‹ La doctrine scolastique du droit de guerreChapitre 13 sur 277 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

dehors du cas d'ignorance invincible. Les continuateurs de l'Ecole se font plus rares. Vanderpol avait ainsi prouvé que jusqu'au xvii" siècle il n'y avait eu qu'une seule doctrine enseignée dans l'Eglise sur le droit de guerre, et que cette doctrine n'avait pas cessé d'être professée ensuite par un certain nombre de théologiens. Elle était donc bien la doctrine traditionnelle. L'ouvrage contient en appendice la traduction du traité De jure belli de F. de Victoria.

Les deux volumes publiés par Vanderpol se complétaient l'un l'autre, mais faisaient dans certaines parties double emploi. L'auteur, qui continuait d'ailleurs ses recherches et ses lectures, eut l'idée en 1914 de proposer au Carnegie Endowmenl de les fondre ensemble en les remaniant, en en augmentant la documentation, et enfin en y ajoutant la traduction des principaux textes scolastiques, résumés ou commentés par lui dans le corps de l'ouvrage. L'offre ayant été acceptée, Vanderpol se mit à l'œuvre. Son nouveau travail, véritable» Somme» delà question, était terminé en juillet 1914. Il se préparait à le faire imprimer lorsque la guerre survint.

§ III. — Œuvre.

13. Nous venons de retracer la carrière littéraire, trop courte, de Vanderpol ; mais on ne connaîtrait pas suffisamment ce qu'il a fait si l'on s'en tenait à son apostolat par la plume. Il pratiqua un autre apostolat, par la parole et par l'action, qui fut singulièrement actif et fécond. On en peut placer les débuts en septembre 1906. A cette date, Vanderpol assistait au Congrès international de la paix à Milan. Là, il décida plusieurs congressistes catholiques de diverses nationalités à adresser au pape Pie X une dépêche pour « solliciter sa bénédiction, comme une marque de sympathie et d'approbation pour leurs efforts et ceux de leurs collègues ». Le jour même, le pape répondit par une dépêche de remerciement, où il se déclarait « très convaincu que tous les efforts faits dans le but d'éviter les horreurs de la guerre étaient absolument conformes à l'esprit et aux préceptes de l'Evan-

XXn PREFACE

gile ». Le cardinal Ferrari, archevêque de Milan, d'accord avec Pie X, écrivit dans le même sens au Congrès.

Ces deux documents ayant été lus en séance publique par M. l'abbé Pichot, président de « l'Institut international de la paix », à Monaco, les congressistes votèrent à l'unanimité l'envoi au souverain pontife d'une adresse où il était dit: « Une parole tombée de la bouche de celui que des millions de fidèles de tous les pays vénèrent comme le vicaire du Christ sur la terre, peut diminuer de plusieurs siècles le douloureux et antique purgatoire que la violence des guerres impose aux malheureux descendants d'Adam (1). ^) Pie X répondit, par la plume du cardinal Merry del Val, que, ses prédécesseurs et lui-même ayant toujours exercé « le ministère de paix que Dieu a confié au chefde l'Eglise catholique », ilétait (( facile de comprendre avec quel intérêt il suivait les efforts de la Société internationale de la paix, et le vif désir qu'il éprouvait de les voir couronnés par un heureux succès » (2). Heureux succèsl yuand on relit ces mots aujourd'hui, on se dit que le douloureux et antique purgatoire de l'humanité n est pas près d'être terminé !

14. La réponse de Pie X eut en tout cas un résultat: elle détermina un mouvement « pacifiste » neltement catholique. Vanderpol en fut l'ame. Il vint à Paris au mois de décembre ; et, avec l'aide de M. Gemahling, tint une première réunion dans un local gracieusement mis à sa disposition par le président du Sillon, M. Marc Sangnier. Le choix de ce local y fut-il pour quelque chose ? Toujours est-il qu'il ne vint à celte réunion que quelques amis du Sillon, C'est là que je fis la connaissance de Vanderpol, que je compris son âme (i'apôlrc, el que commença notre amitié. C'est là aussi qu'il fut décidé de poursuivre le mouvement commencé en se tenant

(1) Une adresse analogue avail élé envoyée à Léon XIII, en 1896, par le VIP Congrès de la paix, tenu îi Budapeslh.

(2) L'adresse est datée du 24 octobre, et la réponse du 3 novembre 1906. Voir, pour les détails, le compte-rendu donné par Vanderpol dans le Bulletin de la Société Gratry^ n* 1 ; les textes y sont reproduits.

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