Vie de Jésus, p
LES APOTBES ET l'ÉGLTSE. 413
« Jésus, dit M. Renan, annonça à ses disciples, un « baptême par le feu et Tesprit... baptême que ceux-ci « crurent un jour recevoir, après la mort de Jésus, « sous la forme d'un grand vent et de mèches de « feu*.»
M. Renan ne croit pas, lui, à ces flammes de feu. Libre à^lui. Mais alors il faut qu'il explique autrement la transformation des Apôtres. Il le fait, en effet, mais comment? En croyant et en nous proposant de croire à une autre flamme, à un autre prodige, ou plutôt à une palpable niaiserie qui blesse la raison, autant que la communication de Tesprit de Dieu la satisfait.
Après avoir montré, en effet, l'ignorance épaisse des pêcheurs galiléens, il croit avoir paré à l'argument qui s'en élève contre l'incrédulité, par des tours de plume de cette sorte : — « Le beau climat de la Galilée (ce (( climat magique qui a fait Jésus, qui a fait le chris- « tianisme) faisait de l'existence de ces honnêtes pê- « cheurs un perpétuel enchantement : On ne se figure t< pas l'enivrement d'une vie qui s'écoule ainsi à la face « du ciel, la flamme douce et forte que donne ce per- « pétuel contact avec la nature, les songes de ces nuits « passées à la clarté des étoiles, sous un dôme d'azur, « d'une profondeur sans fin. L'œil clair et doux de ces c( âmes simples contemplait l'univers en sa source