‹ La dot de Suzette drame en quatre actes, mêlé de chantChapitre 45 sur 69 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, SUZETTE, élégant négligé de gros de Naples bleu très-ouvert, jupe d volants, coiffure à la grecque ou bandeaux plate

Quoi donc? ma bonne Cadiche... on m’a dit que lu me demandais. ( Saluant Picheloup et Beau- * BeauvUage, Codiclie, Picheloup •• beauvisage, SuzcUc, Cadiche, Picheloup.

visage , qui t'est levé pour venir lui. faire un salut à la victime.) Messieurs...

CAMCHK.

Ah! oui... il faut que je te parle... et tout de suite, tout de suite... c'est très-pressé! (Fièrement, à Beauvisage.) Vous, mal coiffé, rester si ça vous convient. (A Pieheloup.) Et vous, si ça vous ennuie, prenez la patache, et allés voir à ChampiDellc si j'écosse des pois.

Pieheloup va s'asseoir sur la causeuse de droite.

brauvisagk, d part, haussant les épaules.

Qué mauvais genre!. .. genre pa venu!

11 tire de sa poclio un joujou, dit émigrant.

CADICHE.

Ah! ma chère, c’est bien l'histoire la plus attendrissante, la plus émeuvantel... la plus... (Avec un grande volubilité.) Ce matin en m'éveillant, je demande une blanchisseuse... je fais toujours ces ehoses-Ia moi-même, parce que tu sais, dans un hôtel, les domestiques un mou-

choir, une paire de bas... c’est bien vite égard.

PtcncLOtT. sa levant.

Oh! c'est une femme d’ordre!... elle a ça au moins !

CADICIIE.

Vous, chargez-vous de ça! (Elle lui donne sa canne il ombrelle.) J'avais donc compté mes mouchoirs, mes fichus, mes jupons... j'en étais aux bonnets de coton de monsieur Pieheloup .. Dieu I en salit-y, c'C élrc-là.. . en salit-y ! pir.nEi.oee.

Qu'est-ce qu'y vousont fait, mes bonnets decoton?

CADICHE.

Air de Madame Favart.

Je dis qu’avec ça sur ta tôto,

Vous avez l’air d'un élcignoir :

Que ça vous donne un air fort bête,

Enfin... qu* vous (les très-laid à voir?

. , MM1ELÛUP.

Moi, j’estime celle coiffure.

. cadiche.

Elle a pour moi fort pou d’appas ;

El, j’ n on sais rien, mais je suis sûre Que mosicu Ch’nu n’en porte pas.

(Etourdiment û Susette.) N'cst-cc pas, Suzctte, que Ion mari n'en porte pas ?

beauvisage, éclatant .

Oh!... quelle question!

Il court au fond pour rire, Cadiche le regarde. SUZETTE .

Revenons à ton récit, ma bonne Cadiche.

CADIC1IE.

T’as raison... J’avais donc fini... j’ voyais que c’te brav' femme de blanchisseuse avait l’air tout chose... Qu'est-ce que vous avez, que je lui dis, ma petite mère?— Ah! madame, vous connaissez madame Dépréval, que l'on dit si bonne, si avenante au pauvre monde? — Je crois bien, c'est ma meilleure amie ! — Elle a besoin, dit-on, d’une dame de compagnie?

SUZETTE

C’est vrai.

CADICHE, continuant.

Et mon mari a été, pendant cinq ans, domesti-

que d’une bravo et digne ci-devant qui cherche à sc placer. Si vous pouviez parler pour clic à madame Dépréval... elle a eu de si grands malheurs !...

riCHEI.OUP. 4

i '• ' c Hes ont toujours eu des malheurs I

CADICHE.

Taisez- vous, vous!... vous avez un cœur en fer b *ttu. Elle me les a racontés ses malheurs!... (s'attendrissant) c’était à sangloter .. Figure-toi,

Suzettc , une ancienne grande dame commo

I nous, riche, comme nous...

PICuelocp, incrédule.

Oh ! comme nous !...

CADICHE.

Qui a eu des domestiques, des voitures, des châteaux... et puis qui, un beau jour, s’est trouvée à pied, dans la rue, au sixième!...

SUZETTE

Pauvre femme!...

cadiche, pleurant.

Obligée de savonner ... de tricoter.... de remmailler elle-même! c’est à fendre le cœur.

suzettte, vivement.

Je veux la voir, je veux lui parler, et si je puis lui être utile...

cadiche, sautant de joie.

\rai?... Ah! j’étais bien sûre que tu me comprendrais, loi !... Tu as beau être riche, élégante, tu as toujours bon cœur, tu es toujours ma bonne Suzettc!... Je cours la faire prévenir.

Amrfc la Walse de Ilurymuller (Giselle).

SUZETTE

Je veux la voir ; que je serais ravio Si je pouvais l'obliger en ce jour,

La consoler des chagrins de sa vio.

Et près de moi la fixer sans retour 1

CADICUE.

C’est A deux pas ; j’envoie à sa demeure ;

Elle viendra, tu peux compter sur moi.

PlCUfcLuUF.

De mon emploi je crois que voici l’heure;

Moi, je m’eu vais guetter notre convoi.

ENSEMBLE

SUZETTE

Je vais la voir, etc.

CADICUE.

De ton bon cœur, combien je suis ravie l Si tu pouvais, etc.

PICUELOCT.

Jusqu'à l'hôtel je vous fais compagnie;

Mais dans l'instant je serai de retour;

Car du convoi qu'ici l'on me confie 11 faut guetter l’arrivée en ce jour.

beauvisage, à part.

La voilà seule, et sans leur compagnie,

Jo vais pouvoi lui faie ici ma cou.

Il fauda bien, malgé sa puderie.

Qu’elle «-ponde enfin à mou aïnou.

cadiche sort par le fond en se donnant de grands airs, et crie :

Mais venez donc, monsieur Pieheloup! venez donc!...

Pieheloup court donner le bras à sajfemme; Suzettc va rentrer chez clic; Beauvisage, qui a traversé de gauche à droite pendant l’eusemblc, l’arrête de la voix.

26 MAGASIN THEATRAL

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