‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 12 sur 106 · III. — La copir B · texte numérisé non relu

III. — La copir B

Ce volume est conservé à la Hibliothéque de l'Arsenal, sous la coteB. L., (■):;.S2.

C'est, comme les autres, un exemplaire de l'édition de Desportes de 1600. Une note moderne collée au verso de la couverture et paraphée dit : « Ce livre est très précieux, parce qu'il est chargé dénotes critiques de Malherbe. Cet exemplaire est cité dans une lettre de Voiture à Conrad (sic) son amy, il a autrefois appartenu au Président Bouhier, de Dijon. »

La note, comme on voit, confond cet exemplaire avec l'original, c'est un point sur le([uel nous aurons à revenir.

M. Lalanne, eu parlant de cette copie, dit simplement : ^ Les copies que nous avons désignées par les lettres A et B, offrent avec l'original des différences parfois assez notables et que nous avons signalées. Nous donnons ici les annotations avec les variantes et les additions fournies par les deux copies. »

Il ne faudrait se fier ni à l'une ni à l'autre de ces phrases. La copie B n'a pas été coUationnée sérieusement pour l'édition dont nous parlons ; si elle l'avait été, elle ne serait pas mise en parallèle avec A. qui n'est qu'une transcription insignifiante, tandis que B est d'une «rande valeur.

(1) îb. 44.

(2) Ib. 30.

(3) Epit. fo 324. v^

92 MVMlKlUtE ET DESPOUTJiS

Ce n'est pas (|iie nous soyons portés, avec M. Lacroix, à adniellrc (jiie 15 l'sl nu orij^iiial, écril de la main mémo de Malhei'be.

L'éerilnre de li ne présente j)as les caractères distinctifs de celle de l'ori^MtKil ni des autographes connus de Malherbe, à quelque épo([ue quils appartiennent (1). D'abord l'écriture de Malherbe est pleine d'abréviations^ dont aucune ne se retrouve dans l'exemplaire de l'Arsenal. Ceci, il est vrai, pourrait s'expliquer dans l'hypothèse où B, transcrit pour l'impression, aurait été débarrassé de tout ce (|ui pouvait tromper les imprimeurs. Eu fait, Malherbe supprime souvent ces abréviations. Mais, ce qui demeurerait inexplicable, c'est la ditîérence entre l'aspect général des deux écritures. Celle de Malherbe est plus grosse, plus irrégulière. Si on regarde les caractères un à un, mêmes dissemblances. Le f/, le /, le /;, le q, le a long, le t linal, le groupe s/, la syllabe ar linale, bref, la moitié des lettres offrent, dans les autographes de Malherbe et dans B des caractères tout-à-fait distincts (2V

Mais, comme il est délicat de se prononcer en ces matières, nous préférons^ pour montrer ([uc B n'est pas de Malherbe, nous fonder sur d'autres raisons, qui abondent.

D'abord, dans B il n'y a pas de ratures, sauf une à la page b du f" 179^ tout à fait insignifiante.

Et on ne saurait admettre ({ue Malherbe, qui se corrigeait tou jours^ dont les brouillons et même les copies sont surchargées de retouches, aurait écrit tout d'une haleine le commentaire d'un volume de 700 pages, même pour le mettre au net, sans trouver

(1) Voir le fac-similé ei-eontre.

i2) Il est vrai (lue l'on trouve f' 2iG x" et f 241 v» de B un signe qui ressemble de très près au paraphe de Malherbe, mais ce n'est qu'un renvoi qui reporte aux vers de la pièce auxquels se réfèrent les remarques i^Comp. 274 r°). Au 1* 251 le même signe se retrouve encore au-dessous dune remarque et en bas de la page, sans qu'il renvoie à rien. Mais on ne saurait en tirer aucune induction. D'abord les deux signes ne sont pas identiques et, dès lors, on ne saurait voir dans celui-là qu'un s de renvoi, qu'un retrouve dans la plupart des manuscrits du temps, non seulement pour indiquer un renvoi, mais pour marquer la fin d une strophe, d'une pièce, etc. Les liecueils de Gonrart en particulier eu muiilreut à chaque page.

