CÉCILE, RAYMOND
RAYMONO. Cécile!..
r.ÉcaK,avec un cri. Ali! c'est bien loi!..
RAYMOND. Je suis indlscrct, pcul-être... mais pendaut un mois f ai tant poiis^* à vous... à votre mère... qu'il me semblait que vous deviez m'allendre...
cÉciLK. Oh! oui... oui... M. Raymond, nous vous attendions... Depuis un mois... nous comptions les Jours... et depuis ce matin, les heures.
RAVMOND. C'est comme mol.
CÉCILE. Avcz-vous fait un bon voyage?
RAYMOND. Oui , bon... mais il n'a pas été heureux... je n'ai pas trouvé les personnes que j'étais allé chercher... Il m'a fallu courir tout le département, et mes reclierchcs ont élé sans résultat... j'étais d'une impatience... Mais, pardon... on m'avait dit que vous n'étiez pas seule.
CÉCILE. Notre homme d'affaires, que vous ne connaissez pas... M. de Beaumont.
RAY.M0NU. M. de Beaumont!.. oh! pardonnez-moi... Je le connais pour un fat... qui se croit aimé de toutes les femmes... qui se trouve charmant. CÉCILE. Je crois qu'il est seul de son avis. RAYMOND. Comment se porte madame votre mère?
CÉCILE. Bien mieux, depuis que, grâce à vos soins, l'aisance est rentrée dans notre petit ménage.
RAYMOND. Quant à vous , M"< Cécile , vous êtes d'une fraîcheur... Je vous trouve encore emlx'llie.
CÉCILE, souriant. Oui, ma chevelure, surtout... Quand prenez-vous ce qui vous appartient?
RAYMOND. Oh! J'ai le temps...
CÉCILE. Il faut pourtant que notre marché se réalise.
RAYMOND. Avez-vous bieu travaillé , en mon absence?
CÉCILE, montrant ses dessins *. Obi voyez!.. Yoyez!.. M. Raymond.
BAYMo.ND. Ah! le Joli bouquet!..
CÉCILE. Vous trouvez?.. J'ai près de cent francs à recevoir.
RAYMOND. Oh! mais c'est une fortune... Eh bien! je vous propose un marché... donnez-moi ces fleurs... et gardez cette parure naturelle qui vous va si bien.
CÉCILE, avec émotion. Ah !.. monsieur... monsieur... vous n'êtes donc pas un marchand... un coitTeur?
RAYMOND. Je n'ai pas cet honneur!
CÉCILE. l^Iais qui donc êtes- vous?
RAYMOND. Un voyageur qui s'est trouvé 1.^, par hasard... qui a vu vos laruies... a compris votre peine, et a voulu la soulager.
CÉCILE, pleurant. Ah!., ah!., mon Dieu!., qne vous me faites de bien !..
RAYMOND. Vous plCUICZ?
CÉCILE. Oh! oui... oui, je pleure... et ne m'en demandez pas la cause... je ne pourrais vous la dire... Je ne la comprends pas moi-même... Ne croyez pas que ce soit par un mouvetiienl de «'(Hiuellerie, au moins... uou, non... mais II y a dans votre procédé tant de noblesse... tant de délicatesse... et ma mère et moi, avons rencontré si rarement ces deux sentiniens depuis que nous sommes ù Paris... que Je me sens troublée... émue... malgré mol... Qui donc ètes-vous, monsieur?., ah!., de grâce!., qui donc êtes- vous?..
RAYMOND. Quimporle mon nom et mon étal, mademoiselle Cécile? Nous allons nous s<'*parer pour ne plus nous revoir, peut-être... CÉCILE. Ne plus nous revoir?..
RAYMOND. Je n'Iiabile ytoinl Paris... des devoirs rac rappellent chez
* Raymon»!, déclic.
Iti MUSÉK DHAMATigUE.
moi... ic vais parlir le cœur salisfuil... puisque jai pu conliibuer h vous rendre le repos.
CÉCILE. Quoi!.. Je ne saurai pas même voire nom.
BAYMON». Mavez-vous dit le vôtre? vous ôtcs |)our moi... mademoiselle Cécile... Je suis pour vous... M. Kaymoud... nous voilà quilles... Veuillez demander à madame voire mère, si je puis prendre congé d'elle.
CÉCILE, passant à droiic. Comme votre départ va l'ardiger!..