. » ( Porteus, Abrégé des preuves principales de la vérité et de la divinité de la révélation. )

An 1782. — Thomas.

On trouve dans plusieurs parties des œuvres de ce célèbre kcadémicien des observations et des remarques importantes iur le sujet que nous traitons. Nous en extrairons quelques thigments:

< Le déiste , dit Thomas , zélé partisan de la religion nafarelle, s'attache avec empressement au moindre roseau qui iuraît lui présenter quelque appui. Il prétend que Dieu sendt inconstant , s'il avait successivement établi trois religions sur la terre; mais quoi de 'plus frivole et do plus in-

sensé qa'ane telle objection? En effet, si ces trois religions entrent dans le plan de la Divinité; si, liées ensemble par une chaîne invisible , elles ne forment qu'une seule et même religion , moins développée dans un temps , plus épurée et plus perfectionnée dans un autre , quelle tache de caprice oa d'inconstance Toeil du théiste peut-il apercevoir dans cette : conduite de TEtre-Supréme? Il n'y a rien de plus ancien ' parmi les hommes que la religion que professe le Chrétien.

« L'histoire de sa naissance est l'histoire de la naissance du monde. Sous la loi de nature et sous les patriarches , soos - Moïse et sous la loi écrite, sous David et sous les prophètes, enfin , sous Jésus-Christ même et sous la loi de TËvangile, la religion a toujours été uniforme; on y a toujours recounftj le même Dieu comme auteur, le même Christ comme sauvev' du genre humain. Jésus-Christ , ou attendu ou envoyé sur te^ terre, a été dans tous les temps l'objet de l'espérance ou dt!1 culte des vrais adorateurs. Il est le centre commun où aboutissent et viennent se réunir ces trois religions qui n'en font qu'une. L'éternelle Providence, dans tous ces temps diffé-. rents, a réglé les divers états de la religion sur les besoins'j des hommes. » (Thomas , de la Révélation, )

Et plus loin , Thomas rend hommage à la divinité da:i Christ : « C'était à ce Christ , à cet homme-Dieu , qui portait^ dans son sein l'éternelle vérité, c'était à lui qu'il était réservé de montrer aux hommes toute vérité, c'est-à-dire celle des mystères , celle des vertus et celle des récompenses. Ton» les temps qui ont précédé sa naissance ont servi à préparer le genre humain à ces vérités sublimes. L'Eglise a toujouff eu une tige subsistante, dont la racine touche à l'origine du monde. Toute la conduite de Dieu sur la religion forme uno chaîne admirable, dont les premiers anneaux tiennent m% patriarches , et se succèdent ensuite jusqu'à nous sans êtra interrompus. Quel est donc l'aveuglement du théiste de ne

point apercevoir ce merveilleux enchaînement? on , ^'11 l'aperçoit, quelle est son orgueilleuse stupidité d'oser accuser Dieu d'inconstance dans ses desseins ?

An 1740. — William Jones.

William Jones est né dans le Northumberland. Il a publié divers ouvrages sur la théologie et la philosophie naturelle , un Cours de leçons sur le langage figuré des saintes Ecritures f et un Recueil de Discours et autres compositions religieuses.

Nous mettrons sous les yeux du lecteur une partie du travail auquel s'est livré William Jones sur les preuves de la Divinité du Christ d'après les Ecritures. Ce travail consiste surtout dans l'indication de la concordance entre les diverses parties de l'ancien et du nouveau Testament.

Delà Divinité de Jésus-Christ.

IsaiCy eh. 3 , V. 13 et 15. — «Révérez le Seigneur, le Dieu des armées; ne craignez, ne redoutez que lui seul. Il sera pour nous un sanctuaire, et pour les deux maisons d'Israël, une pierre de chute et de scandale. »

Saint Pierre ^^^it. 1, ch. 2 , v. 7 et 8. — « Mais , pour les incrédules, la pierre, que ceux qui bâtissaient ont rejetée , €gt devenue la principale pierre de Fangle ; c'est cette pierre eontre laquelle ils heurtent et qui les fait tomber. »

IsaiCy cb. 6 , V. 6. — «Et j'ai vu de mes yeux le Seigneur, fe Dieu des armées, »

Saint Jean y Evang. , ch. 12, v. 41. — « Isaïe a dit ces choses, quand il a vu sa gloire (du Christ) et qu'il a parlé de lui. »

Jésus-Christ est la personne dont parle ici saint Jean , et dont Isaîe déclare avoir vu la gloire ; mais le prophète a dît lui-même qu'il avait vu de ses yeux le Dieu des armées. Donc , Jésus-Christ est le Dieu des armées.

Isaïe , ch. 44 , v. 6. — « Voici ce que dit le Seigneur, le Roi dlsraël , le Rédempteur, le Dieu des armées : Je suis le premier et le dernier^ hors de moi , il n'y a point de Dieu. »

ApocaL, ch. 22, v. 13. — « Je suis l'alpha et Toméga , le premier et le dernier, le commencement et la fin. j>

Ces titres de premier et de dernier sont donnés à celui-là seul hors duquel il n^y a point de Dieu ; mais Jésus a pris aussi ces titres; donc Jésus est le Dieu hors duquel il n'y en a pas. Mais il n'y a pas de Dieu hors celui qui est \e premier et le dernier. Or, Jésus-Christ est le premier et le dernier ; donc , hors Jésus-Christ il n'y a pas de Dieu.

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