‹ La double mépriseChapitre 13 sur 61 · Slibovitc · texte numérisé non relu

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et vingt hommes le suivent armés de sabres et de mousquets.

Joseph Spalatin descend le même jour avec quarante heiduques*, et Fédor Aslar les a joints avec quarante cavaliers portant des bonnets d'agneaux noirs.

Ils ont passé près de l'étang de Majavoda, dont l'eau est noire et où il n'y a pas de poissons ; et ils n'ont pas osé y faire boire leurs chevaux, mais ils les ont abreuvés à la Mresvizza.

€ Que venez-vous faire, beys de l'est ? que venezvous faire dans le pays de George Estivanich ? Allez-vous à Segna complimenter le nouveau podestat? i>

1. Les heiduques sont des espèces de Morlaques sans asile et qui vivent de pillage. Le mot fmyduk veut dire chef de parti.

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— « Nous n'allons pas à Segna, fils d'Etienne, a répondu Nicolas Jagnievo; mais nous cherchons Jean Veliko et son fils. Vingt chevaux turcs, si tu nous les livres. )»

— (( Je ne te livrerai pas Jean Veliko pour tous les chevaux turcs que tu possèdes. Il est mon hôte et mon ami. Mon fils unique porte son nom. y>

Alors a dit Joseph Spalatin :

— « Livre-nous Jean Veliko, ou tu feras couler du sang. Nous sommes venus de l'est sur des chevaux de bataille; nos armes sont chargées. >

— « Je ne te livrerai pas Jean Veliko, et, s'il te faut du sang, sur cette montagne là-bas j'ai cent vingt cavaliers qui descendront au prenaiercoup de mon sifflet d'argent.»

Alors Fédor Asiar, sans dire mol, lui a fendu a tête d'un coup de sabre, et ils sont venus à la maison de George Estivanich, où était sa femme qui avait vu cela.

— « Sauve-toi, fils d'Alexis ! sauve toi, fils de Jean ! les beys de l'est ont tué mon mari ; ils vous tueront aussi ! » Ainsi a parlé Thérèse Gelin.

Mais le vieux bey a dit : « Je suis trop vieux pour courir. » Il lui a dit : « Sauve Alexis, c'est le dernier de son nom ! » Et Thérèse Gelin a dit : « Oui , je le sauverai. >

Les beys de l'est ontvuJeanVeliko. «r A mort! > ont-ils crié. Leurs balles ont volé toutes à la fois, et leurs sabres tranchants ont coupé ses cheveux gris.

— « Thérèse Gelin, ce garçon est-il le fils de Jean? » Mais elle répondit : « Vous ne verserez pas le sang d'un innocent *. » Alors ils ont tous crié : « C'est le fils de Jean Veliko ! »

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