SCÈNE XI
lEAUMOIfT, aAYStOXD.
•BACMOTT , parlant à la canionnailc , en sortant do la chambre de la mère de Cécile. Oui , mesdames, vous me rendez le plus heureux des hommes.
RAVMO>D, A part. Que dit-il?
BEAI »io>T, se retournant Ah! ah! voici l'arcliitecle du roi des Belges... il me tarde bien que ce monsieur soit allé reprendre ses fonctions.
RAYMOND, A part, en s'a-sseyaot. Cet homme a le don de me déplaire au plus haut degré.
BEii M()>T, sans le regarder. Monsieur, je viens d'apprendre unechose assez étrange... M"* Cécile a dit ù sa mère que >ous u étiez point cuiiTeur.
RAYMOND. Elle a dit vrai.
BEi^MONT, voyant que Rayn ' -■ ' • •■>■:. va prendre brusquement une cli.iise
de l'autre cAïc de la scom- et niention marquée. J'ai oru d'abord
que VOUS n'étiez que perru(r I - —e trouve que vous êtes archi-
tecte... c'est du moins ce que «lit M''' ci-cile.
RAYMOND. Elle a peut-être rencontré juste...
«EAiiiioNT. Je le crois... mais alors, vous avez donc voulu nous mystifier, monsieur... ou bien, le marché singulier que vous aviez conclu chez Floridor, le mois dernier, nélall qu'un prétexte spécieux pour vous introduire auprès de ces dames.
RAYMOND. A votre tour, monsieur le chevalier... vous pourriez avoir deviné.
La dot de Cécile. M
is MUSI^.C DIIAMATIQUE.
BEAi'MO.NT. J'.il beaucoup de pén^lralion. monsieur... mais alors, je vous demanderai francliemenl quelles sonl vos inlenlion»?
RAYMOND. Et moi , monsieur... je vous dimi rrancheraenl que je n'ai aucune raison pour r^'-pondre A celle question... au moins indiscrète.
BEAUM0>T. Dans la position de ces dames, deux raisons seules peuvent vous conduire auprès d'elles.
HAYMO!^D. Malgré voire pénétration , il en est peut-être une troisième... qu'il ne vous est pas donné de sentir, monsieur.
BHArMOisT. Je ne pénètre pas la profondeur de ce discours , mais je vois clairement que monsiem- a pris un prétexte d'humanité pour venir ici tenter de séduire M"' Cécile... ou peul-ôtre môme pour chercUcr à l'épouser... si elle gagne sou procès.
RAYMOND, se levant. Ces dcux intentions ne sont pas les mleaneS'.. elles peuvent être les vôtres.
BEAt'MONT, limiiant. Je n'ai qu'une chose à vous dire... c'est qu'un homme comme vous, ne peut pas aspirera la main de M"' Cécile... et qu'un homme comme moi, ne souffrira pas que l'on cherche à l'outrager, par une coupable intention... c'est vous dire , (jue ce que vous avez de mieux à faire , c'est de reprendre la route de Bruxelles.
R.AYM0ND. Je prendrai la liberté grande, monsieur le chevalier, de retourner votre plira.se... et je vous dirai qu'un homme comme vous, n'est pas fait pour être le mari de Cécile, et au'un homme comme moi. châtiera l'insolent qui aurait sur elle des vues qui ne seraient pas honorables.
BEAUMONT. Qu'cst-ce quc c'est?..
RAYMOND. Quant à la roule de Bruxelles... en voire qualité d'homme d'affaires, il est probable que vous la connaissez mieux que moi... mais, je vous avertis que ce lieu n'est plus un refuge.
BEAUMONT, (levant la voix. Ce ton me parait fort amusant... Vous ignorez donc à qui vous parlez... le chevalier de Beaumout n'a jamais souffert une insulte... même d'un architecte.
RAYMOND. Il est possiblc, monsieur, que vous soyez brave... (Avec fierté.) mais , je ne le crois pas.
BEAUMONT. Monsleur... monsieur... je vous prouverai...
RAYMOND. Je vous Conseille de Vous hâter, car, chaque minute ajoute à mon incrédulité.
BEAUMONT, avec embarras. Eh bicnî monsieur... à rinstantmême... j'ai chez moi des fleurets...
RAY.MOND, tranquillement. Cela sufQt.
BEAUMONT, reprenant de l'audace. Sortons, monsieur... je vous tuerai, monsieur!..
RAYMOND. C'est possIble! et c'est dans cette chance que je vous prie de vouloir bien permettre que j'aille faire mes adieux à ces dames*.
BEAUMONT. J'espère bien que vous n'allez pas les alarmer sur mon compte en leur racontant ce combat.
RAYMOND. Vous me faites pitié, monsieur. (Il entre.)