PREFACE
t/L. Renan a jeté le gant à la foi du mopde civilisé.
Je me suis cru un de ceux qui devaient le vblever.
La Yie de Jésus attaque, directement ce que j'ai directement soutenu dans mes Etudes. Elle fait grief en moi , non -seulement à l'honneur commun de l'homme et du chrétien, mais à celui de l'apologiste.
J'avais à venger ce triple honneur.
J'eijisse voulu le faire à mon gré. J'eusse voulu, en présence d'un homme de la réputation de M. Renan, membre de T Institut, titulaire d'un haut enseignement , pouvoir user des mêmes
ij PREFACE.
égards dont j'ai dû honorer un personnage émi* nent dans une polémique antérieure*.
11 ne mé Ta pas permis.
L'adversaire fait le combat. J'ai pu modérer rémotion et l'indignation de ma foi ; je n'ai pu retenir l'éclat de ma raison. Il y a eu même des extrémités, oîi la raison, ne pouvant aller ellemême, a dû envoyer l'ironie ; l'ironie que j'aime peu, mais qui seule atteint l'erreur quand elle échappe à la discussion par son excès, qu'elle n'a pour cela qu'à reproduire, et dont elle est comme l'écho moqueur.
Toutefois, ce n'est pas ici une lutte personnelle, et ce n'est pas M. Renan dans M. Renan que je combats. Je ne le vois que dans son œuvre; el dans cette œuvre, encore, ne vois-je pas tant l'œuvre même, que l'Incrédulité contemporaine dont elle est le fruit avoué.
Aussi ai-je tenu à saisir avec M. Renan, et à faire asseoir à côté de lui sur le banc de la critique, d'autres représentants en renom de la même École, qui se sont plus particulièrement
1. M. Guizot, dans l'introduction de mon ouvrage sur le Protestantisme,
PRÉFACE. iij
faits ses tenants : soit pour mieux établir la solidarité de tout le camp qui lacclame; soit pour accroître, par le nombre des adversaires et par la diversité des témoignages que j'en extrais, le triomphe de notre foi.
Car, même élargie ainsi, ceci n'est pas une simple polémique : c'est tout à la fois une polémique et une démonstration ; une démonstration nouvelle de la vérité, construite, si je puis ainsi dire, des démolitions de Terreur.
Cette vérité, déjà exposée dans mes Études, avait besoin d'être éprouvée. Aussi, en les terminant, appelai-je un contradicteur.
Je l'ai rencontré; et la satisfaction passe l'espérance.
Toutes nos raisons et nos preuves, en effet, ne sont pas seulement éprouvées, elles sont avouées sur les points principaux; et, sur les autres, elles sont vengées de la résistance par une faiblesse qui passe le bénéfice même de ces aveux.
Le travail actuel, bien qu'il se suffise à luimême, ne doit donc pas être considéré trop iso-
iv PRÉFACE.
lément des Éiudei^ Il b y réfère, et eitee vienneni s y ramasser.
C'est la réplique, supplément de la plaidoirie, et qui y met le seeiEiu-
J'ose dire plus : c'est le jug^ement.
Puisse ce nouvel effort d'un zàle âé}à ancien ne pas avoir trop mal servi, cette fois encore, la grande oaïuie à laquelle j'ai Youé ma vie, la double M plus que jaoaais miique cause du Christianisme et de la raison 1
Atotote NICOLAS.
Paris, 6 janvier i864.
DE
TinÉE