‹ La domination française en allemagneChapitre 36 sur 37 · LE NOUVEL EMPIRE CAROLINGIEN · texte numérisé non relu

LE NOUVEL EMPIRE CAROLINGIEN

à distance tous ces princes du Saint-Empire. Une rigoureuse étiquette régnait à sa cour. Il ne s'asseyait à la table de l'empereur que des Électeurs ; à la table de l'impératrice que des princes souverains ; le fretin des comtes, des ducs, des chevaliers, des ambassadeurs, devait se contenter de la table de Duroc, grand-maréchal du palais. Quant au peuple, comment l'empêcher de se presser sur les pas du conquérant, de l'épier à la sortie de son palais, de contempler cet homme du destin, qui passait sur la terre allemande dans le rayonnement de son étoile, Me chercher, au milieu de ses généraux étincelants, ce petit homme dux cheveux plats, dont la faible stature rappelait si peu le Charleraagne légendaire, mais dont le large front, le teint olivâtre, le regard profond, insondable, parfois sinistre, le masque vraiment impérial et romain, faisaient penser au césar païen qui le premier avait passé le grand fleuve ?

1. Henri Heine, dans sa jeunesse, l'a vu passer à DiissoldorfT : « Sa (Ignre avait cette couleur que nous trouvons dans les stitues j,'rpcques et romaines; le-; traits étaient noblement réguliers coTime ces figures antiques, et dans ses traits on lisait : «Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi. » Un sourire qui éc.haulîait et donnait le calme voltigeai* sur ses lèvres et cependant on tavait que ces lèvres n'avaient qu'à siffler, et la Prusse n' existât plus. Elles n'avaient qu'i siffler, ces lèvres, et le Vatican sécroulait. Elles n'avaient qu'à siffler, et tout 6 saint empire romain entrait en danse. E' ces lèvres souriaient et

l'œil souriait aussi Le front n'était pas aussi serein ; là plamit te

génie des batailles; là se rassemblaient ces pensées aux bottes de sept lieues aveo lesquelles le génie de l'empereur inversait le monde.'- "*

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