YSEULT, NOIRMONT
yseult, après avoir suivi André des yeux. - Mon père.
NOIRMONT
Oui , ce vieux serviteur,
(A part.)
Qui malgré votre orgueil , attendrissons son cœur !
(Haut.)
Obéissait sans peine aux ordres de sa fille ;
Mais privé du bonheur que donne la famille,
Il pleurait de vous voir comme une ombre passer Sans pouvoir un moment sur son sein vous presser;
Il songeait à ce temps d’égalité suprême,
L’enfance où vous veniez lui dire : André, je t’aime... Lorsque sur votre front brillaient les diamans,
En vous voyant ravie à ses embrassemens ,
Il regrettait souvent les fleurs que pour parure Sa main plaçait jadis dans votre chevelure,
C’est cruel de sentir, impassible témoin,
L'enfant que l’on chérit, et si près, et si loin ;
(7 est cruel d’étouffer le cri de la nature,
Dans une âme sans cesse en proie à la torture.
(A pari.)
De mieux en mieux.
Cessez, je ne sais où j’en suis.
Pauvre vieillard t
noirmont, à part.
C’est bien, elle a du cœur, je puis
(Haut.)
Envoyer notre Alphonse auprès d’elle. Une affaire M’appelle en ce moment. Yseult sachez vous taire ;
Ce secret important doit rester entre nous.
Du courage, soyez la même aux yeux de tous.
(Il sort à gauche.)