CHAPITRE PREMIER
Marie de qui est né Jésus qui-est appelé le Christ.
(S. Matthieu, I, 16.)
« La bienheureuse Vierge Marie est mère de Dieu dans le sens propre de ce terme. »
C'est par ces mots que le cinquième concile œcuménique a donné une définition exacte et précise de la foi perpétuelle de l'Eglise en la maternité divine de Marie. On y a maintenu contre les fausses interprétations des hérétiques l'expression traditionnelle de Mère de Dieu, Dei gcnitnx, QzoToy.o; du concile d'Ephèse et du concile de Chalcédoine '. D'après les ex-
1. Si quis non confitetur, Deum esse veraciter Emmanuel et propterea Dei f/enitricem (Oîotôxov) sanctam virginem.... A. S. (Syn.
plications des Saints Pères, deux vérités fondamentales sont exprimées par ce mot mère de Bleu : la première, c'est que Marie a véritablement enfanté un fils, et par conséquent est vraiment mère; la seconde, c'est qu'elle a enfanté dans la nature humaine et selon toute la rigueur du terme un Dieu, le Fils de Dieu, la seconde personne de la sainte Trinité; elle est donc Mère de Dieu '. Ces deux vérités fondamentales contenues dans l'expression de Mère de Dieu sont la base de toute la doctrine de l'Incarnation du Yerbe. Saint Thomas a appliqué son génie à montrer les taisons sur lesquelles elles reposent dans la Sainte Ecriture et dans la tradition de l'Eglise. Il les a expliquées avec toutes les ressources de la lumière naturelle et les a défendues contre ceux qui les attaquent.
Ephes. can. 1). — Si qui? abuîive et non rere Dei genilricem (o'jy. à)>T,Ocoî ÔîOTÔy.ov) dicit sanctam gloriosam semper virginem Mariam... aiit si quis boQiinis genitricem, vocat eam aut Christi genitricem, utpole Clirislo non existente Deo, et non spedaliter (x'jpîw;) sccundum veritatem Dei (jenitricein eaindem confîtetur, A. S. (Syn. œcum. V, can. 6, Cf. Syn. VI. act. 11 et act. 13, can. 2; Concil. Later. sub Martine 1 can. 2. 4 .
1. C'est ainsi que distingue et explique ces deux expressions « proprie etvere » Fulgence Ferrand 'epist. ad Anatolium) : Recte in quantum arbitrer, dicimus et confitemur : Maria veraciter est mater Dei Cbristi ut cesset suspicio pbautasiœ. Recte etiam confitemur : Maria proprie mater est Dei Cbristi, utnuUatenus bominem purum, qui pro meritis operum bonorum postea perbiberetur ia Deum, vel superveniente in se filio Dei vocari aut effici inciperet Dcus, sed Deum siue initio, ex certo initio bominem factum concepisse et genuisse credatur. Dans le même sens s'expriment aussi le pape Jean II. (epist. ad Avienum), Pierre diacre, Sopbrouius et d'autres dans Pétau : De incara. 1. V. cp 17, n. 4. (Ed. Vives, pg. 6G6 sq.)
Nous allons examiner sa doclrine sur ces différents points.