«u,iyu.,'i.pL.Uv^.*!!l!!

D'iïrî>pôLrrJ|> 10^

txxviïï. 4

Kauy de mon f enfer fi hnutementk yole, (^t4^ vm^Aima/n***^

Queicconfe^n-àyn tés ajîrei radieux, - '>i^**^tf^^^^

l'ojy les dmers dccor'ds du mouuement des Cieùx, *^ '^**^'^

Ityoyce quife meut fous l'un C l'autre polé» lUis pourtant mon efpritfifort nefe confolc,

l.tne ftuourc rien de fî délicieux.

Comme alors que te '\>oyle rayon de deux yeux,

Itpns l'accord parfait d'^fne douce parole: J

QjMndi'ay l'heur de iouir d'y n bien tant fouhaitê, ^

SAns partir de la terre aux deux ie fuis porte, '

Ef compris du plus Imut la gloire & les memeilles. â ^^^^ i O ma feule Deefjè heUs ! s* il ejl ainfi, '^V**^Ll \

Kegardex-moy toufioursdSn œil plein de merci.

Et de y.os doux propos rauiJJèT^jnes oreilles» •

^ ^ ^ ' ^* ' JU^rV' i

Le tyran des Hébreux tran/porté de furie u^rtllùi SrU^ \

Ne fit iadis meurtrir tant d'enfansinnocens ys^fiii/, J^r^t*yyii> 1 Q«; ie tue en maillot de penfers languiffàns, ^^^^ rn^^ 1

Er ne touche à celuy qui menace ma yie. \

Car luy défia ruféfiiyantcejk furie SefiHue a la beauté qui domine mesfens: cetl*- ^fmA^ rt-^ Ef Id tout AJjcure rtt des maux que tejcns j

tt m' abufefdns fin par quelque tromperie. fCt4.e*^A,9f*^n,ji^**û

Or' enfes chauds regards ce penferfe formant, '>tU.c£fr«n4^/gffrrt0*, ^ Or* enfes doux propos mon efprit >4 charma^fT^H^^'^ j^j^ femprifonne ^ Itfhraint en des chaijnes /^«^^^^^T^/li^^^rX^

^elas c'eft le mdheurqui m'efloit defliné, ^^^u^ ^..^^I^

^t que me prefageoyent dettx eftoiles lufanteSy,:,^^)^^^^^^^^ Queiéy^fur lepoinâquece méchant fut nélc^jc/ ^t^^^^tyM I ^ . •/ - Oiii^^^ff^-^fipjry^tt^i^y^-^ \

Copie B de l'Arsenal

^Jf*'LJ^ifn*Uc^^r-cc^^ (j»

"^^ittyde mon penfl'rfi hautement ie yole, ^"/^ t9r^>^?P^^/^^7^ .

Que ie conte >« k >« /^x 4y?>Ty nt'J.ieux, CI^^xjO- ry^e^ I

l'oy la dîners accords du mouiiement des deux, ' -1

^t^oy ce cjuife meut fous l\n o- C Autre pôle. ' \

^'lii pourtant mon efpritft fort ne fcconfole, > \

^t ne fiuoure rien de fi délicieux, \

Comme alors cjue ie ^oy le rayon de deux yeux,

'^ffnsl'accoraparfaitd'lcnc douce parole. '

Quand i'ay Iheur de iouir d'yn bien tantfouhaité, !

^^fis partir de la terre aux ciiuxie fuis porté, ' '

^tcompres du plus haut la gloire o- les merueilles , ^

■ ^ '"^f'''^; ^<^^lJèMas!£dcftatnJl, «^^ ^^^^ ^

Kegardei-moy toufiourscl^>n œif plein de rrCerci, '

£f de -vos doux propos rauiffal^mesprcillcs..

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