‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 161 sur 188 · LES APOTRES £T L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

LES APOTRES £T L'ÉGLISE

résurrection. Il faut bien que rEsprit d'en haut soit descendu sur eui, en eux, puisque nous Ty voyons* Le prodige est plus encore dans le résultat que dans le moyen« Le résultat, en effet, suppose le moyen, il Tim*plique ; mais le moyen effectif, réalisé. Or, ce prodige du résultat, il est sous nos yeux. Il est certain, en effet, parla conduite, par la prédication des Apôtres, par leurs écrits que nous a\ons dans les mains et où ils nous par-^ lent, que ces obsours bateliers d'un petit lao de la Judée sont deTenus un jour les docteurs du monde nouveau^ et ces pécheurs de poissons des pécheurs de nations^

Est-ce là un prodige? Assurément, s'il en fut jamais.

Comment l'expliquer?

Humainement? c'est impossible.

Par Teffusion d'un souffle surnaturel? cela est évident; puisque ce souffle^ noue le sentons, nous l'entendons en eux; puisque, sorti d'eux^ il a rempli le monde et traversé les siècles ; In omnetn terram eadvit sonus eorum ^ ; puisqu'il s'annonce lui-^même en eux.

Ici, l'objet de la foi devient palpable- Pour voir sa démonstration par le prodige, il ne s'agit pas même de croire aux Actes des Apôtres, dont l'histoire est incontestée; il suffit de pretidre Un Nouveau Testament, de l'cmvrir^ et de lire les Épitres de saint Pierre^ de

\ . Psalm. xYiii, 5.

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saint Jean, de saint Jude, et enfin cette épltre de saint Jacques qui, aux yeux de toute saine critique philosophique et même littéraire, efEicerait Platon, si la supériorité de Tesprit qui y respire ne la portait au-dessus d'une telle comparaison.

Je cherche une explication autre que celle de la descente de cet Esprit sur les Apôtres, et il ne m'est pas donné de l'imaginer.

Mais M. Renan vient à mon aide. Il nous donne une explication *, et, par là, il fait encore l'office de conférencier ne produisant des objections que pour ménager la gloire de les résoudre.

Ici, il n'y aura pas même à résoudre; il suffira d'exposer.

D'abord, qu'étaient primitivement les Apôtres?

C'étaient de « bonnes gens... Rien de ce qu'on ap- « pelle civilisation... n'avait pénétré parmi eux... faii milles de pêcheurs, formant une société douce et a paisible ^ » — « Tous ceux dont on sait quelque a chose avaient commencé par être pêcheurs. En tout fi cas, aucun d'eux n'appartenait à une classe sociale a élevée. Seul, Matthieu ou Lévi avait été publicain. « Mais ceux à qui on donnait ce nom en Judée n'é- «( taient pas ceux qu'on appelait de ce nom à Rome,

i. Vie de Jésus, p. i47-U8.

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<( c'étaient... des employés de bas étage, des doua- « niers... On ne les nommait qu'en compagnie des « assassins, des \oleurs de grand chemin, des gens de a yie infâme... Ces pauvres gens, mis au ban de la so- « ciété, se voyaient entre eux*... — Tel était le groupe «c qui, sur les bords du lac de Tibériade, se pressait c< autour de Jésus. L'aristocratie y était représentée par c< un douanier et par la femme d*un régisseur. Le reste « se composait de pécheurs et de simples gens. Leur a ignorance était extrême ; ils avaient Fesprit faible, ils « croyaient aux spectres et aux esprits. Pas un élément « de culture hellénique n'avait pénétré dans ce pre- « mier cénacle ; l'instruction juive y était aussi fort in- « complète*... »

Voilà ceux que Jésus-Christ ramassa, ou plutôt choisit, pour porter la lumière nouvelle par toute la terre. « 11 n'est guère possible de douter, dit M. Renan, « qu'il n'ait lui-même choisi parmi ses disciples ceux « qu'on appelait par excellence les <c apôtres » ou les c< douze ^. » — Il le leur disait lui-même : Je vous ai choisis et je vous ai établis, pour qice vous alliez*... Et saint Paul se plaît à faire ressortir ce plan de la Sagesse céleste, qui « a choisi les simples pour confondre

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