BEAUMONT, CECILE
BEAi'MOMT. Disait-il cela , charmante Cécile?..
CÉCILE. J'ignore ce qu'il me disait, monsieur.... j'étais distraite.... préoccu|)ce... Mais voilà bien long-temps 'que nous n'avons eu le plaisir de vous voir.
BFAiMONT. Vous avez donc remarqué mon absence... (A pan, se frisant.) j'en étais sur!..
CÉCILE. C'est ma mère, monsieur.
BEAi'MOMT. Votre mère, Cécile... le mol est cruel... mais je suis certain qu'il n'est pas sincère... Avouez que vous avez songé à mol... je le sais... je le vols... vous avez pleuré...
ci:ciLE. Monsieur....
b?:aumo.nt. On se connaît... l'on connaît les femmes!., les jeunes filles surtout... Eh liieu! ras.surez-vous... je ne me suis éloigné de vous que pour songer à vous, pour m'occuper de vous... je reviens de Bruxelles.
CÉCILE. De Bruxelles!..
BEAL MOT. Blainlenant... je puis, je dois vous apprendre la cause de ce voyage... l'ne lettre que j'avais reçue de la Belgique m'annonçait que cette pièce importante, (|ui devait vous faiie gagner \otre procès, la conlre-leltre, était déposée chez l'un des prinri|)aux notaires de Bruxelles... Je me suis rendu dans cette ville, et pendant un mois, j'ai fait les recherches les plus minutieuses...
CÉCILE. Eh bien?
BBAiMONT. Il m'a été impossible de rien découvrir... Malgré les offres brillantes que j'ai faites!., malgré les menaces les plus formelles... rien, absolument rien... Je suis allé voir le vieux comte d'Albcrg et son épouse... je leur al parlé avec l'éloquence du cœur... de vos malheurs... de vos vertus... de vos droits... de voire heatité... ( Oriic fait un mouvemeni d'impaiicnre.! Ça ne gâte jamais rien., la beauté m'a fait gagner plus d'une cause...
* Deauniniit , PInridor, Cécile.
ill MUSÉE DRAMATIQUE.
CÉCILE. Enflu!..
REAUMONT. Lc vicux comlc m'a K"pnn(!ii, avec an Ion fort mallionnôtc, qu'il ne pouvait pas souffrir les fjens d'affaires... et sa digne épouse, le croirlez-vous, m'a regardé" avec son binocle, en disant : qu'esf-ce que c'est que ça?., puis tous les deux nj'ont tourné le dos en ricanant... à moil.. le chevalier de Beaumont... Ofi! alors, l'indignation m'a dicté mon devoir... J'ai pris la poste... et Je reviens à Paris pour mettre ma fortune à vos pieds.
CÉCILE. Quoi, monsieur?..
BEAUMONT. Oui... mes lalens... ma forlunel.. mes agrémens personnels... mon cœur... je mets tout cela à vos pieds... Votre avenir est désormais fixé... car si vous gagnez votre procès , vous serez riciie... et si vous le perdez, vous serez rlclie encore... votre mère vous devra une position lionorable... fortunée... Voilà Cécile, voilà quel est mon projet... Si vous l'approuvez, je ne réclame qu'une seule cho.se... l'autorisation de demander à madame votre mère l'honneur de devenir son gendre,
CÉCILE, avec effroi. Ah!., monsieur... monsieur!..
BEAUMONT, à part. J'élals sùr que ça lui ferait plaisir!.. (Ilaui.) je connais voire rang... votre famille... mais la* mienne est noble aussi... (juoique je me sois jeté dans les affaires... .Aujourd'liui, la noblesse à la mode, c'est l'argent, et j'en gagne' horriblement... Tout cela sera pour vous, Cécile... (Appuyant.) Pour votre itièrc...
CÉCILE. Ah 1 M. de Beaumont, je ne sais comment vous exprimer...
BE.AUMONT. Ed m'accordant l'autorisation que je sollicite!
CÉCILE, avec embarras. Parlez à ma mère, monsieur .. moi, j'ai Juré d'épouser celui qui la rendra heureuse.
BEAUMONT. Ah !.. VOUS mc ravissez !..
Air : Mes amis , c'est dans sa pairie.
Je vais voir votre bonne mère, A mes vœux cil* se rendra, Et bientôt jn hymen prospère A jamais nous cnchainera.
Je crains peu qu'elle se récrie; Vous êtes noble... je le suis...
Je suis beau... vous clés jolie...
Il faut des t'poux assortis!..