SCÈNE IV
(Elle disparaît.)
NOIRMONT, seul
Elle craint un sermon.
Elle l’aura ; cherchons quelque bon stratagème Qui soit avantageux à deux enfans que j’aime;
Yseült est riche, Alphonse est pauvre, ils sont parens. . . Moi leur tuteur, je veux puisque les voilà grands,
Par un solide nœud les attacher ensemble,
Mais la cousine est vaine, et le cousin me semble Bien fier. .. Tous deux légers ! que faire ? Il me faudrait Par un revirement... Oui, certe, il se pourrait Qu’on liât leur destin d’une chaîne commune,
En changeant tout à coup leur rang et leur fortune... Souvent dans leurs regards j’ai cru voir de l’amour;
Forçons enfin leurs cœurs à s’ouvrir sans détour .
Des plaisirs du spectacle autrefois idolâtre ,
Dans ma propre maison je bâtis un théâtre,
Et de plus d’une pièce élaborai le plan.
Ne puis-je imaginer quelque nouveau roman !
(Après avoir réfléchi.)
Je n’y suis pas encore... Oh! je tiens mon épreuve !
Me croiront-ils ? Mais oui, sans effort et sans preuve, Naïfs, habitués à vivre sous ma loi,
Comment leur viendrait-il un soupçon sur ma foi?
Ils savent tous les soins que j’eus pour leur jeunesse... Yseult!...